6 juin 2010

Le fils des brûlés de Laurent Brard

Nouveau partenariat Livraddict, cette fois avec les éditions Plon que je remercie.

Je découvre ici un nouvel auteur français se lançant dans le thriller, Laurent Brard. Malheureusement, je n’ai pas été entièrement convaincue par son roman. L’histoire elle même est assez intéressante et on la lit facilement. Mais j’ai trouvé que l’écriture laissait à désirer. L’auteur tombe trop facilement dans le cliché et n’arrive pas à nous faire réellement ressentir son récit. Les personnages, leurs émotions, leurs actions, sont décrits mais tout reste assez superficiel. On comprend évidemment la situation du personnage principal : un homme brisé par une histoire ancienne de jeune fille tuée qui s’y trouve replongé au moment où il pensait pouvoir tourner la page. Mais on ne fait que la comprendre intellectuellement sans vraiment ressentir son malaise, sans apprendre à le connaitre vraiment. Pour nous, il reste quelqu’un d’assez banal comme la majorité des autres personnages : des figures en carton dont on voit les contours mais qui restent plates.

Seul un personnage sort du lot, c’est le jeune garçon Antoine dont l’histoire croise celle du héros. Les chapitres écrits de son point de vue ont beaucoup plus de force.  On y ressent la douleur, la folie et le non dit. Sans doute car l’auteur souhaitant ménager notre curiosité et nous laisser le meilleur pour la fin ne fait que nous laisser supposer sans nous exposer toute la vérité. Ce non dit manque cruellement au reste du roman, beaucoup trop descriptif et explicatif. Seule la clé de l’histoire est gardée secrète, le reste nous est livré beaucoup trop facilement.

Enfin, l’intrigue est tout de même assez intéressante pour nous donner l’envie de lire jusqu’au bout. Mais ce n’est pas un livre qui laissera beaucoup de souvenirs, il ne hantera pas vos nuits !

Je remercie tout de même livraddict et les éditions Plon pour m’avoir permis de participer à ce partenariat. Si vous voulez découvrir l’avis des autres lecteurs, vous pouvez consulter la page Bibliomania du livre.

10 mai 2010

La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano

Nouveau partenariat avec livraddict et les éditions Points, je reçois La solitude des nombres premiers de Paolo Giordano.

Tout d’abord, j’ai lu ce livre très rapidement. Fluide et agréable, j’ai eu à peine le temps de le commencer que je l’avais terminé ! L’histoire semble assez classique :  deux êtres un peu à la marge se croisent et se recroisent, s’aiment et ne le voient pas, etc. Cependant j’ai du mal à cerner cette œuvre. Au cours de ma lecture, j’ai parfois trouvé ça un peu facile. De façon générale, je ne pense pas que ce soit un très grand roman, plus un petit livre agréable qu’on lit en passant. Mais il a quelque chose de particulier, de troublant.

La solitude des deux personnages est bien montrée et bien qu’on les suive à plusieurs étapes de leurs vies, on ne les comprends jamais tout à fait. Ils semblent nous échapper comme ils s’échappent à eux même. J’ai particulièrement apprécié toute la partie de l’adolescence ainsi que les deux scènes de l’enfance. La cruauté et la souffrance sont décrites de façon très vive et touchante.

Je ne raconterai pas la fin mais j’avoue avoir été assez surprise. Mais en oubliant un peu ma première réaction de frustration, j’ai trouvé que cette fin donnait tout son sens et toute sa qualité au livre. Elle fait tout le sens du titre et conclue bien finalement le sentiment général d’inachevé qui flotte le long des pages.

A part ça, j’aurai bien aimé plus de maths, mais peut-être que c’est que moi alors…

En tout cas je remercie Livraddict et les éditions points de m’avoir permis de participer à ce partenariat ! Voir la page bibliomania du livre pour d’autres critiques de lecteurs.

31 mars 2010

Bienvenue à Egypt Farm de Rachel Cusk

Voici la critique d’un livre que j’ai reçu grâce à un partenariat livraddict avec les éditions Points.

Je ne vais pas faire de résumé de Bienvenue à Egypt Farm car ce n’est pas l’histoire qui rend ce livre intéressant. J’ai été séduite dès les premières pages par l’écriture qui sait nous plonger immédiatement dans l’atmosphère très étrange du roman. Le narrateur est le personnage central, il décrit tout ce qui l’entoure mais cependant ne semble pas y prendre part. Il est comme détaché du reste du monde. Ainsi, jamais on a vraiment idée de ce qu’il ressent. Le monde à travers ses yeux semble à fois déformé et plein de vérité, comme une loupe qui nous ferait apparaitre des détails qui donnent son sens à la vue d’ensemble.

A tout voir par ses yeux, on finit par entrer dans sa peau et son état mêlé d’incompréhension et de clairvoyance nous contamine.  Lors du premier chapitre, on est, comme lui, séduit par Egypt Farm, un peu perdu au milieu de la fête. Mais derrière la joie, on sent déjà poindre le dépit et la désillusion. Le roman décrit une société bourgeoise trop imbue de sa personne, trop décadente, trop malade. On voit tous les personnages défiler, à la fois pathétiques et cruels, tourbillonner autours du narrateur dans ce qui semble être une farce ridicule. Le principal mélodrame du roman sera ainsi décrit en quelques phrases lors d’une conversation quelques pages plus loin, presque comme une plaisanterie.

A travers son narrateur, l’auteur sait trouver les détails grinçants, les images affinées pour décrire les personnages et les situations. Comme il est difficile de vous faire partager cet humour sombre qui emplit le livre, voici quelques extraits :

 » Elle était toute petite, menue, avait le teint olivâtre, et faisait tout avec lenteur, très posément, restant dans la lumière, se tenant immobile, comme si elle vivait dans un cadre et ne cessait d’y poser pour des tableaux. »

« C’était un grand garçon à la peau épaisse, avec des cheveux noirs qui se dressaient en boucles rebelles partout sur son crâne et un visage jaunâtre et grêlé qui affichait toujours une expression de surprise soporifique. Chaque fois que je le voyais il me rappelait non pas moi même à son age, mais d’autres personnes de cette époque que j’avais croisées sans jamais faire leur connaissance. »

Avec son style très particulier, l’auteur arrive à faire vivre un univers, à nous entrainer dans son roman. Une belle découverte qui confirme mon goût pour la littérature britannique où l’on retrouve souvent ce genre d’humour un peu sombre et méchant. Je remercie livraddict et les éditions Points pour m’avoir permis de participer à ce partenariat.  Pour voir les autres critiques de lecteurs, rendez-vous sur la page bibliomania du livre.