16 mars 2006
De l’hésitation d’une étudiante millitante
Si vous êtes étudiants et que vous n’en avez pas entendu parler c’est que vous vivez dans un bunker et que vous suivez les cours par correspondance. Je veux bien sûr parler du CPE.
Aujourd’hui, il y avait une grande manif, j’ai longtemps hésité à savoir si j’y allai ou pas.
Pourquoi n’y serai-je pas allée ?
Depuis lundi ma fac est bloquée. Ce moyen d’action, que je ne connaissais pas, me révolte et va contre toute ma philosophie démocratique et non violente. En effet, un blocage c’est violent en soit, on force des gens à faire (ou plutôt ne pas faire) quelque chose qu’ils ont légitimement le droit de faire, càd aller en cours. Et puis j’ai appris à connaître les AG : grande réunion dans des amphis ou tout le monde crie en lançant des « ouaiss » et des « ouhhh » et où on finit par voté à main levée à 1000 des décisions qui concernent tous les étudiants. C’est à peu près à l’opposé de l’idée que je me fais d’un débat calme et posé ou la réflexion commune amènerait à une prise de décision libre et réfléchie. Je ne sais pas si cela est possible avec les étudiants, je commence à en douter… En tt cas, en allant à la manif, je serai forcée de côtoyer les « bloqueurs » et de leur donner implicitement raison.
A vrai dire, je ne crois pas que cela serve à grand chose. Objectivement, je ne vois pas pourquoi Villepin retirerai le CPE, il ne s’en ferait pas plus aimer des étudiants mais par contre perdrait toute l’estime que peuvent avoir pour ui les gens de droite…
Je ne suis pas d’accord avec la contestation telle qu’elle est faite dans sa majorité. Je suis contre le CPE, mais je me méfie grandement des mouvements de masses. J’ai remarqué que ce matin à l’AG, lorsque qqn terminait de parler et que des gens l’applaudissaient, mes mains, sans contrôle de mon cerveau, se mettaient machinalement à battre l’une contre l’autre, et cela, même lorsque j’avais trouvé le discours profondément débile. Quels slogans aurai-je été amenée à crier ? A qui ou à quelles idées m’aurait-on identifier ? Moi, en fait, je pense que la seule façon de faire « retirer » le CPE, c’est de proposer autre chose, mais ça il parait qu’on verra « plus tard ».
Dans ce cas, pourquoi y serai-je allée ?
Dans le fond, je suis plutôt contre le CPE
En allant à la manif, j’aurai pu prouver que même en ne bloquant pas on peut se mobiliser, ce que d’ailleurs, je crois tout à fait. Le blocage vient selon moi d’un grand manque d’imagination et aussi d’un désir de certains de prouver qu’ils font quelque chose en souffrant (nuit dans les facs) et en « agissant » et de se croire en 68 ou de se prendre pour un révolutionnaire. Et puis il y aussi tout ceux qui veulent sécher…
Devant ce dilemme, j’ai longtemps hésité. Finalement je suis restée chez moi. Les gens autours de moi n’étaient pas très motivés et devant l’inutilité de la chose j’ai eu la flemme.
Ce soir j’ai regardé « A vous de juger » qui m’a pas mal appris en reprenant mes questionnement intérieurs. J’ai aussi pu voir (scoop) que l’UNEF était pour l’interaction école-entreprise, ce dont je n’ai jamais eu de preuve ! Enfin, le discours de Julie Coudry ne m’a pas déçue, et je continuerai de soutenir la CE comme je l’ai fait depuis ma première année à la fac …















vous êtes bon cé..
vous dites, il y a d’autres moyen d’actions, comme les manifs par exemple..
et bien sur, personne..
j’adore
j’attend toujours les autres propostions pour se faire entendre, maintenant
par Tartiflette le 17/03/2006 à 10 h 40 min
Non, bcp de gens de la Cé sont allés à cette manif, seulement c’est un choix. Je n’aime pas qu’on me force la main, je ne crois pas à cette manif donc je n’y vais pas.
Par ailleurs, je ne suis pas sure que tous les gens qui ont voté le blocage étaient à la manif.
En ce qui concerne les autres propositions, pour en faire il faut d’abord qu’il y ai débat autour, et ça n’a pas l’air d’être la priorité des étudiants. Premièrement parce qu’aujourd’hui, il est impossible de dire que l’on est pour le CPE, ni même d’avancer qu’il peut avoir des avantages lorsque l’on est étudiant.
Mais j’ai entendu des choses intéressantes à l’émission d’hier soir et ça ne venait pas de Bruno Julliard.
par admin le 17/03/2006 à 13 h 55 min
Sans le blocage, il y aurai eu 100 personnes à la manif venant de mlv, comme le 7.
hier, on était 1000 je pense..
Quant à la guguerre partisanne, c’est une inutilitée qui nous divise
Je te parlais pas de proposition a la place du CPE, mais, de proposition pour se faire entendre sans bloquer.
par Tartiflette le 17/03/2006 à 18 h 55 min
Moi, s’il n’y avait pas eu le blocage, si les actions qui avait été votées m’avaient plus parlé, je serai ptet aller à la manif. Ce qui m’a dégouté de cette manif, c’est le blocage, je suis partie de l’AG après qu’il ait été voté car je ne soutenais pas les actions qui allaient être proposées.
Je pense aussi que ce qui divise les étudiants c’est le blocage, on peut tout à fait s’unir sans le blocage. Quand des personnes que tu ne connais pas, et à qui tu n’as rien demandé, viennent remettre en cause ton année, là tu as du mal à les soutenir.
Il y a tt à fait des actions possibles en dehors du blocage. La fin ne justifie pas les moyens, on peut bloquer le jour de la manif pour que tout le monde puisse y aller. Mais les autres jours, tu peux faire des débats, tu peux faire des mini manifestations au sein de l’université pour informer les étudiants. Mais tu ne forces personne c’est tt.
Ca n’empêche pas de demander des mesures pour que les étudiants grévistes ne soient pas pénaliser.
A part ça, je ne pense pas que la grève soit une solution à long terme, si le ministre ne retire pas le CPE, il va bien falloir trouver d’autres moyens ! A moins que les cours ne reprennent jamais et que les facs ferment pour toujours ce qui ne résoudrait pas le pbm.
par admin le 18/03/2006 à 2 h 25 min
Il fallait proposer des actions alors, si manifester devant chez copé ou devant l’ump ne te convenait pas.
De plus, tu sais très bien que s’il n’y a pas blocage, ca vote la greve mais ca va en cours juste apres, et on se retrouve a 10 pour fiare les actions.
Ton année n’est pas remise en cause, vu que personne n’a cours…
On fait des minis debats, on fait un point d’information, on fait des actions.
Mais, il y a deja peu de monde alors que la fac est bloquée. J’imagine meme aps sinon….
par Tartiflette le 18/03/2006 à 10 h 20 min
Ce que je pense, c’est que la fin ne justifie pas les moyens. Ce n’est pas parce qu’il y a plus d’étudiants lors des actions qui ont lieu pendant un blocage que c’est un bon moyen. Il y a aussi plus de gens qui votent pour un dictateur qd ils sont menacés par des mitraillettes ! (je sais bien que le blocage, ça ne va pas jusque là, c’est juste pour illustrer « la fin ne justifie pas les moyens »).
C’est une question idéologique, je suis contre le blocage car ca va contre les libertés de chacun. Si tu veux qu’il y ai plus d’étudiants aux manifs, il faut les convaincre d’y aller sans les empêcher d’aller en cours. Chez moi, ça fait l’effet inverse, le blocage m’incite à ne pas aller aux manifs et à ne pas participer aux actions…
Au sujet de l’année universitaire, je pense tjs qu’elle est remise en cause pour certains étudiants. Les cours qui ont sautés vont devoir être rattrapé d’une façon ou d’une autre. A Marne, c’est 1 semaine pour l’instant, ça va encore. Dans d’autre facs, 3 semaines ca craint.
Ceux qui auront le plus de difficultés à rattraper le temps perdus (les profs iront plus vite, ou il y aura des h en plus, ou bien on devra se faire la fin du prog tout seul si on veut continuer sans diff les années suivantes…), c’est ceux qui ont déjà des difficultés, et le blocage remet en cause la poursuite de leurs études à eux.
Je ne parle même pas de moi car je ne m’inquiète pas du tout pour ma propre licence, mais j’ai bcp d’amis qui ont besoin des cours du second semestre et c’est par solidarité avec eux que je vais aux AG et que je vote. C’est pas par plaisir, je préfèrerais largement rester dormir chez moi.
par admin le 18/03/2006 à 14 h 00 min
le blocage s’oppose à la liberté d’assister à ses cours qui relève d’un choix individuel. si 1 étudiants sur 12000 veut aller en cours, tel est son droit.
le principe même d’une AG est non démocratique, la manière dont elles se déroulent l’est encore moins !
tu peux très bien soutenir les étudiants qui ne veulent pas aller en cours pour protester ou s’organiser sans avoir la possibilité de te joindre à eux, c’est çà voter la grève sans blocage. si seulement 10 personnes parmi les motivés sont prêtes à agir, c’est sur son combat qu’il faut se poser une question.
ton année est remise en cause quand tu ne sais pas ce qui va se passer. est-ce que j’ai exams ou cours la semaine prochaine ?
ton année est remise en cause quand tu ne peux reporter ton calendrier pour cause de stage.
ton année est remise en cause quand un report te force à refuser le petit boulot juste après les exams que t’avais eu tant de mal à trouver.
ton année est remise en cause quand les cours ne sont pas reportés mais additionnés et que tu n’as pas les capacités pour suivre à ce rythme.
perso, je la sens très mal mon année à cause de vos aneries. et qu’est-ce que je dois penser quand je vois des bloqueurs qui vont aux rares cours restants ?
des minis débats ? on ne parle pas de cpe mais de blocage, à quoi servent donc ces débats. très peu de monde alors que la fac est bloquée ? et si c’était PARCE QUE la fac est bloquée ?
de moins en moins d’étudiants en AG, des étudiants qui ne vont pas manifester parce que ras le bol du blocage, c’est productif, çà ? 1000 ? on était 700 dans l’amphi et beaucoup sont partis avant la manif…
les étudiants qui votent le blocage parce qu’ils veulent prendre des vacances, qu’ils n’ont pas assez bossé pour leur exposé/devoir/exam, çà rime à quoi ?
par Guillaume le 19/03/2006 à 17 h 00 min
Mais au fond, qu’elles ont été tes actions / actes / ce que tu veux / pour lutter contre le CPE ?
C’est pas une attaque ou une provocation mais une vraie question, puisque tu ne va pas a(ux ?) manif(s ?), que tu es contre les actions du comité de mobilisation, etc..
par Tartiflette le 26/03/2006 à 22 h 30 min
Je t’avoue que moi je n’ai rien fait de particulier. Attention, je parle en mon nom, pas en celui des anti-blocages (j’en connais qui était aux manifs) ni de la Cé.
Je ne dis pas que c’est bien ni que c’est ce que tout le monde devrait faire.
Moi, je ne descend pas dans la rue dès que je suis en désacord avec le gouvernement. Je pense que l’on est un peu responsable du gouvernement qu’on a et que la meilleure façon de montrer que l’on n’est pas d’accord c’est de voter. Ce que je fais toujours !
De plus, je suis contre le CPE mais je ne pense pas que ce soit une catastrophe interplanétaire. Je pense qu’avec ou sans les choses resteront à peu près les mêmes, il y aura de la précarité, mais il y en a déjà. Je ne suis même pas sure qu’elle va augmenter. Il y avait du chômage chez les jeunes et il y en aura toujours.
Et puis la mobilisation ne m’a pas incitée à la rejoindre. Je n’ai pas trouvé les étudiants crédibles, je n’ai pas trouvé intéressantes les actions proposées, et j’ai même trouvé qu’avec les blocages, on descendait aussi bas que le gouvernement.
Bien sûr, les manifs, j’aurai pu y participer, et j’ai failli le faire, mais j’en ai déjà parlé.
C’est aussi aux étudiants qui pensent que le problème est primordial de convaincre les autres de les rejoindre. A vrai dire personne ne m’a convaincu et beaucoup de choses m’ont même dégoutée de participer. Déjà, comme je suis contre le principe du blocage, je ne participe pas aux actions qui sont organisées en se basant dessus. Et puis, je sens une orchestration de l’UNEF derrière chaque action et je ne peux pas le supporter. J’ai même entendu dire par certains pro-blocage qui étaient à la manif qu’ils s’étaient retrouvé sous une banière UNEF alors qu’ils pensaient être dans une sorte de bande marquée « Etudiants de Marne-la-Vallée ». Ce genre de chose, ça m’incite plutôt à rester chez moi.
A vrai dire plus le mouvement avance, plus je trouve qu’il se radicalise et moins j’ai envie de participer. Maintenant, ce n’est plus que le CPE, c’est toute la loi « de l’égalité des chances » et même directement Villepin qui est visé. Ca devient n’importe quoi, une sorte de bras de fer, on ne sait même plus vraiment ce qu’on veut et on ferme les portes de sorties de la crise.
Par exemple, ça me désole que Bruno Juliard et Julie Coudrie n’ait pas voulu rencontrer Villepin, surtout qu’il est sur le point de lacher du leste.
Voilà, en conclusion il m’arrive souvent d’être contre beaucoup de choses et je n’ai pas toujours l’opportunité d’agir (DADVSI, Avortement au Dakota, CPE …)
par admin le 26/03/2006 à 23 h 05 min