Le lendemain, nous rangeons nos affaires, replions nos tentes et quittons le camping un peu avant 11h. Nous prenons la direction de Narbonne par les petites routes. Nous traversons les villages de pierre, les champs de blé et de tournesol, les oliviers, cyprès et figuiers. Puis nous voilà vers midi dans la jolie ville avec ses rues étroites et ses hautes façades colorées. Nous traversons le canal de la Robine sans même nous en rendre compte par le pont des marchands, encore couverts de bâtiments comme on le faisait avant. Nous arrivons sur la grande place en face de l'imposant palais des archevêques et les enfants jouent sur les pierres de l'ancienne voie romaine. Nous marchons encore un peu au milieu des dizaines de friperies que l'on trouve dans le centre avant d'entrer un peu par hasard dans la cathédrale Saint-Just dont les immenses voûtes sur trois niveaux nous impressionnent. Puis nous nous posons dans un petit resto au pied de la cathédrale. Il fait chaud mais pas trop. Le filleul se plaint même du froid car il déteste le vent qui souffle effectivement assez fort et renverse même notre parasol.

Il y a quelques mois, j'ai pris le train depuis Barcelone et en traversant la région de Narbonne, j'ai vu non seulement de magnifiques villages mais aussi de grands étangs rappelant la Camargue avec des flamants roses. C'est cette traversée fugace qui m'a poussée à m'arrêter aujourd'hui à Narbonne qui se trouvait sur notre route. Et c'est dans l'espoir de voir des flamands roses qu'après être revenus à la voiture, je propose d'aller visiter le parc de la Narbonnaise.

Il faut sortir de la ville, en direction de la mer, et on se retrouve dans de grands marais plein de roseaux. C'est là qu'on trouve la Maison de la Narbonnaise d'où partent plusieurs petites promenades. Il semble que ça ne soit pas trop la saison pour les flamants roses. Nous en verrons peut-être plus tard si nous continuons un peu la route. Mais cependant, nous pouvons faire une petite promenade à pied d'environ une heure avec plusieurs observatoires à oiseaux.

Les enfants étaient plutôt grognons, ils n'avaient pas envie de marcher et voulaient continuer directement vers le camping. Mais pas question et finalement, ils apprécient le chemin plein de roseaux et hautes herbes. Et surtout, ils adorent les petites cabanes en bois avec leurs petites ouvertures pour observer les oiseaux qui jalonnent le parcours. En plus des hérons, hirondelles et autres petits oiseaux que nous ne savons pas identifier, les belles invitées surprise sont les cigognes. Nous en voyons tout d'abord une voler au dessus de nos têtes, puis plusieurs autres plus loin. Enfin, avec les jumelles louées au point de départ, nous pouvons même en observer une directement dans son nid. En plus des oiseaux, nous voyons aussi un ragondin qui plonge et nage dans un étang. Les enfants sont contents, nous aussi, la balade est agréable et nous regardons un petit film sur la nature du parc avant de repartir. Nous tentons un détour par l'étang mais les flamants ne sont pas au rendez-vous. Tant pis, ça sera pour une prochaine fois. Nous devons à présent quitter la côte (sans avoir même aperçu la mer) et reprendre notre route.

Nous remontons d'abord par l'autoroute jusqu'à Montpellier puis nous nous engageons vers l'intérieur des terres. Bientôt nous voilà sur une petite route qui serpente le long de hautes paroies rocheuses. Ce sont les gorges de l'Herault et le début des Cévennes. Au bout d'un certain temps, nous atteignons notre destination : le village de Laroque, tout de pierres grises, coincé entre la montagne et la rivière.

Le camping est à la sortie du village, en contre bas de la route, sur le bord de la rivière. Nous découvrons alors le joli paradis qui va nous servir d'habitat pour les jours à venir. Nous avons un immense emplacement ombragé qui donne sur le terrain de pétanque et la table de ping-pong puis, juste derrière, sur la rivière. Ah la rivière ! Elle coule, transparente et fraîche sur des petits cailloux, assez large pour qu'on puisse s'y baigner, assez peu profonde pour que les enfants puissent y jouer en sécurité. Un peu plus loin, elle forme de minuscules rapides entre quelques gros cailloux et des enfants s'amusent à y glisser et à créer des petits bassins.

On voudrait s'y plonger dès maintenant mais il faut d'abord monter les tentes et préparer les affaires. Quand tout ça est terminé, il est presque 20h. Et par ailleurs, l'enfant s'est blessé en trébuchant et ne songe plus à se baigner. À l'accueil, on trouve un petit snack qui sert plusieurs plats très corrects. C'est là que nous dînons ce soir en terminant par de magnifiques coupes de glaces. Puis nous allons nous coucher sous la nuit noire et le ciel étoilé.