28 juin 2010

Challenge Adpatations : La classe de neige

Je reviens au challenge de Happy Few avec, à nouveau, un roman d’Emmanuel Carrère. Il faut dire que j’apprécie beaucoup cet auteur et que beaucoup de ses livres ont été adaptés au cinéma.

La Classe de neige a longtemps fait partie à la fois des livres et des films qui manquaient cruellement à ma collection. J’ai acheté le roman d’occasion il y a peu de temps et à peine terminé, je me suis procuré le film pour voir l’adaptation !

Le roman fut à la hauteur de mes espérances. On y retrouve l’écriture tourmentée de Carrère qui sait donner vie au petit garçon que l’on suit. On est loin des clichés de l’enfance ou de la caricature. On ressent ses désirs, ses peurs, ses angoisses. L’univers de la classe de neige est très bien rendu, à la fois gai et inquiétant. De plus en plus inquiétant au fur et à mesure que l’intrigue avance. Et toujours, la présence du père, dominatrice et effrayante.

J’ai donc vu le film très peu de temps après ma lecture. Claude Miller a respecté presque à la lettre le roman de Carrère. Je me demandais comment les fantasmes et angoisses du jeune garçon seraient transmises à l’écran. Le réalisateur a su trouver une façon juste de les mettre en image sans que ça sonne faux ou déplacé. Les scènes de rêves sont particulièrement bien faites, elles semblent donner de la résonance au texte lui même. Tout le film est baigné d’une musique grinçante, presque désagréable, qui, dès le départ, instaure l’ambiance angoissante du roman en contraste avec l’image pourtant innocente d’enfants en vacances. Le personnage du père fut assez différent de ce que j’imaginais. Je voyais quelqu’un de plus froid et dur alors qu’il semble presque mielleux. Mais son ambiguïté est glaçante et l’angoisse qu’il fait naître chez son fils est palpable.

Les deux œuvres sont si proches (et je les ai lue et vue à si peu d’intervalle) que, dans ma mémoire, elle se fusionneront sans doute. Il me restera un souvenir global de cette intrigue racontée deux fois avec beaucoup de talent.

12 juin 2010

Expo Bram et Geer Van Velde à Lyon

Lors de mon week-end à Lyon, j’ai eu le plaisir de visiter l’exposition dédiée à Bram et Geer Van Velde au musée des beaux arts (jusqu’au 19 juillet).

Je ne connaissais pas ces deux peintres et ce fut une très enrichissante découverte. L’exposition est très bien faite, je vous conseille vivement l’audioguide gratuit et très intéressant qui nous raconte le parcours croisé des deux frères à travers les salles. On avance de façon chronologique, suivant parfois l’un et parfois l’autre, comparant leurs styles et leurs oeuvres.

Au départ, on a du mal à les distinguer. Ils suivent la même formation, subissent les influences de leur époque. et pourtant assez vite, les deux personnalités, les deux styles, s’affirment. La progression est ainsi faite que l’on a l’impression de revivre leur recherche artistique, de voir naitre les peintres singuliers qu’ils deviendront.

Bram Van Velde est l’ainé des deux, c’est aussi, visiblement, le plus troublé. Il se tourne vers une peinture abstraite, très sombre et chargée. Ces oeuvres plus tardives sont presque effrayantes.

Geer Van Velde est plus léger. Il représente beaucoup la mer dans des compositions très travaillées, comme un découpage où tout serait en équilibre. Ses peintures dégagent un sentiment de sérénité. On se sent transporté par la douceur de la lumière qui semble percer à travers des morceaux de verre.

Grâce à l’audioguide, on apprend aussi que les deux frères ne travaillaient pas du tout de la même façon. Ainsi, Geer réfléchissait ses compositions, faisait des croquis préalables, « construisait » ses œuvres. Bram lui ne pouvait peindre que sous l’impulsion, la passion. Il ne pouvait pas « décider » de peindre ou se forcer. Il commençait toujours sur une toile blanche sans aucun travail préalable. Il semble être poussé par une souffrance intérieure intense qu’il évoque lui même. Les « détails » concrets ne l’intéressent pas. Ainsi, on peut voir sur ses toiles les traces laissées par les punaises avec lesquelles il les accrochait, ou même des trainées de peinture coulante qu’il n’a pas pris le temps d’empêcher ou d’effacer.

Après l’exposition, il est difficile de dire lequel des deux peintres je préfère. Les toiles de Geer Van Velde sont plus douces, plus paisibles, on ne peut qu’éprouver du plaisir en les regardant. Elles correspondent peut-être plus à mon caractère. Mais on ne peut pas rester indifférent à la force qui s’échappe des peintures de Bram Van Velde, à leur noirceur, au malaise qu’elles expriment.

Pour plus d’informations sur l’exposition, voir le site du musée des beaux arts ou le site visiterlyon.com.

6 juin 2010

Le fils des brûlés de Laurent Brard

Nouveau partenariat Livraddict, cette fois avec les éditions Plon que je remercie.

Je découvre ici un nouvel auteur français se lançant dans le thriller, Laurent Brard. Malheureusement, je n’ai pas été entièrement convaincue par son roman. L’histoire elle même est assez intéressante et on la lit facilement. Mais j’ai trouvé que l’écriture laissait à désirer. L’auteur tombe trop facilement dans le cliché et n’arrive pas à nous faire réellement ressentir son récit. Les personnages, leurs émotions, leurs actions, sont décrits mais tout reste assez superficiel. On comprend évidemment la situation du personnage principal : un homme brisé par une histoire ancienne de jeune fille tuée qui s’y trouve replongé au moment où il pensait pouvoir tourner la page. Mais on ne fait que la comprendre intellectuellement sans vraiment ressentir son malaise, sans apprendre à le connaitre vraiment. Pour nous, il reste quelqu’un d’assez banal comme la majorité des autres personnages : des figures en carton dont on voit les contours mais qui restent plates.

Seul un personnage sort du lot, c’est le jeune garçon Antoine dont l’histoire croise celle du héros. Les chapitres écrits de son point de vue ont beaucoup plus de force.  On y ressent la douleur, la folie et le non dit. Sans doute car l’auteur souhaitant ménager notre curiosité et nous laisser le meilleur pour la fin ne fait que nous laisser supposer sans nous exposer toute la vérité. Ce non dit manque cruellement au reste du roman, beaucoup trop descriptif et explicatif. Seule la clé de l’histoire est gardée secrète, le reste nous est livré beaucoup trop facilement.

Enfin, l’intrigue est tout de même assez intéressante pour nous donner l’envie de lire jusqu’au bout. Mais ce n’est pas un livre qui laissera beaucoup de souvenirs, il ne hantera pas vos nuits !

Je remercie tout de même livraddict et les éditions Plon pour m’avoir permis de participer à ce partenariat. Si vous voulez découvrir l’avis des autres lecteurs, vous pouvez consulter la page Bibliomania du livre.