28 novembre 2011

Films : septembre – octobre

Durant ces deux mois, j’ai vu 11 films dont 4 que j’ai déjà commentés lors de mes billets sur l’étrange festival.

Requiem pour un massacre de Elem Klimov

Je commence par ce film, c’est le dernier que j’ai vu à l’Étrange Festival mais je n’ai pas eu le temps d’écrire à son propos. Je l’avais choisi comme cinquième film plutôt qu’un inédit car on n’a pas toujours l’occasion de découvrir les anciens chefs d’oeuvre sur grand écran. On m’avait annoncé de la violence, mais j’ai surtout vu du cinéma : des plans fixes sur des visages, la nature filmée dans une lumière blanche et froide. C’est un film qui a peine besoin de dialogues tant les images parlent d’elles même. Sans doute le meilleur film que j’ai vu sur la seconde guerre mondiale et même sur la guerre en général.

Mes meilleures amies de Paul Feig

On passe à beaucoup plus léger avec Mes Meilleures amies. J’avoue que ni le titre, ni l’affiche, ni le résumé  ne me donnaient la moindre envie de voir ce film qui se profilait comme une énième mauvaise comédie américaine. Mais j’ai été interpellée par de bonnes critiques presses et quand l’occasion s’est présentée, je me suis laissée tenter. Bien m’en a pris ! Il est rare d’avoir de si bonnes surprises avec la comédie. On est bien loin de la mièvrerie habituelle, il y a de la cruauté et et de l’invention dans cet humour là. Les personnages secondaires sont bien pensés même si parfois un peu caricaturaux. La descente aux enfers de l’héroïne en anti-perfect-bridesmaid est tout à fait plaisante, la scène de la shower party en particulier est hilarante. Je retiens le talent comique de l’actrice principale Kristen Wiig et j’espère qu’on retrouvera ce genre de qualités dans d’autres films.

  La Guerre est déclarée de Valérie Donzelli

Ce film a eu ses fans et ses détracteurs. Sans aller jusqu’à être fan, je me range du côté des « pour ». Valérie Donzelli traite une histoire difficile sans jamais tomber dans le pathos. Ca raconte l’histoire de gens ordinaires qui se retrouve face à l’insurmontable, qui doivent épuiser toute leur force, toute leur énergie à cette lutte contre une fatalité incompréhensible. De l’énergie, les deux acteurs en ont à revendre et on entre avec eux dans la bataille. Contrairement à ce qui a été dit, j’ai trouvé qu’il y avait du vrai cinéma au delà du récit : cette façon hachée de raconter les choses, plans réalistes rythmés par des musiques hétéroclites. La réalisatrice marque son style et donne le ton…

 

Et maintenant, on va où ? de Nadine Labaki

Rien que pour sa première scène, chorégraphie mortuaire belle et sombre, le film vaut le coup. On retrouve cette féérie à plusieurs autres moment, dans les chansons en particulier. On peut peut-être lui reprocher cet aspect conte, assez naïf parfois (les guerres ne sont pas faites que par des hommes, mais bien aussi par les femmes). Cependant, un film si drôle et poétique sur un sujet si grave ne peut être qu’applaudi. La dernière scène est un pied de nez à l’absurdité religieuse, un cri de la réalisatrice pour son pays le Liban.

  Habemus Papam de Nanni Moretti

Je me méfie toujours un peu de la thématique religieuse et je n’étais pas très emballée par un film sur les questions existentielles d’un Pape. Mais il semble que ni la foi ni la religion ne soit le vrai sujet ici. La position de Pape n’a été choisi que pour son envergure mondiale et la responsabilité qu’elle incombe. Le film parle justement d’un homme qui se rend compte qu’il ne veut pas du pouvoir, qu’il ne veut pas des responsabilités. Il parle de ce besoin des hommes de suivre un leader de se laisser guider par quelqu’un, se s’échapper de leurs propres questionnements. Les cardinaux sans leur pape sont comme des clowns perdus qui adorent une ombre derrière un rideau et jouent au volet dans la cours en vieux messieurs qu’ils sont. Michel Piccoli est excellent en Pape fugueur dans les rues de Rome, le film est à la fois plein de grâce et d’humour.

We need to talk about Kevin de Lynne Ramsay

Un film glaçant sur la maternité. Il est construit sur un rythme non linéaire : on passe du présent où l’on devine peu à peu la catastrophe au passé qui retrace la relation de Kevin avec sa mère. Le malaise est là, comme un mal caché derrière une vie douce et des musiques joyeuses. La réalisatrice a su faire transparaitre cette réalité décalée, une froideur qui enveloppe tout le film. Elle ne cherche pas à expliquer le problème : une relation entre une mère et un fils qui n’a tout simplement jamais eu lieu, la conséquence dramatique d’une dépression mal soignée ? Finalement, il reste la phrase emblématique du titre que personne ne prononce jamais et qui aurait peut-être pu changer quelque chose… Le thème de la culpabilité, de la responsabilité est aussi très bien traité dans les scènes du « présent », comment vivre quand on a engendré un monstre ? Comment rester en vie ?

The Artist de Michel Hazanavicius

Ce qui est étonnant avec The Artist, ce n’est pas tellement qu’il soit muet mais plutôt que l’on oublie qu’il l’est. On pouvait avoir peur d’un simple exercice de style, mais Hazanavicius a fait un vrai film dans lequel on entre pleinement, acceptant tout naturellement ce mode de langage. Il utilise même des effets purement « muet » comme le « boum » de la fin, tout à fait drôle. Le film est plein d’humour mais aussi de poésie, de lyrisme. Je suis touchée par une ode à une époque que je n’ai pas connue et je trouve plein de beauté les faux extraits de films dans le film, images kitch et démodées et parfois très touchantes.

 

 

21 novembre 2011

Dernier Week-end à Montréal : Mont Royal

Samedi 5 novembre, c’est mon dernier week-end à Montréal avant de rentrer à Paris. Un collègue m’a rejoint et nous allons découvrir le parc du Mont Royal. On peut y aller à pied depuis l’hôtel, on s’arrête d’abord manger un bon petit-déjeuner au Restaurant rue Milton puis nous voilà entre l’université Mc Gill et l’hôtel Dieu, à l’entrée sud est du parc. De là, commence une très agréable balade qui monte très doucement, traversant le parc d’est en ouest et grimpant jusqu’à la fameuse croix qui domine la ville. Il fait un temps magnifique : fraicheur automnale et grand ciel bleu. Les feuilles ne sont pas encore tombées, et les érables en particulier éclatent de leur jaune doré sous le soleil. C’est une balade en forêt où la ville apparait comme par surprise entre les branches. On croise les familles qui viennent profiter du beau temps, les joggeurs, les cyclistes, les promeneurs avec leurs chiens. Nous marchons jusqu’au lac aux castors : nom mensonger, il n’y a aucun castors. Mais l’endroit est joli, c’est un petit étang artificiel dans une agréable clairière. L’hiver, l’eau gèle et ça devient une patinoire. Aujourd’hui, les canards peuvent encore en profiter et nous aussi, assis sur notre banc au soleil. Nous avons d’autres compagnons : les écureuils. Ils sont aussi peu farouches que des pigeons (et bien que plus jolis, je crois qu’ils sont comme eux une vraie plaie pour les habitants). D’ailleurs, on ne les trouve pas dans le fond du bois et les allées perdues du parc, mais toujours là où il y a le plus de monde ! La balade continue vers le belvédère, belle place en hauteur où l’on peut admirer la ville. Puis nous montons plus haut et rejoignons la croix, le point culminant du parc et de la ville.  Hier soir, un collègue nous a fait monter sur le toit de son immeuble et nous avons vu la ville de nuit dans un magnifique panorama à 360 degrés. La voilà de jour, avec le Saint Laurent et le vieux Montréal que l’on devine. J’arrive à repérer l’université et la place des arts et, à l’est, le Plateau avec ses petites maisons et ses rues perpendiculaires.

Nous redescendons tranquillement par le même chemin et arrivons dans le parc Jeanne Mance. De retour en ville, on commence par se reposer longuement dans un café qui sert des sandwichs dans un pain noir très épais. Puis nous reprenons la balade et traversons le quartier du Plateau. On est assez loin du centre, mais c’est comme si on en retrouvait un. Parfois, nous sommes dans une rue plus résidentielle, les petits immeubles de trois étages se suivent avec leurs escaliers extérieurs, leurs corniches et leurs colonnes. Il y a toujours une allée d’arbres orangés qui les séparent de la rue et parfois des plantes grimpantes qui ajoutent aux couleurs chatoyantes de leurs façades. Et puis nous arrivons dans une rue commerçante, et là, c’est une succession de cafés, de restaurants, de petites boutiques, de friperies. Tout donne envie d’entrer, de tester, de flâner. C’est un quartier dans lequel on s’imagine tout de suite vivre et se sentir bien. On se contente de le traverser et de rejoindre le parc La Fontaine. Dans ses grandes étendues vertes, courent des dizaines d’écureuils ! Ils s’approchent de nous en nous reniflant cherchant à savoir si nous allons leur donner à manger. Ils nous observent accrochés la tête en bas sur un tronc d’arbre, agiles et futés. Le parc compte deux petits étangs mais ils sont à sec et ressemblent à de tristes tas de cailloux. Nous nous reposons sur un banc mais la lumière du jour décline emportant avec elle la douceur du soleil et nous livrant au froid hivernal.

Dans le soleil couchant, nous retournons dans les rues tranquilles du plateau. Nous aurions voulu manger au « Pied de cochon », restaurant réputé pour servir de la cuisine québécoise (celle qu’on a tant de mal à trouver), mais il est plein : il aurait fallu réserver (et peut-être assez longtemps à l’avance). Tant pis, nous marchons jusqu’à la rue Saint-Denis (je l’ai souvent parcouru côté sud mais c’est la première fois que je me balade côté nord). Comme il est encore tôt, nous prenons d’abord une boisson chaude dans un café avant de trouver une brasserie un peu chique et très agréable pour mon dernier repas en ville… Ils servent en dessert des tartes au sirop d’érable et du cheese cake, donc l’orientation américaine de la carte est tout de même là.

Le dimanche, c’est encore la nourriture qui prime : nous allons bruncher « Chez Cora ». C’est une chaine spécialisée dans les crêpes et les fruits. L’enseigne la plus proche se situe dans le quartier du village, connu pour être le quartier gai. Le dimanche matin, il semble se réveiller de sa nuit agitée. Les junkies sont un peu pales et endormis, les fêtards rentrent chez eux. Tout le monde se requinque chez Cora déjà plein en cette heure matinale et qui sert des litres de café. Le repas est consistant, les crêpes ont la largeur de crêpes françaises mais l’épaisseur des pancakes, sur la mienne, il y a en plus du pain perdu et des fruits partout. Mon collègue a commandé ce qui ressemblait à une crêpe fourrée classique, mais quand elle arrive, elle en fait à peu près deux ou trois fois la taille ! Et bien sûr, sirop d’érable à volonté…

Le reste la journée n’a rien d’extraordinaire. Nous prenons le métro jusqu’au parc Jean Drapeau, sur une île du Saint-Laurent avec une belle vue sur la ville. Là bas, nous visitons la bio sphère qui renferme le musée de l’environnement. L’intérêt est plus dans le bâtiment lui même (une grande sphère à l’armature métallique qui date de l’exposition universelle) que dans les expositions : je pensais trouver des animaux mais j’avais confondu avec le biodome ! Ce sera pour une autre fois. On retourne ensuite sur le plateau : mon collègue a perdu son téléphone portable dans le parc La Fontaine, mais on aura beau scruter les feuilles mortes, les écureuils garderont le secret. Il est agréable de parcourir ce quartier une deuxième et dernière fois, bientôt, je suis de retour à l’hôtel : direction la gare routière puis l’aéroport, au revoir Montréal !!

15 novembre 2011

Photo du mois : bout du monde

Nous sommes le 15 et c’est le jour de la photo du mois !

Chaque mois, les blogueurs qui participent à La photo du mois publient une photo en fonction d’un thème. Toutes les photos sont publiées sur les blogs respectifs des participants, le 15 de chaque mois, à midi, heure de Paris. Ce mois-ci le thème est « Au bout du monde ».


Je vous l’assure, c’est une photo du bout du monde, de là où il semble s’arrêter. Mais où est-ce donc ?

Et voilà le bout du monde pour les autres blogueurs :


100driiine, 4 petits suisses dans un bol de riz, A&G, Agnès, Alexanne, Alice, Anne, Aude, Babou, blogoth67, Boopalicious, Calamity Scrap, Carnets d’Images, Caro, Cathy Brocard, Cécy, Celiano, Céline, Céline in Paris, Champagne, Cherrybee, Cindy Chou, Clara, Claude, Cynthia, Doremi, Dorydee, Dr.CaSo, E, Emma, Fabienne, Filamots, Florian, florianL, François, Frankonorsk, Frédéric, Guillaume, Gilsoub, Gizeh, Glose, Grignette, hibiscus, Hugo, Ines meralda, Isabelle, Jean WILMOTTE, jen et dam, JoAnn, Karrijini, Krn, Kyn, La Fille de l’Air, La Madame, La Papote, La Parigina, Laurabreizh, Laure, L’azimutée, LE BOA BLEU , Le Loutron Glouton, Le Mag à lire, le via carmina, Les voyages de Seth et Lise, lesegarten, Lhise, Lucile et Rod, M, M.C.O, magda627, Mandy, Manola, margote05, Margouia, Marie, Marion, Maureen, M’dameJo, Mérantaise, Nathalie, Niwatori, Nolwenn, Nomade57, Noon, Olivier, Onee-Chan, Ori, Où trouver à Montréal? , Rene paul henry, Sébastien, Sephiraph, Sinuaisons, Sprout©h, Stephane08, Surfanna, Tam, Tambour Major, Terhi, The Mouse, Thib, Titem, Un jour-Montreal, Urbaine, Urbamedia, Vanilla, Xavier Mohr.

Vous désirez participer à La Photo du Mois ? Rien de plus simple : connectez-vous sur Facebook et rejoignez-nous.