10 juillet 2010
Pour découvrir la littérature israélienne, j’ai choisi Amos Oz et son roman Vie et mort en quatre rimes.
On est tout de suite séduit par l’écriture légère mais non superficielle de l’écrivain. Il se confond ici avec son personnage et, sans pour autant écrire à la première personne, brouille les pistes du lecteur. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment un roman mais une œuvre hybride : écrire sur l’écriture ?
Je n’apprécie pas toujours ce style qui parfois se regarde un peu trop le nombril mais ici, l’œuvre reste pleine de vie et d’originalité. C’est une œuvre sur les personnages : l’auteur rencontre des gens puis imagine ce qu’est leur vie. Il crée son histoire au fil de la réalité qu’il crée. Petit à petit, l’imagination et la réalité se confondent, on ne sait plus ce qui est imaginé et ce qui est vécu. cette impression trouble, le fourmillement de personnages, le monde qui se crée sous la plume de l’auteur, voilà ce qui m’a plu dans ce livre.
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29 avril 2010
Pour le Sénégal, j’ai choisi un roman un peu au hasard en me baladant à la Fnac. J’ai été séduit par la quatrième de couverture et aussi le fait que l’auteur soit une femme : Mariama Bâ. Je n’ai pas été déçue !
Beaucoup de sensibilité dans cette œuvre. Ce n’est pas autobiographique mais on sent que l’auteur l’a nourrie de toute la réalité de sa vie et de son pays. Le roman est construit sous forme épistolaire : une femme écrit à son amie alors qu’elle vient de perdre son mari. A travers sa lettre, elle évoque toute leur vie, leurs luttes, leurs espoirs et déceptions. Les personnages, décris par la narratrices, sont très travaillés, loin de la caricature. Chacun d’eux semble tiraillé entre la tradition et la modernité et se positionne comme il peut dans ce pays en mutation. C’est un récit assez simple que l’on sent plein de tendresse et d’espoirs malgré les déboires. Un livre qui permet aussi de mieux comprendre le Sénégal et, en particulier, la position encore très fragile des femmes. Je ne regrette qu’une chose, Mariama Bâ, décédée en 1981 à 52 ans, n’a écrit qu’un seul autre roman et j’aurai donc peu d’occasions de la lire !
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26 avril 2010

Bien que férue de théâtre, je n’avais jamais lu Ibsen et c’est avec Hedda Gabler que je découvre cet auteur incontournable. Ibsen est un auteur du XIXème siècle et pourtant quelle modernité dans cette pièce ! Rares sont les auteurs de cette époque qui ont su donner tant de profondeur et d’intelligence à leurs personnages féminins. Hedda est une femme époustouflante et élégante, la femme que chacun voudrait épouser. Mais Hedda, c’est surtout une femme qui s’ennuie, dont l’intelligence n’a jamais été exploitée, qui ne vit que par dépit et s’amuse de la souffrance des autres comme un chat avec des souris. Les autres personnages ne sont pas en reste, à la belle Hedda on oppose la mignonne Mme Elvsted qui a su quitter son mari qu’elle n’aimait pas, oubliant le scandale, quand Hedda a épousé celui qu’elle méprisait.
Le rapport de force entre ces deux femmes sous tend la pièce. Chaque scène semble fondamentale, marquée par la tension dramatique qui se sent à chaque réplique. Je n’ai pas vu Hedda Gabler, je l’ai lu. Mais j’ai senti la pièce se dérouler sous mes yeux, c’est là, la force du texte. Ibsen s’impose à moi et je vais me dépêcher de découvrir ses autres pièces. Je me réveille un peu tard, la Maison de Poupée a été montée quatre ou cinq fois cette année, mais je l’ai loupée !
Enfin, mon seul vrai regret, c’est que je voudrais jouer Hedda ! Je voudrais pouvoir monter cette pièce. Mais bon, je n’ai ni troupe, ni temps donc je vais me contenter de travailler certaines scènes au conservatoire et un jour, peur-être, dans ma vie de comédienne amateur, l’occasion se présentera…
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