Fantastic'Art 2007 : journée du samedi
Kilomètre 31
On aurait pu penser, à lire le résumé, que ce film n’avait vraiment aucun intérêt. Et on est donc assez agréablement surpris par ce petit thriller mexicain, qui, certes, manque cruellement d’originalité mais qui se laisse regarder et dont la fin est plutôt réussie. En conclusion : pas trop mal !
The Great Yokai War
Cette année, le seul film de Miike était hors compétition. Comme à chaque fois, on ne savait pas à quoi s’attendre mais sans doute pas à ça ! On n’avait à peu près tout vu chez Miike, des films de Yakusa aux fables fantastiques étranges en passant par l’horreur et le gore pur, mais on n’avait pas encore vu de films pour enfant… Je précise que cela reste un film pour enfant assez étrange et très Miikéun, mais tout de même un film pour enfant. Le héro a d’ailleurs à peu près 8 ans et se bat contre les esprits du mal en compagnie de Yokai, êtres pour le moins étranges. Film plaisant mais sans doute plus facile à apprécier quand on a une véritable bonne connaissance des croyances et esprits japonais…
Hommage à Irvin Kershner suivi de Black Sheep.
Pour être sûr de pouvoir assister à cette séance, nous avions snobé Cry Wolf, ce qui nous a permis de rentrer ranger et prendre toutes nos affaires au chalet et d’arriver à l’avance pour la séance suivante.
Après le beau discours d’Irvin Kershner sur l’émotion partagée au cinéma, la séance de Black Sheep a commencé, illustrant parfaitement son propos. En effet, quand Irvin Kershner a parlé du plaisir du réalisateur d’entendre rire les spectateurs, cela aurait pu directement visé Jonathatan King, réalisateur de Black Sheep.
En effet, celui-ci a du être ravi d’avoir à faire à un public tellement acquis à sa cause des moutons mutants. Toute la semaine, les festivaliers avaient attendu avec impatience le film, comptant même les moutons des autres films. Durant le générique de début, on entendait déjà des bêlement venant de la salle suivis de rire fusés. Le film a, sans surprise, gagné le Prix du Public, ainsi que le Prix Spécial du Jury, à égalité avec Fido. Il faut dire que son humour ovin était tout à fait hilarant, l’inscrivant dans la juste descendante de Brain Dead ou bien même Evil Dead.
Les spectateurs ont non seulement ri, mais aussi applaudi à plusieurs reprise durant le film devant les scènes de moutons carnivores dévorant les humains. Le réalisateur s’est vu demander plusieurs autographes à la fin de la séance et des applaudissements l’ont accompagné lorsqu’il quittait la salle. Un film dont on attend maintenant avec impatience la sortie en Nouvelle Zélande puis en France, pour sans doute le voir devenir culte !

Petites phrases cultes signées Black Sheep :
« - Bon, cette fois tu m’écoutes et tu ne refais pas le coup de la ferme aux saumons ! - Quoique tu puisses dire : ces poissons sont morts libres !! »
« - Je me suis fait mordre par un hippy bizarre qui ressemblait à un mouton. - Oh non ! Tu vas devenir l’un d’eux !! - Quoi ? Un Hippy ?!!!? - Mais non un mouton ! - Ouf… »
Et sur cette belle réussite, nous terminons notre festival, il continuait bien sûr le dimanche, mais nous devions rentrer le samedi soir, car le dimanche c’était l’avion pour l’Irlande. Nous avons tout même vu 9 des 10 films en compétition, dont les 3 trois qui ont gagné et qui sont aussi les 3 à retenir : Fido, Black Sheep et Den Brysomme Mannen.
Fantastic'Art 2007 : journée du vendredi
Den Brysomme Mannen
Voici le grand gagnant du festival : il a raflé le Grand Prix, Prix de la Critique Internationale, le Prix du Jury Jeune et le Prix Sci-Fi. S’il n’a pas eu le prix du public, il a tout de même beaucoup plu aux festivaliers et méritait vraiment sa victoire écrasante.
Si vous avez déjà rêvé d’habiter dans le monde parfait du magazine Ikea, ce film est fait pour vous. Car c’est ce qui arrive au héro qui s’installe dans une ville étrange où il reçoit un appartement, un emploi et bientôt une femme. Ici tout le monde semble heureux et passe son temps à feuilleter des magazines de meubles et à redécorer son appartement. Le confort matériel est en effet érigé en principe maître. Cependant, quelque chose cloche et la saveur de la vraie vie va vite manquer au héro.
Dans l’ensemble, une fable vraiment troublante à l’humour cynique norvégien appréciable. La scène du métro a des chances de devenir culte… J’espère en tout cas que son succès sans équivoque au festival va booster un peu sa carrière française.
Pee Wee’s big Adventure
Petite pause Tim Burton entre deux films en compétition. On peut se demander avec raison ce que ce film faisait à Gérardmer, mais bon, il est toujours bon d’étendre sa culture ciné ! A vrai dire, je n’ai pas tout suivi car j’étais vraiment fatiguée et que j’ai donc eu tendance à sombrer dans des sommeils express au cours de la séance. Cependant, cela reste un film plaisant surtout si on apprécie l’humour à la Tim Burton. J’ai tout de même préféré Mars Attacks ou Charlie et la Chocolaterie.
Sakebi
Petite déception pour ce nouveau Kurosawa (Kyochy pas Akira) qui reste bien moins bien que Séance. Ici, le réalisateur n’a pas trouvé son rythme et le film se traîne un peu, endormant au passage une partie de la salle qui l’a jugé bien sévèrement. Même si je n’ai pas été très convaincue par le fantôme volant, je reste tout de même moins dure que la majorité du public (serai-je partiale ?) et avoue avoir ressenti une angoisse latente dans les longs plans fantomatiques.
Coup de chapeau à David Carradine suivi de Sisters
David Carradine est plutôt un acteur de l’action que du fantastique, donc on se demande un peu pourquoi lui et pas un autre, mais on a pu prendre quelques photos…
Et puis, les extraits de Kill Bill étaient toujours plus intéressants que le film qui a suivi, bon perdant de ce festival ! Déjà, c’est un film plus ou moins inutile (disons plus que les autres) car il existe déjà. En effet, c’est un remake d’un film de Bryan de Palma : Sœurs de Sang. Or je pense que l’original était bien mieux… Si l’histoire, jusqu’à la dernière partie, arrive, malgré sa réalisation pas très originale, à accrocher le spectateur, la fin est des plus décevante. Elle est à la fois pas très claire (on comprend pas grand-chose, pourtant je suis habituée aux films obscurs) et pas très intéressante, sans doute car l’ambiguïté des personnages n’a pas été assez poussée auparavant. Bref, si vous aimez les histoires de sœurs intrigantes, voyez plutôt Deux Sœurs, film coréen grand prix 2004 du festival.
Ensuite, il y avait toute une soirée Massacre à la Tronçonneuse, mais nous, on travaillait le lundi matin et on avait du rangement à faire, donc on est rentré se coucher avant notre dernier jour de festival !
Fantastic'Art 2007 : journée du jeudi
In Drei Tagen… Bist du tot
Assez bonne surprise pour ce premier film du jeudi !
Ici le scénario ne cherche absolument pas l’originalité, de l’aveu du réalisateur lui-même… On retrouve une histoire mille fois racontée : des jeunes insouciants, des SMS mortels, des drames oubliés, des vengeance morbides… Mais le film se passe en Autriche et c’est ce qui fait qu’il ne rejoint pas la grande masse des films à suspense poisseux et sans intérêt. Les jeunes acteurs ont une certaine sincérité touchante loin des stéréotypes hollywoodiens. La petite ville autrichienne est montrée dans sa simplicité, on aurait aimé la voir un peu plus.
Et puis, toute l’histoire se passe dans cette ville entourée de montagnes autour d’un lac : donc vraiment, à Gérardmer, on est dans l’ambiance !
The Eyes of Laura Mars
Petit voyage dans le temps avec ce film de 1978. Il est projeté ici dans le cadre de l’hommage à Irvin Kershner, le président du jury 2007. Les éléments fantastiques sont assez bien distillés dans ce thriller qui a tout de même vieilli. Le principal intérêt du film reste tout de même Tommy Lee Jones, tout jeune !
La Planète des Singes
On continue notre après-midi avec un autre film hors compétition. Cette année, il y avait une thématique remake et films originaux. Pour celui-ci, nous n’aurons vu que le remake ! Mais bon, je regrettais d’avoir loupé ce film de Tim Burton et j’ai donc pu me rattraper, cependant, ce n’est pas son meilleur.
Petite note : si nous avons pu voir ces deux films hors-compet, c’est que nous avions déjà vu en Irlande, le film en compétition qui passait au moment : The Return (nous avons une carte illimitée ciné-world à Dublin). Comme ça, on a su avant tout le monde que c’était tout pourri !
The Abandoned
Retour à la compétition officielle avec ce film espagnol qu’on dirait venu tout droit des studios hollywoodiens. S’il a fait pas mal d’effet aux festivaliers, il ne m’a pas particulièrement impressionnée. On ne peut nier qu’il instaure une ambiance assez angoissante et qu’on sursaute maintes fois à ses gros « boun boum », mais cela ne suffit pas à faire un bon film. Tout ça n’est que l’effet de la musique stridente et de ses deux zombies blafards. Le scénario, lui, a les deux principaux défauts des films fantastiques : à la fois trop confus et trop explicatif.
La Colline a des yeux - 1977
Et l’on termine agréablement notre soirée avec ce deuxième petit voyage dans le temps. Cette fois, nous avions déjà vu le remake lorsqu’il est sorti l’été dernier et nous avons pu comparer les deux versions. L’histoire est similaire, presque à la réplique près. La version 2006, plus sanglante, a su reprendre et accentuer certains éléments déjà présents dans le premier film. Ce dernier, au même scénario original, reste très plaisant. Et puis, c’est vraiment fun de voir le même film mais avec le look des années 70 !!