18 avril 2008

Week end en Ulster

Le week-end dernier, ma meilleure amie Rébecca était là et nous avons donc décidé d’aller faire un tour au nord.

Départ le samedi midi, tous les trois avec notre chère voiture Mimi-cracra à pleine vitesse (90 km/h) sur l’autoroute qui relie Dublin à Belfast. Seb joue au copilote blasé, moi à la conductrice chevronnée, et Rébecca assise à l’arrière nous lit son histoire de France qu’elle doit réviser.
Lorsqu’on arrive à Dundalk pour une petite pause, nous connaissons toutes les batailles de la guerre des Gaules, du massacre des Helvètes jusqu’à la reddition d’Alésia. Mon collègue Fergal vient de Dundalk, et l’on s’amuse donc à se prendre en photos dans les différentes rues de cette ville dont nous sommes les seuls touristes.

Ulster

Très rapidement après avoir quitter cette petite ville, nous franchissons la frontière sans même nous en rendre compte : ils pourraient quand même indiquer que l’on rentre au Royaume Uni et que les limitations de vitesses ainsi que les distances sont maintenant en miles !! Le plus étonnant, c’est qu’il y a une dizaine d’année, il y avait des gardes armés et des contrôles avec interrogatoire à la clef : L’Irlande a fait du chemin sur la route de la réconciliation.

Vers 17h, nous entrons dans Belfast, large et grise, bordée de petites maisons en brique rouge. Notre B&B est tenu par des pakistanais, c’est une grande maison pleine de chambres et recouverte de moquettes du sol au plafond. Nous avons réservé une chambre triple sans grand confort, mais ça reste les prix anglo-saxons…

Ulster

Après s’être un peu reposé, on part à la découverte de la ville à pied. On passe d’abord voir l’université, qui s’avérera être le seul vrai beau monument de la ville. On s’arrête dans un pub au coin d’une rue pour éviter la pluie qui a commencé à tomber. Puis on repart, vaillants, sous le soleil revenu. Les rues sont longues, grises et rouges, assez vides. Du haut de la grande roue qui tourne sur la place principale, on aura la confirmation que, même de haut, Belfast n’est décidément pas une belle ville. Je ne trouve pas désagréable, cependant, de marcher dans ces rues en pensant à tout ce que la ville a vécu, à ce qu’elle représente : l’atmosphère qui s’en échappe ne laisse pas indifférent.

Ulster

Mais lorsque la nuit est tombée, et que le restaurant que l’on avait repéré s’avère ne plus exister, nous voilà seuls dans une grande ville sombre et vide. Les rues du centre sont désertes, alors que nous sommes samedi soir, comme si la vie s’était concentrée à l’intérieur de quelques pubs. Désespérés de trouver un restaurant, nous terminons dans un Mc Do plutôt glauque à avaler rapidement des hamburgers. L’atmosphère que j’avais ressentie dans l’après midi s’est maintenant transformée en un sentiment d’oppression, de solitude et d’ennui et mon désir le plus cher est de rentrer au B&B. Ce que nous faisons d’ailleurs sans traîner.

Le lendemain, on se réveille avec peine pour descendre au petit déjeuner. Au final, on attend bien 1/2h avant de ne pouvoir ne serait-ce que de s’installer dans salle : l’organisation de nos hôtes n’a pas l’air au top. Le repas en lui-même est très agréable et de bonne qualité, notons juste la prouesse de servir un petit déjeuner irlandais sans porc alors que celui-ci est principalement composé de charcuterie : jambon de dinde et saucisse de bœuf, il fallait y penser.

Ulster

Vers 11h, enfin prêts à partir, nous reprenons notre chère Mimi-cracra. Avant de quitter Belfast, on traverse en voiture le fameux « West Belfast », qui pendant des années a accueilli à la fois la misère et les troubles. A part les fameux murs peints, difficile aujourd’hui de le distinguer d’un quelconque autre quartier résidentiel irlandais, pourtant, même si les drapeaux ont disparu, les tensions religieuses existent encore derrière les hauts murs qui séparent les deux communautés.

Ulster

Nous voilà maintenant enfin dans la nature, sur une petite route au milieu des moutons et des collines (Ah l’Irlande…), direction la côte nord et les Giant Causeway. En français, la Chaussée des Géants, est une très étrange formation rocheuse sans doute due à un refroidissement rapide de roches volcaniques mais aussi attribuée aux extra-terrestre, et avant ça aux géants ! Les pierres, au lieu d’avoir leur formes habituelles, forment des colonnes hexadécimales et s’emboîtent parfaitement : on dirait une sculpture d’art moderne. On y fait une très agréable ballade sous le soleil et le vent.

Ulster

On mange ensuite dans la petite ville de Bushmills puis on fait un tour au château de Dunluce, magnifiquement romantique dans ses ruines battues par les flots. Toujours à bord de Mimi-cracra, nous longeons tranquillement la côte nord pour retourner vers Belfast, s’arrêtant un peu partout pour prendre des photos de la mer turquoise, des moutons idiots ou de n’importe quoi.

Ulster

22 septembre 2007

Mon premier match de Rugby

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en ce moment se déroule en France la coupe du monde de Rugby. Et hier, se jouait un match décisif en la France et l’Irlande !

Habituellement, je ne porte que très peu d’intérêt au rugby et au sport en général, mais pour l’occasion, j’ai fait une exception. Et vendredi soir, je suis donc allée voir mon premier match de rugby dans le pub Whoolshed sur Parnell street.

Ce pub étant très populaire pour le sport, on pouvait se douter qu’il serait bondé ce soir. J’avais donc donné rendez-vous à Seb à 19h pour qu’on puisse rentrer sans problème (le match étant à 20h). Quand j’arrive, à -5, Seb n’est pas encore là, il m’appelle pour me dire qu’il attend le bus (ce qui veut dire qu’il sort à peine du boulot ce qui m’énerve). Je rentre donc seule dans le pub et vais me commander un Bullmers au bar. Le pub est assez grand, sur deux étages. Il y a des petites télés dans tous les coins et deux grands écrans au centre. Il est déjà plein de monde. A vu d’œil, à peu près 2/3 de français.

Vers 19h15, Seb me rappelle, il fait la queue dehors et il râle car il y a plein de monde qui attend. Je finis mon cidre et vais attendre avec lui et Jean-Yves son collègue qui l’accompagne. A 19h45, ils peuvent rentrer dans le pub. On rejoint l’étage où ils vont se chercher des bières avant le début du match.

Les supporters des deux équipes entonnent leurs chants nationaux et acclament les joueurs puis le jeu est lancé. Nous sommes tous debout et il fait très chaud dans cette foule compacte. Je n’ai rien mangé, seulement bu une pinte de cidre qui ne passe pas très bien. A plusieurs reprise, ma tête tourne ou je me sens nauséeuse et vais alors m’asseoir sur l’escalier menant vers l’extérieur. C’est peut être aussi l’effet rugby : la seule fois où j’y ai joué, c’était en cours de sport et 4eme et je suis évanouie au milieu du terrain… J’ai un peu traumatisé mon prof de sport, ai été évacuée par les pompiers, ai loupé le cours d’allemand de l’après midi et ai été dispensée de sport pendant deux semaines : au final une expérience plutôt positive.

J’arrive tout de même à comprendre plus ou moins les règles : mon voisin de devant s’y connaît et explique tout à ses amis, j’en profite aussi. J’ai trouvé une place juste sous la ventilation et supporte donc un peu mieux la chaleur. Lors de la deuxième mi-temps, je crie aussi lorsque la France marque son premier essai. Au fur et à mesure du match et que les français prennent de l’avance, le groupe de supporter national devient plus festif, des chants et des slogans sont entonnés par la foule heureuse. Je trouve un peu limite de chanter « Mais ils sont où les irlandais » au nez de nos adversaires qui ne comprennent pas…

Le rugby a un avantage non négligeable sur le foot : le jeu ne dure que 80 min au lieu de 90. A la fin du match, le résultat est sans équivoque : 25 à 3 pour la France. Les français crient de joie, les irlandais sont bons perdants. Je trouve dommage qu’ils n’aient pas marqué plus de points… Au-delà de la chaleur, de l’odeur mélangée de bière et de transpiration, de la station debout 1h1/2 durant (même si j’ai triché en allant m’asseoir dans les escaliers), le match a été agréable, rien que pour connaître cette ambiance, deux pays qui s’affrontent sans animosité aucune.

23 août 2007

Eté en Irlande : Ring of Kerry

Nos 4 jours de vacances en Irlande

De Dublin à Caher, l’Irlande des châteaux et de Sœur Fidelma

Pour ceux qui ne connaissent pas Sœur Fidelma, est une religieuse irlandaise du VIIeme siècle résolvant des énigmes dans les royaumes d’Irlande décrit par Peter Tremayne. Comme maman et moi sommes de grandes fan, j’avais prévu des petites étapes « spéciales Fidelma »

IrlandeOn part de Dublin le samedi, direction le sud-est. Premier arrêt Kildare, lieu du couvent de Sœur Fidelma au début de la série policière. En fait, c’est surtout l’endroit là que Sainte Brigitte est censée avoir fondée son monastère au Veme siècle (celui de Fidelma !). Aujourd’hui, se dresse une jolie église ainsi qu’une vielle tour ronde.

On visite donc Kildare et on mange dans une sorte de Fast Food à emporter. On se souviendra des hot-dogs d’Alice et Seb où se mélangeaient Ketchup, Mayonnaise et autes sauces douteuses. On repart ensuite pour le reste de notre voyage.

Irlande

IrlandeAlors qu’on se rapproche de notre destination du jour, on s’arrête d’abord à Cashel. Cashel est encore un haut lieu Fielmin, car Sœur Fidelma, en plus d’être une bonne sœur et une avocate est aussi la sœur du roi Colgu du royaume de Munster. A l’époque, l’Irlande est divisée en cinq royaumes et le puissant royaume du Munster en couvre toute la partie sud, Cashel en est la capitale.

Là où se dressaient autrefois les châteaux des rois irlandais, on trouve aujourd’hui le Rock of Cashel. Il apparaît majestueusement au détour d’une route, en haut de sa colline, ruine de pierre se dressant contre le ciel nuageux.

En visitant, on découvre en fait que le château fut transformé en cathédrale au XIeme siècle et c’est les ruines de cette dernière que l’on découvre aujourd’hui. Il en reste une très vielle tour ronde, caractéristique de l’Irlande ainsi qu’une magnifique chapelle romane. De la cathédrale gothique, il ne reste que les murs et on apprend avec horreur que c’est là que périrent brûlés les habitants de Cashel lorsque Cromwell envahit la région.

Irlande

IrlandeL’après midi est déjà bien avancée quand on quitte Cashel pour descendre un peu plus au sud vers Cahir. Nous n’avons pas le temps de visiter la ville aujourd’hui et rejoignons notre Bed & Breakfast au milieu de nulle part, à 15 km de la ville. Nous découvrons une grande maison, dans un large jardin au bout d’une petite route. A l’intérieur, le sol est recouvert de moquette et de tapis épais, les murs de tableaux et tapisseries, l’ensemble est surchargé de divers bibelots colorés. On mange dans le seul restaurant, pub familial, de la petite ville qui jouxte la maison puis on rentre et on discute au coin du feu dans large salon.

Le lendemain, on consacre notre matinée à la visite du château de Cahir. Ce dernier est un vrai château fort du moyen âge, tout ce qu’il y a de plus authentique et qui a d’ailleurs servi de lieu de tournage pour de nombreux films. Il a, lui aussi, été attaqué par Cromwell, mais ses habitants ont eu la bonne idée de s’enfuir avant de se faire trucider.

Irlande

Ring of Kerry

IrlandeNous quittons ensuite le Tipperary, traversons une partie du compté de Cork avant d’arriver dans le Kerry, le but de notre voyage.

Irlande

IrlandeLe Ring of Kerry est une péninsule qui s’avance au sud ouest de l’Irlande dans l’océan Atlantique. Il est extrêmement réputé et très fréquenté par les touristes américains. Nous avons réservé deux nuits dans B&B de Kenmare, ville touristique au sud de la péninsule. Nous sommes accueillis dans une petite maison fleurie par une dame très gentille et bavarde. Les chambres agréables et lumineuses ont toutes une magnifique vue sur les montagnes aux alentours.

Le soir, on se balade dans la petite ville et on va voir la mer.

Attirés par prix attractifs, on choisit pour notre repas du soir un restaurant indien. Il s’avère plus cher que prévu, mais au moins, il est très bon. Dans le salon du B&B, on découvre l’équivalent du « Voyage en France » pour l’Irlande et on enrichi donc un peu notre connaissance géographique avant d’aller dormir.

Irlande

IrlandeLa journée commence par une délicieuse salade de fruit frais au fromage blanc concoctée par notre hôtesse avant de se lancer dans le fameux Ring of Kerry.

Notre tour commence par la visite de Killarney et des ses lacs, magnifique vue du haut des montagnes pleine de moutons.

Irlande

On rejoint ensuite la route qui longe la côte. A notre gauche, les montagnes de la péninsule et à notre droite, les falaises et la mer. Au bout d’une route caillouteuse, on trouve une plage venteuse mais ensoleillée où Seb et moi avons même le courage d’aller nous baigner. Je tiens d’ailleurs à dire que nous avons été particulièrement chanceux pour le temps ce jour là, où la pluie n’est apparue que par petites averses et où les magnifiques éclaircies nous ont fait découvrir les paysages baignés de lumière… Pour remonter de la plage, notre petite Nissan Micra a réussi à gravir une montagne sur une minuscule route, ce qui prouve sa solidité à toute épreuve !

Irlande

IrlandeAu bout de la péninsule, on se laisse tenter par le pont menant à l’île Valentia dont nous faisons le tour en voiture. On se perd dans une petite ville au milieu d’une foule venue admirer une régate de bambins. On prend ensuite un chemin inconnu du GPS mais sur lequel on découvre des paysages parmi les plus beaux de notre séjour.

On finit par quitter l’île, et on rentre doucement vers Kenmare par la côte sud. On s’arrête encore de très nombreuses fois sur la route pour prendre des photos et il est pratiquement 9h quand on atteint la petite ville de Sneem. C’est là que nous avons décidé de dîner, mais en ce lundi férié, il nous est difficile de trouver un restaurant ouvert. Heureusement, il en reste un qui a de la place, et on mange au bar des côtes de porc accompagnées de petits légumes à l’irlandaise, franchement pas mauvais.

Et voilà, le lendemain, il est temps de rentrer à Dublin. On n’est pas juste à côté et on fait encore une étape littéraire à Limerick, ville du fameux livre « Les Cendres d’Angela » que tous les irlandais ont lu. La ville a bien évolué, et elle grouille en son centre de boutiques et de restaurants. Maman et Alice qui s’attendaient presque à y trouver des bébés mourrant de faim sont bien étonnées.

Au programme du reste de la semaine pour Alice et maman : visite de Dublin avec leurs nombreux guides. Seb et moi devons aller travailler… Le week end suivant, on va à Kells voir les amis d’Alice et le dimanche on se ballade doucement sur Bull Island puis au parc St Anne pour voir les écureuils. Le mercredi, je les raccompagne à l’aéroport.

Aujourd’hui, l’été irlandais est bien fini (avant d’avoir commencé mais bon) mais j’attends avec impatience mon véritable été : ma semaine d’Andalousie prévue depuis juin et préparée avec amour, surtout quand je regarde la météo : plus de 25 degrés, c’est vraiment possible ?