24 mai 2010

La Ronde au théâtre de Poche

Sortie théâtre samedi soir, nous allons voir La Ronde d’Arthur Schnitzler au théâtre de Poche à Montparnasse.  J’avais déjà entendu parler de la pièce mais ne l’avais jamais vue. Le principe est assez spécial : c’est une suite de dix scènes de couples où, dans chaque nouvelle scène, un seul des participants est repris avec une nouvelle personne. Ainsi on a : la fille et le soldat, le soldat et la femme de chambre, la femme de chambre et le jeune monsieur, le  jeune monsieur et la femme mariée, la femme mariée et l’époux, l’époux et la grisette, la grisette et le poète, le poète et l’actrice, l’actrice et le comte, le comte et la fille… Toutes les scènes sont construites selon le même schéma : une phase de séduction, puis les deux protagonistes couchent ensemble, et enfin, leurs réactions post-coïtales.  Une façon pour l’auteur de décrire à sa manière les relations homme-femme dans cette société viennoise du début du XX ème siècle.

Le risque d’une telle pièce, qui reste assez longue, est de se faire happer par un rythme trop régulier et quelque peu lassant. Mais ici, une mise en scène enjouée et de très bons acteurs permettent de conserver toute la fraicheur et l’humour nécessaire. Beaucoup d’inventivité dans la succession des duos pour les rendre chacun uniques et intéressants. La troupe a su utiliser à son avantage le tout petit théâtre de Poche en créant plusieurs niveaux sur la scène, enchainant les décors et univers très naturellement (et rapidement !). Chaque personnage prend vie, chaque réplique est travaillée, chaque scène semble un petit morceau de vie plein de loufoquerie et de justesse.

Une très bonne soirée en tout cas ! La pièce se joue donc au théâtre de Poche de Montparnasse jusqu’au 26 juin, allez-y !

10 mai 2010

La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano

Nouveau partenariat avec livraddict et les éditions Points, je reçois La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano.

Tout d’abord, j’ai lu ce livre très rapidement. Fluide et agréable, j’ai eu à peine le temps de le commencer que je l’avais terminé ! L’histoire semble assez classique :  deux êtres un peu à la marge se croisent et se recroisent, s’aiment et ne le voient pas, etc. Cependant j’ai du mal à cerner cette œuvre. Au cours de ma lecture, j’ai parfois trouvé ça un peu facile. De façon générale, je ne pense pas que ce soit un très grand roman, plus un petit livre agréable qu’on lit en passant. Mais il a quelque chose de particulier, de troublant.

La solitude des deux personnages est bien montrée et bien qu’on les suive à plusieurs étapes de leurs vies, on ne les comprends jamais tout à fait. Ils semblent nous échapper comme ils s’échappent à eux même. J’ai particulièrement apprécié toute la partie de l’adolescence ainsi que les deux scènes de l’enfance. La cruauté et la souffrance sont décrites de façon très vive et touchante.

Je ne raconterai pas la fin mais j’avoue avoir été assez surprise. Mais en oubliant un peu ma première réaction de frustration, j’ai trouvé que cette fin donnait tout son sens et toute sa qualité au livre. Elle fait tout le sens du titre et conclue bien finalement le sentiment général d’inachevé qui flotte le long des pages.

A part ça, j’aurai bien aimé plus de maths, mais peut-être que c’est que moi alors…

En tout cas je remercie Livraddict et les éditions points de m’avoir permis de participer à ce partenariat ! Voir la page bibliomania du livre pour d’autres critiques de lecteurs.

3 mai 2010

Films d’Avril

En avril, 4 films

Les Invités de mon père de Anne Le Ny

Agréable comédie française bien réussie. Les personnages ne sont pas trop caricaturaux, ça se moque pas mal des bobos, de notre propre hypocrisie. De façon assez inhabituelle, ça devient mieux sur la fin du film et donc on quitte la salle plutôt content.

La Comtesse de Julie Delpy

Film troublant inspiré de la vie de la comtesse de Bathory. Julie Delpy a su apporter toute la finesse et l’ambiguïté nécessaire à son personnage. On se laisse séduire par cette femme étrange, par son pouvoir et ses faiblesses. Un beau film.

Démineurs de Katheryn Bigelow

Je vois un peu en retard ce film qui a raflé les oscars. Il ne m’inspirait pas trop au départ mais bon, vu qu’on en disait du bien… Je ne regrette pas du tout. Loin d’être un film de guerre classique, tout n’est basé que sur la tension permanente que la réalisatrice insuffle à chaque scène. Elle a su faire de ses soldats des personnages troublants, difficilement saisissables, ce qui donne toute sa force au film.

Kick-Ass de Matthew Vaughn

Adapté d’une BD, ce n’est pas pourtant pas du tout un film de super héros classique. Tout est pris avec humour et ridicule et surtout, c’est très peu conventionnel. Le principe de l’ado frustré déjà abordé par Spider man est là complètement assumé. On a aussi le droit à un bat man qui tue vraiment des gens (fini l’hypocrisie de je rends les méchants tout attachés à la tintin). Vraiment agréable dans le genre.