31 août 2006
FOOD
Un des problèmes importants quand on doit vivre à l’étranger : manger !
Ca n’a pas l’air comme ça, mais c’est très compliqué. Déjà, premier problème, trouver un supermarché correct. Etant donné que je n’ai pas de voiture ici et que je connais pas la ville, ce fut assez difficile. Je n’avais trouvé que des sortes de petits trucs avec assez peu de choix et je commençais à désespérer… Heureusement, grâce aux indications de Maria, j’ai découvert Tesco et surtout le grand Tesco du ClareHall Center, au bout de ma ligne de bus. C’est presque aussi grand que carrefour et j’ai enfin l’impression d’être dans un vrai super marché.
En arrivant ici, j’ai commencé à visiter les supermarchés, comme on visite un musée. Je passais dans toutes les allées en regardant les produits, en comparant. C’était très instructif.

Car, malgré la proximité géographique de l’Irlande et l’universalité apparente des produits Carrefour, tout est différent ! Parfois, on retrouve les mêmes produits mais il faut changer la plupart de ses habitudes. Ou plutôt, il faut essayer d’adapter ses habitudes aux produits locaux.
Naïvement, on se dirige vers le rayon fromage se disant « tiens, je vais acheter de l’emmental », sur place finalement, on change d’avis « tiens, finalement, je vais prendre du cheddar ! ». Et pour cause, il n’y a pratiquement que du cheddar. Au début, on est perdu, on comprend rien, on pleure en pensant que l’on va être obligé de manger au burger King tous les jours et qu’on va prendre dix kilos en un an. Au bout d’une semaine, je suis bien loin d’avoir pris toutes mes marques mais je commence à être rassurée, surtout depuis que j’ai trouvé le Clare Hall center. Cependant, Carrefour me manque plus que je ne l’aurais pensé et je regrette les soupes Liebig, inconnues de ce côté de la Manche. Ca, à vrai dire je m’en doutais, mais j’ai découvert des choses bien plus étranges. Il n’y a pas de lait longue conservation !! Au début, cela me semblait tellement absurde que je n’y croyais pas, mais j’ai dû me rendre à l’évidence et Maria m’a confirmé la chose. Le rayon lait frais est par conséquent bien plus important qu’en France, et le lait est meilleur. Mais bon, c’est quand même pratique le lait longue conservation !
Autre chose très bizarre, il est très difficile de trouver des pommes de terre surgelées (dans le genre des pommes de terre carrées), il y a beaucoup de frites et de truc dans le genre, mais pas de pommes de terre basiques à cuire à la poêle. C’est pas très grave, c’est juste bizarre !
Je pense que je vais survivre et garder ma taille de guêpe, bon disons de mouche, même sans les soupes liebig. De toutes façons, il est clair que je ne mangerai plus au Burger King, j’ai essayé, c’est vraiment trop beurk. Au lieu de la belle salade en photo sur le menu, mélange de grains de maïs, carottes râpées, jolies feuilles vertes et tomates cerise, j’ai eu trois vieilles feuilles pourries pleines de céleri avec une tomate cerise, 3 grains de maïs et quelques pauvres morceaux de carottes… Par contre, j’ai mangé un délicieux couscous-taboulé dans un restaurant de Grafton Street, comme quoi, il y a de l’espoir !
Nous avions rendez-vous devant le Spire, qui est un grand pic au milieu de O’Connel Street, une des rues principales du centre ville. Pour moi qui suit passée tous les matins depuis trois ans devant le grand pic qui jaillit de la Terre devant l’école d’ingénieur l’ESIEE, ça ne me dépayse pas trop … Le seul problème, c’est qu’on n’était pas les seuls à s’être donnés rdv là (faut dire, c’est plutôt voyant) et que notre seul signe distinctif, c’était qu’on était français… On devait donc marcher à côté de chaque groupe de jeunes qui avaient l’air d’attendre pour identifier leur origine. On commençait à désespérer entre les Italiens et les Espagnols quand on a enfin entendu une langue familière…
Temple Bar, c’est LE quartier animé de Dublin, celui que tout le monde connaît et où tout le monde va pour boire des Guiness dans des pubs. Seulement moi, je n’avais pas encore eu le plaisir de m’y balader. C’est vrai que c’est vachement sympa et très animé. Donc, pour pas faire original, on est allé dans un pub. Un pub, c’est un peu comme un bar, seulement les gens boivent des Guiness. Mais il y a une autre différence notable dans les pubs irlandais. Ca ne m’a pas tout de suite frappé, mais j’ai quand même senti que je n’étais pas un bar français. Pourtant, outre l’anglais et la Guiness, ça ressemblait beaucoup. Des jeunes, des gens debout qui boivent, de la musique trop forte, mais … On respire ! Normalement, les bars, c’est complètement enfumé, c’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles je ne les apprécie pas vraiment. Mais voilà, en Irlande on n’a pas le droit de fumer dans les lieux publics, et donc, on respire normalement dans les pubs : sensation bizarre. J’ai d’abord mangé un morceau avec Seb puis on a rejoint les autres français sur la terrasse du toit : justement, eux, ils voulaient fumer ! J’ai personnellement beaucoup de mal à apprécier la Guiness, c’est vrai qu’elle laisse un arrière goût assez agréable, mais je ne peux pas m’empêcher de grimacer dès que j’en avale une gorgée. A vrai dire, je n’aime pas la bière, ni trop l’alcool, et donc, je suis bien embêtée et ne sait pas trop quoi boire pour ne pas avoir l’air ridicule quand je vais dans un pub. Parce qu’en plus, je suis pas une fan de coca ! Cette fois-ci, je n’ai rien pris, mais le problème risque de se poser à nouveau d’ici la fin de l’année. Enfin bon, passer la soirée avec les français était bien agréable. D’ailleurs, on les a revus le lendemain en fin de matinée. On était censé aller visiter une galerie d’art moderne, mais finalement on est à nouveau allé se balader dans Temple Bar pour profiter du petit marché du samedi matin. Puis on a flâné dans les rues, visité une galerie de photos, vu un défilé de motos, mangé des gâteaux de pomme de terre épicés et écouté un chanteur de rue sur Henry Street accompagné d’un danseur à qui il manquait la moitié d’un pouce et qui avait l’air un peu éméché.
Ce matin, après être allée chercher Rébecca qui revenait de 3 années de Martinique à Orly _ je ne la verrai que quelques heures, snif _ nous avons pris la route de Beauvais. Après s’être perdu à Saint-Denis, comme d’hab, on a fini par arriver bien à l’heure, j’ai pu enregistrer mes 20 kilos de bagages et dire au revoir à tout le monde avant d’embarquer dans le petit avion Ryanair s’envolant vers Dublin. Le voyage s’est très bien passé. Si rapide que j’ai à peine eu le temps de m’apercevoir qu’on était dans les airs, que déjà on redescendait vers la ville. Après le décollage, j’ai lu quelques pages de mon livre, puis j’ai entrevu par le hublot les côtes françaises (ou anglaises ?) qui se découpaient derrière les nuages. S’il y a bien une chose que j’aime, ce sont les paysages des avions. De l’autre côté de la mer, j’apercevais déjà l’Irlande. Les nuages se concentraient au dessus des terres mais certains dessinaient leur fine ombre sombre sur les flots grumeleux. Des bateaux laissaient derrière eux de minuscules vagues blanches et le soleil faisait étinceler l’eau immobile. Très vite, j’ai vu très distinctement les côtes irlandaises, avec leurs falaises abruptes et leurs longues plages blanches. Puis l’avion a commencé à descendre et Dublin est apparu sous les nuages. J’ai regardé l’eau et les plages qui se rapprochaient doucement des ailes, la magnifique presqu’île de Howth se découpant dans la mer. Très vite, l’avion s’est posé, je suis descendue et j’étais en Irlande. J’ai porté mon lourd ordinateur à travers les couloirs de l’aéroport, j’ai récupéré mes bagages, et enfin, j’ai pu retrouver Sébastien qui m’attendait à la sortie.








