Premier matin au camping. L'enfant se réveille tôt et vient se glisser dans notre tente. Le filleul, fidèle à ses habitudes, dort autant qu'il le peut. Nous, nous profitons de la matinée pour finir de ranger nos affaires et nous organiser au mieux pour le séjour. Quand le filleul se réveille, nous allons tous à la piscine à la demande express de l'enfant. Seulement voilà, le bassin n'est pas à son goût car il est trop profond (bien qu'il ait un flotteur). Et il n'y a même pas un petit escalier ou une entrée progressive. Il faut prendre l'échelle et hop voilà. Le filleul, lui, trouve l'eau trop froide. C'est donc nous, les deux adultes, qui sommes dans l'eau tandis que les enfants papillonnent autour. On insiste pour que l'enfant vienne. Il hésite, met un orteil, se rétracte, décide qu'il veut "se reposer". On insiste encore, c'est lui qui a demandé à venir à la piscine. Lors d'une nième tractation, son papa finit par le mettre dans l'eau. S'en suit une séance de cris, de larmes, même quand on lui montre qu'il flotte parfaitement, et il sort de l'eau au bout de quelques minutes. On reste encore un peu, le temps de perdre notre mini frisbee (acheté la veille) dans le champs de l'âne voisin, puis nous retournons à la tente.

C'est déjà l'heure de déjeuner. Le filleul, qui n'a encore rien mangé, a faim et nous aussi qui avons pris le petit déjeuner assez tôt. On décide donc de manger au camping en puisant dans nos provisions. Vers 13h, on a terminé et on se décide à partir. Mais nous voilà bloqués ! Hier soir quand nous sommes arrivés, le camping était plein et n'avait plus de badge à nous donner. Seulement maintenant, la réception est fermée et le badge est nécessaire pour sortir. Je me rappelais bien qu'il fallait aller chercher le badge mais j'ai eu beaucoup de choses à gérer ce matin et je n'y ai plus pensé. Surtout je n'avais pas imaginé que la réception serait fermée ni que le badge était nécessaire pour sortir.

En théorie, la réception ne rouvre qu'à 15h. Seb appelle le numéro inscrit sur la porte. La dame râle mais sera là d'ici 10 minutes. On attend... Elle arrive, tout le monde râle un peu (elle, nous) mais finalement rien de grave et on récupère le badge. Sauf que la voiture ne démarre plus ! Nous avions laissé les clés sur le contact et la batterie est déchargée. Entre temps, nous avons aussi créé un embouteillage à la sortie du camping. Le patron arrive, nous ouvre, et nous aide à pousser la voiture un peu plus loin. Ensuite, c'est moi qui me met au volant. Seb et le patron poussent jusqu'à ce qu'il me dise de lâcher l'embrayage et que la voiture démarre en crachotant. Je m'arrête un peu plus loin (sans éteindre le moteur) et nous pouvons enfin partir, direction Carcassonne.

Ce n'est qu'une fois garés au pied des ramparts du centre-ville que nous réalisons que le château fort et la cité médiévale sont en fait plus loin, de l'autre côté de la rivière. Plus tard, nous comprendrons que nous sommes au niveau de la "ville basse", construite au 13ème siècle par les habitants chassés de la cité en pleine croisade contre les cathares. Le château et sa citadelle sont sur la "ville haute". Cependant, les deux restent assez proche et nous décidons de faire le chemin à pied : environ 30 minutes jusqu'au château.

Nous longeons les ramparts et la jolie cathédrale Saint-Michel, puis traversons l'Aude par le Pont Vieux de pierre surplombé par l'impressionnante cité juchée sur sa colline. Nous arrivons au pied de la ville médiévale dans un quartier joyeux aux hautes façades colorées et montons doucement vers la cité fortifiée.

Quand nous passons le pont-levis (rajouté lors de la restoration de Viollet-le-Duc au 19ème siècle) et la Porte Narbonnaise, nous voilà pris dans le flux touristique de la rue principale. La foule qui était sporadique au niveau de la ville basse est ici très dense, concentrée dans cette rue étroite pleine de boutiques touristiques et qui monte vers le château. Cela rappelle le Mont Saint-Michel avec son ambiance Disneyland dans une magnifique architecture historique. Tous les deux mètres, sont proposés à la vente diverses babioles, des épées en bois, des boucliers mais aussi des glaces, des jus de fruits et des sucreries. Et les enfants réclament, qui un bonbon, qui une épée, enchantés par cette débauche commerciale. Mais, parents inflexibles et sans cœur, notre réponse est invariablement "non" ce qui nous vaut des airs boudeurs et des complaintes sur l'injustice de la vie.

Enfin, nous voici aux portes du château. Une fois pénétré dans l'enceinte avec nos billets, la foule est beaucoup moins dense. Les enfants sont consolés de leurs déceptions passées car ils se font prêter des costumes médiévaux le temps de la visite. Nous nous engageons sur les ramparts. C'est en fait une longue promenade de 3 kilomètres : les plus longs ramparts médiévaux d'Europe ! Nous marchons le longs des crénelages, observons les meurtrières, montons dans les nombreuses tours, montant et descendant sans arrêt des escaliers de pierre. Sur notre gauche, nous admirons une vue dégagée sur la vallée de l'Aude, sur la ville basse et les collines alentours. Sur notre droite, c'est la cité médiévale que nous visitons vue d'en haut. Nous découvrons ses recoins, ses petits jardins, ses cours cachées.

Les premières fortifications datent de l'époque gallo-romaine mais la cité s'est surtout construite entre le 11 ème et le 13ème siècle, devenant cette forteresse impénétrable qui ne put être conquise que par le siège. Elle appartint aux Cathares (dissidents chrétiens du 12ème siècle poursuivis par l'inquisition) puis aux Rois de France après la victoire de Saint-Louis. Laissée à l'abandon, elle est en ruine au début du 19ème siècle et ne doit son état actuel que par la restoration / reconstruction de Viollet-le-Duc.

Après ce long tour des ramparts, nous commençons à être fatigués mais visitons tout de même rapidement le château lui-même puis sortons nous écrouler sur une agréable terrasse boire des jus de fruits et manger des glaces. L'après-midi touche à sa fin. Nous descendons tranquillement vers la porte de la ville. Au sortir de la cité, nous croisons le "petit train" qui va bientôt partir pour sa dernière balade de la journée. Nous décidons de faire plaisir aux enfants et montons. C'est aussi une bonne façon de passer le temps alors que nous sommes fatigués de marcher. Le petit train fait le tour des ramparts par l'extérieur, complétant notre tour à pied de tout à l'heure et nous offrant de très beaux points de vue sur la citadelle. Il y a un audio guide avec un commentaire classique et un autre spécial enfant. Le notre est très bien mais pas autant que le commentaire "enfants" qui ravit les deux garçons.

Nous marchons ensuite vers la ville basse où nous trouvons un restaurant sur une jolie place pour dîner. Quand nous rentrons au camping, il fait nuit et nous nous couchons rapidement.