3 décembre 2007
Voyage en Andalousie : Nerja
Nous quittons donc notre petit paradis des montagnes pour descendre quelques kilomètres au sud sur la côte andalouse. La mer se dessine sous un ciel gris (le seul du séjour), découpée d’immeubles et de routes, urbanisation à tout va.

Nous sortons de l’autoroute et rejoignons le centre de Nerja où l’on finit par trouver un parking après de nombreux errements et demi-tours dans les minuscules rues. Notre hôtel donne sur le « balcon de l’Europe », place principale de la ville, animée et piétonne. Après avoir déposer les bagages dans la chambres, re-garer la voiture plus loin etc., direction la plage !
Le balcon de l’Europe est une grande esplanade qui s’avance naturellement vers la mer. Des deux côtés, des escaliers mènent à de petites plages de sable gris balayées par les vagues. Je suis déjà venue à Nerja, et je me rappelle très bien la mer particulièrement agitée qui y sévit. Je ne suis pas déçue, voilà longtemps que je ne m’étais pas baignée dans une mer aussi forte ! Les courants surpuissants nous poussent hors de l’eau et il faut littéralement se battre contre les vagues. Au bout d’un moment, on est tout simplement éjecté et l’on s’écroule sur le sable avec le sentiment d’être passer à la machine à laver. Certains touristes distraits se retrouvent parfois balayé par une vague alors qu’ils bronzaient tranquillement au soleil sur leur serviette.

On reste longtemps sur la plage, retournant plusieurs fois dans l’eau et se lançant même dans la construction d’un château-barrage pour essayer de contrer les vagues.
Le soir, après s’être lavé du sable et du sel qui nous collent à la peau et envahissent déjà notre chambre, on ressort. C’est encore une nouvelle ambiance, bien différente de celles de villes comme Grenade ou Cordoue ou de celle des villages isolées des Alpujaras. On est ici dans une station balnéaire, tout est animé et plein de touristes. Les boutiques sont ouvertes jusqu’à minuit, les rues grouillent de monde. Comme la plupart des touristes sont britanniques – certain possèdent même des résidence secondaire dans les quartier de la ville – l’originalité de la cuisine s’en ressent fortement. Les plats sont stéréotypés et multinationaux, ils ne ressemblent en rien les délicieux tapas que l’on pouvait trouver à Cordoue. Pour arranger le tout, les quelques spécialités sont évidemment à base de poisson et de fruits de mer – ce dont je ne mange pas. Après avoir beaucoup chercher, on choisit un restaurant plutôt médiocre. On termine la soirée par une coupe de glace face à la mer. Sous l’esplanade, on ne voit que l’écume blanche des vagues sur la mer noire.

Le lendemain, on trouve grâce au guide du routard un petit café au coin d’une rue où l’on peut se régaler de chocolate con churros qui nous sert de petit déjeuner. On profite ensuite un peu de la plage, aujourd’hui le ciel bleu est revenu et la mer est plus calme. Quand la fin de la matinée approche, l’heure vient pour nous de nous lancer dans l’expédition que nous avons prévu. En effet, notre hôte des Alpujaras nous avait parlé d’une balade dans une rivière à Nerja, et comme on aime beaucoup les rivières, ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd ! La veille, on a récupéré à l’office du tourisme un petit guide de cette balade et on s’est même acheté des chaussures spéciales.
On tournicote un peu dans la ville à voiture, avant de trouver cette espèce de chemin partant d’un terrain vague décrit sur notre prospectus. On remonte à voiture le long d’une rivière asséchée et déserte. A côté d’une sorte de carrière désaffectée, on se gare. Il y a d’autres voitures, ce qui est rassurant, par contre toujours pas d’eau ! C’est avec peu d’espoirs que nous commençons la balade et mangeons notre pique-nique. Mais au bout de 20 minutes environ, nous arrivons devant un minuscule barrage, et derrière, la rivière ! Elle n’est pas très haute au départ mais nous prenons grand plaisir à marcher dans l’eau. Au fur et à mesure de la balade, les gorges se resserrent et nous avançons avec l’eau aux genoux, grimpant les rochers et mini chutes d’eau. C’est le genre de balade qu’il me faut, les parois rocheuses et la végétation sont une barrière naturelle au soleil et je n’ai jamais trop chaud, rafraîchie par l’eau de la rivière. A certains endroits, l’eau est même assez profonde pour se baigner.
Nous marchons bien deux heures avant de faire demi tour, et c’est après quatre heures de balade que nous retrouvons, épuisés, notre voiture. Nous profitons encore un peu de la plage le soir malgré nos jambes éreintées. Pour notre dernier dîner en Espagne, nous choisissons ensuite un restaurant italien où ils font tout de même un délicieux gaspacho. Dernière nuit à Nerja, le matin, on déguste une dernière fois le chocolate con churros puis on prend la direction de malaga.

Sur une plage aux abords de la ville, on déjeune avant de se baigner dans une mer turquoise et calme, dernier bain. On a encore le temps de visiter un peu le centre, et l’Alcazaba. On se régale ensuite dans un salon de thé où ils servent aussi ces boissons à base de lait aromatisé aux noix ou turron… Il est maintenant l’heure de rejoindre l’aéroport où l’on rend sans difficulté la voiture de location. Alors que l’on fait la queue à l’enregistrement, on a la bonne surprise de rencontrer Maria, notre ancienne colocataire qui, en effet, est originaire de Malaga. C’est surtout elle qui doit être surprise de nous trouver dans sa « home town ». Elle prend le même avion que nous et nous avons tout le trajet pout parler de l’Espagne bien sûr, mais aussi du couple slovaque qui nous a remplacé et leur a fait vivre à elle et Peter deux mois difficiles. Heureusement, ils s’en vont et ce sont maintenant des italiens qui vont prendre notre chambre.
Nous rentrons chez nous tard le samedi dans la nuit. Le dimanche, je me sentirai un peu perdue, après deux semaines d’été, retrouver l’automne dublinois et la vie quotidienne n’est pas si facile… Dans nos bagages, le soleil, un gros fromage d’Andalousie, de la Orchata et 3 plaques de turron pour faire profiter nos collègues…
On descend un peu vers le sud puis on quitte l’autoroute. Notre route monte alors dans la montagne le long de paysages spectaculaires. Les Alpujaras sont un ensemble de villages s’étalant entre la vallée et 1500 m d’altitude sur le flanc de la Sierra Nevada. Encore une fois, j’ai trouvé une chambre grâce au guide du routard et j’ai réservé par internet. Nous devons loger à Orgiva, enfin sur la commune d’Orgiva. Car, en réalité, on dépasse le village situé dans la vallée pour rouler sur une petite route pendant au moins 10 minutes avant d’arriver à notre point de chute.
C’est une chambre chez l’habitant et nous avons des indications précises envoyées par internet. Sur la droite, un porche de métal noir et des géraniums, une petite dame aux cheveux gris nous accueille. Son nom est Naomi, elle est d’origine britannique. Elle et son mari (autrichien) ont acheté et rénové ce petit coin d’Andalousie. Ils vivent dans le bâtiment principal et louent le studio adjacent. En faisant le tour de la propriété, on découvre un véritable petit paradis. La maison longe la route, mais de l’autre côté, le jardin descend dans la vallée, fleuri et ombragé. On y accède par de petites allées bordées de buissons colorés. Juste sous l’appartement, on trouve une petite piscine, dont nous avons l’usage exclusif. La terrasse et le bassin sont, eux aussi, entourés de fleurs et de feuillages. En contre bas, se dressent des arbres, citronniers, orangers, oliviers à l’ombre desquels on peut se reposer.






Quand la faim commence à se faire ressentir, nous décidons de descendre en ville. Pour cela, on emprunte une petite route qui descend la colline en serpentant nous donnant souvent de magnifique panorama. Dans le quartier de la cathédrale, on trouve une petite crêperie où l’on prend un « lunch goûter », plus goûter que lunch mais comme on a sauté le repas du midi… On marche ensuite jusqu’à la plaza nueva, puis le long de la carrera del darro, en contrebas de l’Alhambra.
Le lendemain, après un petit-déjeuner plutôt décevant, on profite d’une baignade matinale. Il ne fait pas encore trop chaud et l’on peut s’allonger au soleil en regardant gambader dans l’herbe notre ami l’écureuil. A midi, la piscine est censée ouvrir ce qui signifie en réalité qu’ils allument la radio et qu’une musique tonitruante vient déranger notre repos solitaire. On reste encore un peu, puis, après une dernière baignade, on se décide à descendre en ville. On arrive dans le centre en début d’après midi. Nous avons réservé nos billets pour l’Alhambra par Internet et nous devons visiter le palais des Nasrides à 17h30. C’est donc très tranquillement que l’on prend un agréable repas de midi dans un bar comme notre habitude. On se rend ensuite à la plaza nueva où après une bonne glace, on monte dans un des petits bus qui doivent rejoindre l’Alhambra. Nous n’avons visiblement pas choisi le bon bus car le nôtre fait d’abord tout le tour de la ville et met bien ½ heure à rejoindre le palais.

Il est 15h30 quand nous commençons notre visite. Comme nous ne pouvons pas visiter le palais de Nasrides avant deux heures, nous nous rendons au Generalife. Ce petit « palais d’été » est situé en dehors de l’enceinte, au cœur d’un jardin magnifique irrigué par de multiples canaux et fontaines qui lui donnent une douce fraîcheur. On retourne ensuite à l’intérieur de l’Alhambra à proprement parler, pour visiter le fameux palais de Charles-Quint et la partie la plus ancienne de l’Alhambre : l’Alcazaba. Du haut de cette citadelle, on domine la ville en contrebas et on découvre de magnifiques panoramas sur le quartier de l’Albacin que l’on a visité hier. Le soleil est très chaud et c’est avec soulagement que je termine la visite et vais m’écrouler sur un banc à l’ombre.
Il est enfin l’heure d’aller visiter le palais. Pour permettre à chacun d’avoir une visite agréable, on ne peut entrer dans le palais qu’à l’heure désignée sur le billet, ainsi il n’est jamais surchargé de monde. Chaque demi-heure, une longue queue de touristes se masse devant l’entrée. Assise à l’ombre, j’observe l’attroupement. Je ne me décide à le rejoindre que lorsque les premiers mouvements se font sentir, signe que les portes s’ouvrent et que les gens rentrent. Ainsi, je n’attends pas trop longtemps au soleil. J’ai déjà visité le palais ainsi que l’Alhambra il y a une dizaine d’année avec ma mère et ma sœur, mais assez étonnement, je n’en ai pas énormément de souvenirs. Je redécouvre donc tout avec grand plaisir. Notre plus grand jeu, dans l’Alhambra mais aussi lors de tout notre voyage, est de cherché les « polygones étoilés ». Cette figure géométrique se retrouve partout : deux carrés entrecroisés formant une étoile à huit branches. De façon générale, je suis impressionnée par les pavages d’une grande inventivité géométrique et par les décorations ciselées dans le stuc, faites de milliers de détails. Mais pourtant, rien ne semble de trop ou exagéré, et les patios frais et paisibles s’agencent harmonieusement aux colonnes, aux céramiques, aux plafond majestueux. Mon seul regret : n’avoir pas vu ces fameux « lions » qui était en rénovation.










