Gérardmer 2010 : vive les Zombies !!

Festival du film fantastique de Gerardmer

Je me rends la semaine prochaine au festival du film fantastique  de Gerardmer dont je suis une habituée. Petit point sur le programme que je me suis concoctée...

Les films en compétitions

C'est toujours notre priorité lors du festival. Le but étant de les voir tous. Cette année, il y en a 8 mais difficile de savoir à l'avance quels sont les favoris pour le grand prix ! En effet, beaucoup de premiers films ou de réalisateurs inconnus. Je remarque 5150 rue des ormes dont le réalisateur a aussi fait Sur le seuil en compétition lors du festival 2006 et qui était plutôt plaisant.

Deux films français en compétitions cette année ! Voilà qui fait beaucoup car souvent, il n'y en a aucun. J'attends de voir ce que va donner Amer au résumé sulfureux. J'aimerai aussi beaucoup pouvoir aimer La Horde, car un film français de Zombie : je suis pour ! Mais pour l'instant, je n'espère pas trop, les déceptions de Frontières et (encore pire) Mutants sont encore dans mon esprit.

Un seul film asiatique, Possessed, coréen. A noter que c'est le seul film asiatique du festival toutes catégories confondues ce qui est très rare. (D'habitude, il y a toujours un film de Miike qui traine quelque part). Un des meilleurs films fantastiques que j'ai vu est Deux Soeurs, lui aussi coréen, et Grand Prix du festival 2004 (ma première année :) ). Mais depuis, j'ai été plutôt déçue de la sélection coréenne du festival...

A part ça, on remarquera aussi qu'il n'y a aucun film américain !

  • The Door, Anoo Saul - allemand
  • Possessed, Jung Sung-Hye - coréen
  • Moon, Duncan Jones - britanique
  • Les Témoins du mal, Elio Quiroga - espagnol
  • Hierro, Gabe Ibañiez - espagnol
  • Amer, Hélène Cattet et Bruno Forzani - français
  • 5150 rue des Ormes, Eric Tessier - canadien
  • La Horde, Yannick Dahan et Benjamin Roche - français

Les films hors compétitions

Ce sont souvent des avants premières de films attendus, mais c'est surtout un peu de tout : des films un peu décalés par rapport au thème (animation, sciences fiction) ou trop bizarres pour être dans la sélection officielle.

Parmi ces films, on peut découvrir de véritables bijoux comme le très loufoque Bad Biology (festival 2009) ou le génial Save the green planet (festival 2005). Mais attention, car c'est aussi là qu'on trouve les pires navets !

Enfin bon, de toutes façons nous n'avons malheureusement pas le temps de tout voir et il faut faire des choix dans notre planning. Cette année nous verrons sans doute Cargo, film suisse, ce que je trouve intriguant. Nous nous délecterons du dernier Roméro : Survival of the Dead, et nous découvrirons Metropia, film d'animation suédois qui semble prometteur.

Malheureusement, nous ne pourrons pas voir Splice, du réalisateur de Cube et attendrons qu'il sorte en salle (en espérant qu'il sorte bien). J'aurai aussi bien aimé voir Doghouse, un film plein de mamies zombies mais tout n'est pas possible !

La nuit Zombie

Les nuits sont un must du festival ! Mais déjà éreintés par des journées complètes de film nous n'y participons pas toujours. La seule fois où nous avons vu l'ensemble des films c'était pour la nuit Evil Dead la première année. J'avoue que j'ai dormi pendant le 3, je n'en ai qu'un souvenir très flou.

Cette année, nuit zombie, le thème est alléchant. Très judicieusement placée à la suite de l'avant-première du film de Romero, la nuit commence par Zone of the Dead, film de zombie serbe ! Nous ne resteront pas pour les deux autres films car le classique Dawn of the dead ne passe qu'en vf... Quant au troisième film, c'est le remake que nous avons déjà vu et qui n'est pas très bon.

La Rétrospective

Chaque année le festival propose une rétrospective de classiques du genre sur un thème particulier, cette année : Le Silence.

C'est une super occasion de découvrir des petites merveilles qu'on ne connaissait pas ou de découvrir sur grand écran les classiques qu'on a jamais vu. Cette année dans notre programme : El Topo, Carreful, 2001 L'odyssée de l'espace et Blind Terror.

Il y avait aussi toute une série de films en hommage au président du jury, John Mc Tiernan, mais il a fallu faire des choix et nous n'iront pas voir Prédator sur grand écran !

Elio Quiroga

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Festival de Geradmer 2008 - suite

Journée chargée pour nous pour le deuxième jour du festival : pas moins de 6 films en une seule journée.

L'Ange Exterminateur

On commence à 11h avec L’Ange Exterminateur de Louis Buñuel, film espagnol, grand classique de 1962 que je n’avais jamais vu. Sorte de fable surréaliste, dérangeante et intrigante.

Gerardmer 2008

La Résidence

Après une petite pause d’à peine 10 min pour grignoter nos baguettes aux lardons devant le lac ensoleillé, on enchaîne à 13h avec La Résidence, autre film espagnol des années 60. (Il y avait un hommage spécial au cinéma espagnol). Très beau film lui aussi, très peu connu, emprunt de beaucoup de sensualité à travers les désirs et les pulsions sexuelles et sadiques de ses personnages.

Epitaph On retrouve ensuite les films en compétition avec Epitaph, un film coréen, pays que j’admire beaucoup et dont j’apprécie particulièrement le cinéma. Malheureusement, ce film n’est pas à la hauteur de mes espérances et malgré une très belle réalisation, le scénario confus et mal agencé a raison de ma bonne volonté : trop de fantômes tue le fantôme !

Teeth Deuxième film en compétition de la journée, à 17h, nous nous retrouvons à l’espace lac pour la séance de Teeth, un film américain un peu particulier. Personnellement, c’est le film en compétition qui a le plus retenu mon attention. L’histoire : une jeune fille naïve et à la tête du groupe de puritains de son université découvre que son vagin est muni de dents… Beaucoup d’humour cru et sarcastique, les questionnements intérieurs du personnage principal sont vraiment très drôles. Il a d'ailleurs gagné le prix spécial du jury ex aequo.

Le roi de la montagnePause dîner qui nous laisse le temps de faire l’aller retour avec le chalet pour profiter d’une soupe chaude, puis nous voilà à nouveau à l’espace lac à 20h. C’est encore un film espagnol qui nous attend : « Le Roi de la Montagne », troisième film en compétition et dont le réalisateur est présent. Un film qui, même s’il n’est pas très original, est tout de même bien mené avec une réalisation intéressante qui arrive à maintenir une tension constante et un scénario bien pensé, film correct et agréable, mais peut être pas mémorable.

FrontieresEnfin, pour finir la journée, un film dont on se souviendra ! Frontières, film français hors compétition, a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie, se voulant la nouvelle égérie du gore réaliste français. Le gore est plutôt réussi et c’est le reste qui pèche. En particulier le scénario, vraiment très faible et la direction d’acteurs peu concluante. Le pseudo message politique est tellement gros qu’il en devient indigeste, tout semble naïf, carricatural, écrit avec de gros sabots.

C’est bien dommage car, comme je l’ai dit, le gore n’était pas mal fait et je voudrais soutenir toutes les productions françaises qui se lance dans le cinéma d’horreur. Et, en particulier, je trouve cela très intéressant d’utiliser des personnages issus des « banlieues » dans des films de genre. Dans Frontières, je les ai trouvé très peu crédible, ce qui a gâché l’effet.

D’ailleurs, j’ai un nouveau but dans la vie : convaincre Abdellatif Kechiche de réaliser un film de zombie qui se passerait à Saint Denis… On n’a pas idée à quel point le personnage du zombie et ce qu’il représente ainsi que les situations qu’il engendre peuvent permettre de faire passer du sens, comme une loupe qui nous montrerait notre société sous un oeil déformé.

L'équipe du film Frontière

L'équipe du film Frontière

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Festival de Gerardmer 2008

En ce mercredi 23 janvier, le festival s’ouvre sur un temps magnifique. La neige n’est malheureusement pas la là mais le temps est froid et ensoleillé.

Les premiers films ne seront projetés que ce soir et l’on passe donc notre après midi à se balader tranquillement sur le col de Schlucht, qui lui est enneigé, dans les bois lumineux et calmes.

Gerardmer 2008

Comme nous sommes de retour assez tôt, on décide de tenter pour la première fois d’aller à la cérémonie d’ouverture. Celle-ci se tient à 19h à l’espace lac. A 17h30 nous sommes déjà dans la queue. Après une heure et demi, notre attente est récompensée et nous rentrons mais nous avons bien fait de venir à l’avance car peu de gens rentrent après nous. Il n’est même pas noté sur le programme que la cérémonie est ouverte au public. En effet, entre les journalistes et les invités, il ne reste que très peu de places sur les plus de 700 que compte l’espace lac pour accueillir les festivaliers.

Jury festival Gerardmer 2008

Jury festival Gerardmer 2008

Cette année le jury change un peu de style. Ces dernières années, les membres tendaient à être des people en recherche de notoriété et n’avaient souvent qu’un bien faible lien avec le fantastique. Cette fois-ci, ce sont presque tous des réalisateurs qui ont mis la main à la pâte, des spécialistes du genre pas toujours connu du grand public (ni même de moi) : 7 réalisateurs dont le président du jury, Stuart Gordon, et Jess Franco (espagnol), Takashi Shimizu (japonais), Sean S Cunningham (américain), Neil Marshall (britanique), Ruggero Deodato (italien), Jake West (britanique), Nicolas Winding Refn (danois) et Juraj Hertz (tchèque) _ assez international comme vous pouvez le remarquer. En plus de cette troupe, on trouve l’actrice Kristanna Loken qui tombe un peu comme un cheveux sur la soupe…

Cloverfield Après les discours divers (on peut saluer celui du maire de Gérardmer, vraiment pas mal) et la présentation du jury, a enfin lieu la projection du film Cloverfield.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais au final, ça a été plutôt une bonne surprise. En tout cas, je me suis prise au jeu, j’ai eu peur, j’ai été entraînée par l’ambiance générale. Pour ceux qui ont suivi le buzz, Cloverfield est l’histoire d’un gros monstre qui envahi New York mais où tout est entièrement suivi à travers la caméra numérique d’un des protagonistes. La caméra subjective a d’ailleurs été à l’honneur cette année avec pas moins de 3 films sur les 10 en compétition. Je ne sais pas si on doit trouver le procédé facile ou intelligent, mais ça marche assez. Evidemment, Cloverfield reste une grosse production américaine et manque tout de même d’originalité.

StuckLa soirée continue avec un film hors compétition, réalisé par le président du jury, Stuart Gordon. Stuck est un des films que j’ai préféré cette année. Il raconte l’histoire d’une jeune femme qui renverse un homme dans la rue, celui-ci entrant littéralement dans son pare brise. Prise de peur et ne sachant comment réagir, elle finit par l’enfermer mourrant dans son garage, toujours dans le pare brise. Ce film est un vrai bijou d’humour noir / gore et de cynisme. Ce qui le rend si intéressant, et qui manque par exemple cruellement à Cloverfield, c’est l’originalité et le réalisme des personnages. Le film est encré dans une réalité sociale qui fournit un véritable background à l’histoire générale. Les acteurs jouent juste et on se rappelle de chaque personnage, même secondaire. Le décalage absurde entre cet homme coincé dans un garage et la vie de l’aide soignante est soigneusement dessiné. En résumé, je me rappellerai de ce film, il ne rentera pas dans l’immense masse des films qui se ressemblent et que je finis par confondre et oublier.

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