Nous sommes au camping Le Tivoli, qui est le camping municipal de Laroque juste à l'entrée des Cevennes. Il nous a été conseillé par des amis de l'école de l'enfant. Ils ont réservé l'emplacement adjacent au nôtre et doivent arriver cet après-midi. La mère et la grande sœur du filleul doivent aussi venir ce soir. Elles pourront partager nos emplacements qui sont très grands.
C'est un beau camping très simple et calme. Ils ne proposent pas de locations type mobile home. Il faut dire que l'Herault qui coule si paisiblement à nos pied avec moins d'un mètre de fond sort régulièrement de son lit, au printemps et à l'automne, et peut entièrement inonder le camping, montant jusqu'à la route et au village plusieurs mètres au dessus de nos têtes.
Après la journée de route de la veille, notre matinée est très tranquille. Le temps coule doucement, les enfants jouent, Seb fait quelques courses. Après le déjeuner, nous décidons d'aller visiter un peu le village. C'est juste à côté du camping mais la route est mal fichue et n'a pas de trottoir ce qui rend la petite marche désagréable. Le village lui-même est très joli. Il y a une petite forteresse médiévale, une belle église, des rues pavées et plusieurs terrasses de restaurants qui donnent directement sur la rivière où une plage a été aménagée. Nous ne nous attardons pas. Nos amis viennent d'arriver et nous rentrons au camping.
Nous les trouvons en train de commencer à s'installer. Un article de grand intérêt est déjà sorti de la voiture : un bateau gonflable. Le bateau est gonflé avant même que la tente ne soit montée et nous accompagnons les enfants à la rivière où nous n'avons même pas encore eu le temps de nous baigner depuis notre arrivée la veille.
Voilà donc le paradis. Les enfants jouent avec le bateau. Souvent le filleul tire les deux petits (l'enfant et la petite qui vient d'arriver avec ses parents), parfois un adulte tire les trois enfants. D'autres fois, les enfants délaissent le bateau pour jouer dans les cailloux, créer des bassins, tenter d'attraper les petits poissons qui nous nagent entre les pieds. Moi je peux regarder l'enfant de loin, m'éloigner un peu vers le coin où la rivière un peu plus profonde permet de nager ou me laisser simplement caresser par le courant assise dans les cailloux avant de m'installer au bord de l'eau et me laisser sécher tranquillement.
Alors que nous finissons notre baignade, arrivent la mère et la sœur du filleul qui ont fait 9h de route aujourd'hui depuis Paris pour nous rejoindre. Nous les aidons à installer leur tente et commandons des pizzas pour tout notre groupe. La soirée se passe ainsi. Les enfants vaquent à leurs occupations entre baby-foot, ping pong et autres jeux jusqu'à ce que la nuit tombe et que bon grès, mal grès, on mette tout le monde au lit.
Le lendemain matin est aussi tranquille que la veille. La filleule, qui a 12 ans, se dispute la direction du bateau gonflable avec son frère. L'enfant et la petite n'ont qu'à commander et ils se font balader de-ci de-là sur la rivière. Moi je me repose, je m'occupe de faire les lessives, j'organise notre voyage puis nous préparons le déjeuner avec les courses que vient de faire le père de la petite.
Le programme du jour est d'aller visiter la Grotte des Demoiselles. J'ai réservé des entrées pour 15h20 mais déplacer la troupe, avec donc quatre enfants de 6 à 12 ans, prend plus de temps que prévu et nous loupons le départ. Nous arrivons finalement à changer notre réservation et partons avec le groupe de 15h50. L'entrée dans la grotte se fait par un funiculaire qui grimpe en s'enfonçant dans la montagne. Nous avons un guide, une sorte de vieux routard qui nous parle de géologie avec désinvolture, connaît parfaitement sa grotte, fait beaucoup de blagues et devient ainsi très copain avec les enfants. La grotte n'est pas très grande (la partie qu'on visite en tout cas), après une petite marche, on arrive dans l'immense salle qui fait sa renommée appelée, à juste titre, La Cathédrale. On arrive par un petit passage et nous voilà d'un seul coup sur un balcon à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Tout autour de nous, les stalactites, stalagmites et colonnes forment une architecture belle et inquiétante dans laquelle on peut imaginer des formes des visages. Les escaliers aménagés pour la visite se fondent dans le décor et donnent un aspect encore plus étrange, comme sorti d'un conte de fée. Nous faisons tout le tour de la salle, montant et descendant de nombreuses marches puis nous revenons à notre point de départ et sortons pour nous retrouver au niveau du funiculaire.
Après cette visite, la mère et la sœur du filleul nous quittent car elles repartent voir une amie à Toulouse. Nous, nous repassons juste rapidement au camping avant d'aller dîner près de Montpellier chez des amis de nos amis qui nous ont invité. C'est un barbecue dans une grande maison avec une petite piscine : les enfants sont ravis. Ils dorment déjà quand nous rentrons à plus de minuit et traversent je camping à moitié endormi.
Le lendemain, nous essayons cependant de ne pas nous réveiller trop tard et de préparer des affaires pour une balade et un pique-nique. Il est pourtant au moins 11h quand nous arrivons à partir. Notre objectif était de grimper en voiture jusqu'en haut du Mont Aïgoual où nous avions repéré une balade intéressante. La route est sinueuse et étroite et la montée prend du temps. C'est cependant magnifique et je m'extasie devant les paysages qui se dévoilent petit à petit. Alors que nous arrivons à proximité du Cap de Coste, nos amis, qui roulent juste derrière nous, nous proposent de s'y arrêter. Ils n'avaient pas réalisés qu'on passerait devant : c'est un gîte qu'ils connaissent bien et apprécient beaucoup. Ils y passent justement une nuit ce week-end. C'est un endroit parfait pour prendre le pique-nique. En effet, c'est une très belle maison en pierre avec une vue dégagée sur la vallée. C'est un gîte de montagne public mais géré par une association babacool qui a l'a rénové dans les années 70. On sent l'esprit communautaire qui anime le lieu autour du partage et de l'économie. Ça donne bien envie d'y passer quelques jours en allant marcher dans la montagne. Mais pour l'instant, nous y sommes pour le pique-nique que nous prenons sur une petite table à l'ombre dans l'agréable fraîcheur de l'altitude.
Nous pourrions reprendre notre route pour aller faire la balade prévue mais comme souvent, tout a pris plus de temps et nous sommes bien ici d'où partent plusieurs petites balades. Et puis, je ne sais pas si c'est parce qu'ils sont fatigués de la soirée mais les enfants sont particulièrement pénibles et peu coopératifs, les deux petits surtout. Ils ne mangent rien mais ensuite ont faim, ils râlent pour ceci ou pour cela, le bâton ne convient pas, machin a fait mal à truc, truc a dit pouet à machin, etc. Nous partons pour la "balade de écureuil", promenade facile et assez courte et qui nous demande déjà une bonne dose de patience comme quand nous organisons des tours pour "qui a le droit de marcher devant". L'objectif est de faire une boucle pour rejoindre le monument rendant homage à l'écrivain André Chansom placé à un endroit avec un magnifique point de vue. Mais ce ne sont pas ses poèmes (que je ne connais pas) qui m'aident à terminer cette balade mais les chansons d'Hugues Aufray, Barbara et Bobby Lapointe qui servent de distractions aux enfants fatigués. Et ainsi la balade se fait et reste agréable et belle malgré les petites pleurnicheries. Nous éprouvons le plaisir parental d'avoir réussi à "faire quel chose" malgré les enfants.
Nous reprenons ensuite la même route sinueuse pour redescendre dans la vallée et rejoindre notre camping et sa rivière. Nous profitons de cette baignade bien méritée où nous pouvons voler quelques instants de tranquillité pendant que les enfants jouent éloignés de nos oreilles. Le soir, nous dînons au village sur une des petites terrasses qui donnent sur la rivière.