Jeudi spirituel
Jeudi, je suis allée visiter le temple Bogheunsa, seul temple bouddhiste de Séoul (les autres ayant été chassés lors de la montée du Confucianisme). J’ai suivi le programme proposé « temple life » de deux heures, sorte de « Bouddhisme pour les nuls ». D’abord, on visite le temple avec un guide qui nous explique au passage les grands principes du bouddhisme et de la vie de Buddha.
Puis, on rejoint le centre de méditation où l’on apprend à faire des fleurs de lotus en papier : la fleur de lotus est le symbole du bouddhisme, car elle naît magnifique de l’eau impure de l’étang tout comme le nirvana peut venir du monde des hommes. On s’assoie ensuite sur des petits coussins et l’on assiste à la cérémonie du thé (à ce moment là, on boit du thé avec des petits gâteaux, c’est très bien !). Puis arrive le moine qui nous fait un discours sur la méditation et la recherche de la vérité absolue bouddhiste. Il y a trois pêchés dans le bouddhisme : l’envie, la colère et l’ignorance, la méditation doit aider à s’en défaire (surtout les deux premiers, pour le troisième il y a d’autres méthodes !). Commence ensuite la vraie séance de méditation qui, heureusement, ne dure pas longtemps. J’atteins mon plus gros problème avec le bouddhisme, la position de méditation me fait très rapidement souffrir et je n’arrive plus à me concentrer sur mon vraie moi mais uniquement sur les crampes dans mes jambes. C’est vrai que je ne suis pas très souple mais quand même. Peut-être que quand mon esprit sera libéré de la colère et l’envie ce sera plus facile, mais comme pour cela il fait passer par la méditation, ça tourne en boucle ! Ma visite terminée, je rejoins Sébastien et nous sortons avec deux de ses collègues : Michelle et Songran. Elles choisissent pour nous un restaurant japonais et il est beaucoup plus simple de commander les plats lorsqu’on est avec des coréens. On termine ensuite la soirée dans le classique Noraebang (karaoké coréen) : nous avons une petite pièce juste pour nous et on peut donc chanter sans complexes ! Malheureusement, il n’y a pas de chansons en français mais on massacre tout de même Nirvana et Guns and Roses pour se consoler…
Deuxième semaine
Namsan
Le lundi, je me retrouve à nouveau seule et décide d’aller voir Namsan, la grande colline qui domine Séoul. Je descend à la station Myong dong et monte encore un peu (un peu qui semble beaucoup vue la chaleur) pour rejoindre le téléphérique, car c’est le meilleur moyen de monter au sommet de la colline ! Dans la petite cabine, beaucoup de familles dont les enfants s’émerveillent de la vue qui se dégage petit à petit. Le voyage est très court et nous voilà au pied de la grande « tour de Séoul ». Malheureusement, aujourd’hui le temps est lourd et brumeux et il est difficile de prendre des photos où l’on voit quelque chose.
Je me balade dans le joli parc à la recherche d’un endroit d’où je pourrai peindre une vue globale de la ville. Elle s’étend à l’infini de tous les côtés de la colline et parait disparaître dans le brouillard et les montagnes. Finalement, je m’installe debout contre une rambarde dont l’angle et la largeur conviennent exactement. Il est difficile de peindre cette grande mer urbaine d’immeubles et de gratte-ciels mais je cherche surtout à rendre l’impression de brouillard et de couleur qui s’en dégage. La ville happée par les montagnes, les montagnes happées par le ciel. Je suis dans un coin reculé du parc, face au vide et donc dos aux gens, si bien que je suis plutôt discrète : on pourrait croire que je ne fais que regarder le paysage (certes en prenant mon temps).
Ma peinture terminée, je décide de descendre à pied. Un long escalier entouré de verdure mène au pied de la colline. Il fait une chaleur moite et humide qui petit à petit se transforme en lourdeur presque insoutenable. Au bruit des grillons et des oiseaux et devant la densité de la végétation, on pourrait se croire dans la forêt tropicale, mais nous sommes au milieu d’une gigantesque ville et l’on devine les gratte-ciel derrière les branches des arbres.
Petite anecdote du soir : La nourriture coréenne est très bonne mais il est très frustrant de ne rien comprendre ! On finit par choisir a hasard quand on aimerait le faire en connaissance de cause. Lundi soir, nous sommes rentrés dans un restaurant qui s’est avéré être spécialisé dans le poisson (ceux qui me connaissent savent que ce n’est pas pour moi). Je me suis sentie très stupide quand j’ai demandé un plat sans poisson… J’ai finalement pris des nouilles japonaises qui trempaient tout de même dans un bouillon où flottaient des fruits de mers. Ca n’avait pas mauvais goût, donc j’ai réussi à manger mon plat. Cependant, le dégoût des fruits de mer et du poisson doit être tellement ancré en moi que je me suis sentie mal plus tard dans la soirée. J’ai vomi tout mon repas et ai souffert de nausée pendant le reste de la soirée.
Repas français
Mardi, Lois a invité les collègues de Sébastien à venir manger chez elle mais c’est nous qui allons faire la cuisine ! C’est Sébastien qui a eu l’idée de proposer un repas « français ». En fait, il a décidé de faire du Risotto (au moins comme ça, on a l’ingrédient principal !). Ma mission aujourd’hui est de trouver ce qu’il nous manque : en particulier le parmesan !
Lois est censée vivre prêt d’un quartier français et m’a dessiné un plan pour que je trouve le « marché français ». J’ai déjà acheté une partie de ce que je cherchais dans le super marché « orga » prêt de la station de métro (du pain en particulier), mais il me manque toujours le parmesan. Je pars donc à la recherche de ce magasin français. A l’endroit indiqué, je trouve bien une boutique « sommet France », mais ils ne vendent que des meubles ! Je tente tout de même ma chance et les deux jeunes filles à l’intérieur se décarcassent pour me trouver une solution. Elle m’imprime un plan et m’écrivent des trucs en coréen à montrer à un chauffeur de taxi. Une fois dehors, au bout du deuxième essai (je n’ai pas compris pourquoi mais le premier taxi n’a pas voulu), ça a l’air de fonctionner. Après m’avoir beaucoup parler en coréen (il faut garder espoir, un jour je comprendrai !), le chauffeur me dépose devant un grand magasin qui se trouve être juste à côté d’une station de métro que je connais (et qui est très proche de la notre).
Il y a dix étages et les 7 premiers sont réservés au vêtements (et je commence à me demander pourquoi on m’a envoyé ici), le 8eme est dédié à la décoration d’intérieur mais l’espoir renaît au 9eme lorsque j’aperçois une grande boutique de vins. Et, oh miracle, à l’intérieur ils vendent aussi des fromages ! C’est un tout petit stand mais il y a du parmesan, ainsi que du « Camobaireu » et du boursin. Je prends le boursin, même s’il coûte 10 euros… Je laisse de côté les appéricubes qui sont encore plus chers. En redescendant, je craque aussi sur une boite de macarons à un prix raisonnable.
Voilà donc le menu pour ce soir :
Apéritif / entrée : pain au boursin et dés d’emmental (plus du camembert et du bleu que les coréens nous ont apporté, achetés au même magasin que moi) Plat : Risoto aux olives de Sébastien – très apprécié Dessert : Crumble aux nectarines et macaron, digestif au calva (le calva venait de France)
En résumé, un repas très réussi ! Encore de la peinture
Mercredi, je suis retenue à la maison par la fin de mon roman policier. Il faut dire que lire à l’ombre sur le bois humide de la terrasse, une tasse de thé glacé à la main, c’est vraiment le paradis.
Je sors tout de même aux alentours de 15h et prend le métro pour aller visiter un des palais que je n’ai pas encore vu. Ce n’est qu’en arrivant que je me rends compte qu’il faut obligatoirement suivre la visite guidée. Or, j’ai pris mes affaires de peintures et je préfèrerais trouver un joli endroit pour peindre. Je me rabats donc sur un autre palais, plus petit, enfoncé dans un joli parc boisé. Il y a plein de vieux coréens assis par terre qui joue à un jeu de plateau avec des pions noirs et blancs.
Finalement, je me mets sur un banc à côté d’un petit étang et je dessine les vieux assis sur leurs bancs en face de moi. J’attire beaucoup de curieux, tous les vieux du coin s’approchent de moi et regardent mon dessin, commentant en coréen. L’un deux me prends même pour une muette car je ne lui réponds que par des gestes et des sourires. Ils ont l’air de trouver très amusant que je les prenne pour modèle.
En partant, je leur dis au revoir en coréen et ils me saluent en me souriant. Les gens me sourient beaucoup de façon générale et me saluent aussi. Régulièrement, des gens que je croise me lancent un grand « Hello » ou « Hi ». Vraiment, en tant que touriste occidental en Corée (qui plus est ne ressemble pas un GI), vous êtes vraiment une star !
Premier week-end
Petit résumé de notre premier week-end à Séoul. Samedi, nous décidons d’aller visiter le marché de Namdaemun. Il n’est pas très grand mais l’on peut tout de même s’y perdre. Il s’étire le long des ruelles du quartier en multiples petits stands de vêtements, nourriture etc. Les aliments séchés ont particulièrement la côte, que ce soit des fruits ou du poisson. On se ballade au hasard sous l’oppressante chaleur. Il a des choses étonnantes, comme ce grand bâtiment, marché couvert de vêtement de plusieurs étages ! La chaleur affecte notre appétit, mais on se nourrit quand même d’un sachet de bananes séchées puis d’une tranche de melon frais, vendu en bâton, comme une glace.
On voudrait pouvoir admirer la célèbre porte de Namdaemun, mais elle a brûlée cette année et est donc en travaux, cachée derrière de grands parpaings. On reprend ensuite le métro pour rejoindre l’autre marché, Dongdaemun. Mais une fois arrivé sur place, tout semble fermé. Notre précédente balade nous a déjà fatigué et il semble faire de plus en plus chaud. Nous n’avons pas le courage de chercher plus loin et, après avoir admiré la porte qui ici n’est pas détruite, nous nous affaissons dans une taverne où l’on boit du thé avec une salade de fruit. En ressortant, on se balade le long du récent canal aménagé alors que le soleil commence déjà à faiblir. Nous passons la soirée avec Loïs qui nous a cuisiné un délicieux repas coréen !
Dimanche, il fait toujours aussi chaud. Nous décidons d’aller nous balader au parc national Bukhansan. C’est un grand massif rocheux qui s’étend au nord de Séoul, accessible en métro. Comme nous ne nous sentons pas la force de gravir les montagnes, nous suivons les indications de notre guide vers une balade dans une vallée près d’un torrent. On prend donc le métro jusqu’à la station Gupabal d’où il faut ensuite prendre un bus. Les coréens, toujours aussi serviables, nous indiquent l’arrêt et le numéro à prendre. Nous montons donc dans un minuscule bus qui part escalader les collines avant de nous déposer dans un chemin poussiéreux où les voitures sont garées n’importe comment. De là, on marche une centaine de mètres et arrivons à ce qui semble être l’entrée. Nous ne sommes pas seuls, loin de là, des dizaines de coréens sont venus se balader. Certains sont en tongs avec des petits sacs et des chapeaux de plage, d’autres sont en vêtements de randonnées. A l’entrée du parc, plusieurs petits restaurants sont installés. En en faisant le tour, nous découvrons un spectacle des plus étonnants. Alors qu’une petite rivière coule entre des rochers, des dizaines de familles coréennes sont installées sur la rivière elle-même (entre les flaques, sur les rochers, le long des berges) et prennent leur repas. Nous n’arrivons pas à distinguer lesquels d’entre eux pique-niquent et lesquels mangent la nourriture des restaurants. Beaucoup semblent avoir apporter leur propre réchaud-barbecue ainsi que la viande à griller et tous les petits plats qui font un bon barbecue coréen. Les enfants s’amusent dans l’eau au milieu des nappes et du kimchi.
Nous nous installons en dehors de cette image idyllique, à une table « normale », et nous arrivons à commander une galette grillée et du riz. Après le repas, on commence tranquillement notre ballade, et l’on découvre un magnifique temple caché entre les arbres, à l’ombre de la montagne. Puis on rejoint nous aussi la rivière, surpeuplée de bambins et groupes d’adolescents venus profiter de la fraîcheur de l’eau en ce chaud dimanche d’été. On grimpe un peu plus haut sur la rivière pour être un peu plus au calme et on s’installe près d’un petit bassin. Tous les coréens se baignent, mais, de façon étrange, aucun n’est en maillot, à part de rares jeunes enfants. Tous vont dans l’eau avec tous leurs vêtements ! D’ailleurs, lorsque nous même nous changeons le plus discrètement possible et nous baignons avec nos maillots de bain, ils nous lancent des regards curieux et amusés. On s’installe ensuite, les pieds dans l’eau, à l’ombre du rocher pour lire nos bouquins : c’est ce qui se rapproche le plus pour moi du paradis.
Plus tard, on redescend la rivière et rejoignons le parking, attendons le bus en plein soleil puis survivons au voyage du retour (je n’avais jamais cru que tant de gens pouvaient monter dans un si petit bus). A la maison, Lois est avec une de ses amies et le fils de cette dernière. Sur la terrasse, elle installe des nappes et nous prenons un barbecue, assis par terre, dans la douceur du soir. Le petit garçon apprend l’anglais à l’école mais est trop timide pour nous parler. Poussé par sa mère, il nous pose des questions en se cachant dans ses bras. Notre premier week-end touche à sa fin, voilà une semaine que nous sommes à Séoul !