Films de l'été 2010

11 films cet été entre juin et août !

Juin : 1 film

Les Moissons du ciel de Terrence Malick

Je ne vais pas au cinéma pendant un mois et quand j'y retourne c'est pour voir un film de 1979 ! Mais il est bien connu que les débuts d'été sont bien légers en sorties intéressantes... Alors autant voir un beau classique. Car oui, c'est un beau film que je découvre ici avec ses magnifiques images de moissons, d'hommes et de machines. On se croirait plongés dans un livre de Steinbeck au milieu de l'Amérique de l'entre deux guerres. Parfois, on est presque dans du cinéma muet devant des plans d'une force surprenante où seuls percent le bruit des flammes et du vent ravageant les champs.

Juillet : 4 films

Splice de Vicenzo Natali

Petit film de science-fiction passé inaperçu (sauf à Gerardmer où nous l'avons loupé), sorti uniquement dans quelques rares salles dont l'UGC Orient Express que l'on connait pour sa programmation hétéroclite. Le réalisateur est celui qui nous avait offert Cube il y a quelques années. On retrouve ici le même esprit tordu et malsain, la même originalité. J'aime l'aspect non conventionnel du film qui n'hésite pas à choquer et ne s'habille pas de pudeurs excessives à l'américaine. J'aime moins les faiblesses du scénario et la fin rocambolesque et un peu ridicule.

Carlos de Olivier Assayas

Je n'ai pas vu la série mais ce film semble en être un bon condensé. Froid et rythmé, on y découvre la vie de Carlos à travers sa gloire et ses contradictions. Le personnage n'est pas du tout vu sous un jour flatteur comme on aurait pu le craindre et la très fine critique des idéalismes et combats "pour la bonne cause" fait mouche.

Tournée de Mathieu Amalric

Un film plein de paillettes et de musique, plein de vie. L'énergie est donnée par la joyeuse troupe de strip-teaseuses dont les répétitions et spectacles ponctuent le film. Ça m'a surtout donné envie d'aller voir leur spectacle qui passera à la ferme du buisson dans un mois !

Tamara Drewe de Stephen Frears

Agréable comédie britannique pleine de mordant. Le personnage de Tamara n'est finalement pas le plus intéressant, mais pour la femme trompée qui tient l'auberge aux écrivains et pour l'ado déjantée amoureuse de la star de rock, le film vaut le coup !

Août : 6 films

Celule 211 de Daniel Monzon

Film espagnol grandement inspiré par les séries et films américains sans pour autant manquer de personnalité. Si les faiblesses du scénario apparaissent après réflexion, on est facilement pris dans l'action, bluffés par le jeu des acteurs et l'excellente réalisation. Il donnera à  tous les coups lieu à un remake américain et le réalisateur risque d'ailleurs fort d'aller faire un tour à Hollywood.

L'Arbre de Julie Bertucelli

Beau film, plein de douceur. On se laisse émouvoir sans surenchère dans le pathétique. A travers les images, la couleur, on est pris par les grands espaces australiens et la nature à la fois envahissante et magnifique. Certes pas le film de l'été mais une très agréable soirée.

Poetry de Lee Chang Dong

Le voilà, le film de l'été ! Il nous arrive de ce réalisateur coréen à qui l'on doit déjà le très beau Pepermint Candy. L'histoire de Poetry peut paraitre sordide et l'on pourrait avoir l'impression qu'il ne se passe rien. Et pourtant, ce film est un poème. L'actrice principale est touchante de vérité, perdue dans ce monde qui lui échappe. On retiendra la beauté des plans sur son visage alors que l'horreur oubliée lui apparait soudain.

Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier

Film assez étrange que j'ai eu un peu de mal à aborder. Pourtant, une fois passées les premières minutes et qu'on s'habitue à son style étrange, c'est un vrai bijoux de cynisme et de cruauté. Le crédit en revient surtout à Dupontel qui a su donner à son personnage toute l'acidité nécessaire. Son visage, son corps, sa voix, tout exprime le parasite qui ronge, la mort qui approche.

The Killer inside me de Michael Winterbottom

On ne peut pas dire qu'on aime ce film mais certainement qu'il est excellent. On ne peut pas dire qu'on l'aime car il fait froid dans le dos, il glace d'horreur. La violence est là, dans toute sa force, qui éclate derrière la fine couche de verni de cette Amérique des années 50. Le gendre idéal est un tueur psychopathe sous son sourire ambigu et le monde s'effrite et se fissure.

Inception de Christopher Nolan

Et tout de même, je vais voir Inception qui a fait tant parlé de lui cet été. Mais malgré ses très belles images et très bons acteurs, le film reste assez décevant. La forme a été ici préférée au fond. Tout semble ne servir qu'une histoire assez creuse, tant de fioritures pour si peu ! On ne comprend rien, certes, mais qu'y-a-t-il à comprendre ? A part l'inquiétante Marion Cotillard, les inconscients semblent bien proprets. Plutôt que de répondre à quelques questions légitimes sur toute cette confuse histoire de plongeon dans le rêve, le réalisateur préfère les interminables scènes de "pan pan boum boum" qui desservent le rythme général de l'histoire.

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Films de mai

En mai, 8 films !

Mammuth de Gustave Kervern et Benoît Delépine

Très bon film français. On pouvait avoir peur d'un truc un peu trop misérabiliste, genre film social un peu déprimant. Mais le personnage de Depardieu est plein de poésie et de maladresse. On voit cet homme dépassé par la société qui l'entoure, tout semble aller trop vite pour lui,  redécouvrir un sens à sa vie. Original et touchant.

Life During Wartime de Todd Solondz

Je n'ai pas vu le premier opus, Happiness, sorti en 1999 mais j'ai maintenant très envie de le voir ! Cette comédie très sombre s'infiltre dans les failles d'une famille américaine comme un poison amer. Chaque scène est un vrai bijou de cynisme pourtant empli de compassion pour les protagonistes. On retiendra le regard égaré du petit garçon de l'affiche devant le monde qui va de travers...

Nuits d'Ivresse Printanière de Lou Ye

Ce film a l'originalité de traiter de l'homosexualité en Chine, sujet tabou. Les acteurs jouent bien et on a le droit à de très belles scènes. Mais le scénario est confus et les maladresses du montage nous perdent parfois. Il est difficile de suivre qui est qui, qui fait quoi, pourquoi. Ça reste tout de même intéressant.

Ajami de Scandar Copti et Yaron Shani

Ce film traite de la situation des arabes qui vivent (légalement ou non) en Israël et nous fait découvrir le quartier d'Ajami à Jaffa. De beaux personnages, de belles histoires. Dommage que la forme narrative très spéciale demande beaucoup de concentration pour comprendre tous les entrelacements du scénario et soit finalement assez lourde.

Harlem à Montmartre de Dante James

J'ai vu ce film dans le cadre du festival France Noire qui avait lieu au Forum des Images. Malheureusement, c'est le seul film que j'ai pu voir de la sélection et même de toute la thématique du noir qui était présentée mais que j'ai découverte trop tard !

Ce documentaire est un peu classique dans sa forme, peut être trop classique ? Il manque aussi parfois de précisions, on ne sait plus toujours trop qui sont les personnes dont on nous parle et surtout on ne sait finalement pas tous ce qu'ils deviennent ! Mais le fond est vraiment intéressant, pour une novice telle que moi, c'est une belle initiation au Jazz qui berce tout le film. L'histoire de ces jazz men et women noirs venus trouver la liberté en France est passionnante. Le paradoxe français d'un pays à la fois synonyme de liberté pour ces hommes et femmes mais qui de l'autre est un empire colonial est évoqué et aurait pu être encore plus poussé. Mais enfin bon, on revit cette période de l'entre-deux-guerres avec passion et musique !

Les trois derniers films que j'ai vu ce mois-ci correspondent aux trois séances que j'ai faites à Lyon au CNP Bellecour. A cette occasion, j'ai appris avec horreur que les CNP étaient en danger ! Lyon m'a toujours paru une bonne ville de repli si jamais je ne pouvais pas rester à Paris, mais je tiens à dire que si les CNP disparaissent, je ne peux pas aller vivre à Lyon !!

8 fois Debout de Xabi Molia

Agréable premier film français plein de charme. Le réalisateur regarde avec humour et tendresse ses personnages paumés, largués dans leur propre vie et qui luttent comme ils peuvent. Julie Gayet et Denis Podalydès interprètent avec beaucoup de sensibilité ce drôle de couple qui regarde, malgré tout, vers l'avenir. Mention spéciale pour la bande originale qui flirte avec l'antifolk à la Juno.

Salle 6, Tchékhov de Karen Shakhnazarov et Aleksandr Gornovsky

Film russe inspiré de la nouvelle de Tchékhov "Salle 6". Très étrange et troublant, on entre littéralement dans un asile de fou. J'avoue que la forme assez froide et bavarde m'a donné un peu de difficultés et que mes yeux parfois, dans un élan de fatigue, préféraient se fermer plutôt que de lire les interminables sous-titres. Mais il y a quelque chose de touchant dans ce film, dans l'histoire de ce docteur qui sombre peu à peu dans la folie ou qui peut-être y est juste enfermé. Et puis, il y a le regard de tous ces fous qui vivent là et qui fixent la caméra  de leurs yeux insondables.

L'Enfance du mal de Olivier Coussemacq

Encore un premier film français plutôt réussi : une jeune fille perdue s'incruste chez un couple bourgeois. La réalisation très tendue, aux plans travaillés et à la magnifique lumière donne tout son sens au film. Pendant la projection, on est complètement pris, tous les personnages semblent inquiétants, l'histoire fonctionne. Après coup, laissés à nos tergiversations, les failles du scénario apparaissent plus clairement. Mais ça reste tout de même très prometteur pour un premier film : réalisateur à suivre.

Commentaires

Films d'Avril

En avril, 4 films

Les Invités de mon père de Anne Le Ny

Agréable comédie française bien réussie. Les personnages ne sont pas trop caricaturaux, ça se moque pas mal des bobos, de notre propre hypocrisie. De façon assez inhabituelle, ça devient mieux sur la fin du film et donc on quitte la salle plutôt content.

La Comtesse de Julie Delpy

Film troublant inspiré de la vie de la comtesse de Bathory. Julie Delpy a su apporter toute la finesse et l'ambiguïté nécessaire à son personnage. On se laisse séduire par cette femme étrange, par son pouvoir et ses faiblesses. Un beau film.

Démineurs de Katheryn Bigelow

Je vois un peu en retard ce film qui a raflé les oscars. Il ne m'inspirait pas trop au départ mais bon, vu qu'on en disait du bien... Je ne regrette pas du tout. Loin d'être un film de guerre classique, tout n'est basé que sur la tension permanente que la réalisatrice insuffle à chaque scène. Elle a su faire de ses soldats des personnages troublants, difficilement saisissables, ce qui donne toute sa force au film.

Kick-Ass de Matthew Vaughn

Adapté d'une BD, ce n'est pas pourtant pas du tout un film de super héros classique. Tout est pris avec humour et ridicule et surtout, c'est très peu conventionnel. Le principe de l'ado frustré déjà abordé par Spider man est là complètement assumé. On a aussi le droit à un bat man qui tue vraiment des gens (fini l'hypocrisie de je rends les méchants tout attachés à la tintin). Vraiment agréable dans le genre.

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