Gerardmer 2026 - Mercredi
Grande nouveauté cette année, le festival dure une journée de plus ! Nous arrivons donc dans notre location dès le mardi soir et profitons d'une fondue au lard au Grizzly.
La météo annonçait de la neige mais c'est sous la pluie vosgienne que nous entamons notre première journée de festival mercredi matin. Nous sommes à l'Espace Lac pour le premier film de la compétition Welcome Home Baby de l'autrichien Andreas Prochaska. Il était déjà présent en 2007 avec son premier film In 3 tagen bist du tot, ou 3 jours à vivre en français dont je me souviens assez bien : un Ring autrichien plutôt sympa. Le film de cette année raconte l'histoire d'une jeune femme qui hérite d'une immense maison d'un père qu'elle n'a pas connu. Abandonnée par ses parents vers 4 ou 5 ans, elle ne se souvient de rien mais quand elle arrive dans la petite ville autrichienne avec son compagnon, tout le monde semble la reconnaître. Elle est accueillie avec une inquiétante bienveillance. Tout ce début est très bien fait ainsi que le vacillement progressif de son esprit alors que la petite ville se referme sur elle comme un piège. Je passe plutôt un bon moment même s'il manque quelque chose pour être vraiment mémorable. La résolution, comme souvent, laisse un peu à désirer.
On a tout juste le temps de repasser en coup de vent à la maison avant de se rendre à la MCL pour notre prochain film. On termine de grignoter les ficelles au lard qui nous servent de déjeuner installés dans l'agréable petite salle pleine ce mardi après-midi pour un film indonésien sous-titré en anglais.
Nous découvrons en effet Satan's Slave présenté dans le cadre d'une rétrospective du cinéaste indonésien Joko Anwar. On y suit une fratrie : la sœur aînée de 22 ans et ses 3 frères de 16, 9 et 7 ans. Leur mère est une chanteuse à succès mais qui est malade depuis plusieurs années et a déjà un aspect fantomatique. Elle meurt au début du film puis le père doit s'absenter et les 4 enfants se retrouvent confrontés à une sorte de malédiction qui s'attaque à leur famille. Si le film a quelques défauts, en particulier sa narration pas toujours très cohérente et un peu poussive, il a aussi beaucoup de qualités. L'angoisse du fantôme de la mère est très bien rendue et les personnages des jeunes enfants sont très attachants. J'aime beaucoup le petit dernier, très drôle. La fin ne me convainc pas trop mais je passe un bon moment.
Lorsque l'on sort de la salle, la pluie s'est enfin transformée en neige et une fine couche blanche commence à recouvrir les rues. Nous avons le temps de faire une courte pause à la location avant de rejoindre l'Espace Lac pour notre marathon de la fin de journée.
Nous commençons avec le 2ème film de la compétition Nervures du québécois Raymond St-Jean. Une jeune femme se rend chez ses parents dans un village reculé du Québec pour leur présenter sa copine. En arrivant, son père a disparu. Sa mère lui annonce qu'il est mort. La jeune femme est bouleversée et trouve l'attitude de sa mère étrange. Elle paraît comme absente, en retrait. Elle est suivie médicalement par son voisin, ancien médecin, et sa fille devient de plus en plus suspicieuse. Le film parle de solitude, d'abandon, de douleur. Il y a de beaux effets visuels et beaucoup de poésie. Je l'apprécie mais il lui manque quelque chose, peut-être au niveau de la narration ou des personnages, pour vraiment me toucher.
On enchaîne ensuite avec un autre film en compétition Don't Leave the kids alone du mexicain Emilio Portes. Il avait présenté Pastorela au festival en 2012 et si j'ai oublié les détails de l'histoire, je me souviens très bien avoir adoré. Il est sur place cette année et présente son film : il annonce que les parents qui ont laissé leurs enfants à la maison pour venir voir le film vont peut-être le détester.
Les deux petits garçons du film ont 7 et 10 ans. Leur mère les laisse seuls une soirée dans leur nouvelle maison car elle doit absolument se rendre à une soirée pour signer le contrat d'achat et que la baby sitter a annulé au dernier moment. Nous avons nous même chez nous à Paris l'enfant, 6 ans 1/2, et le filleul, 9 ans, heureusement laissés sous bonne garde. Car oui, ce film donne des sueurs froides aux parents. Les deux jeunes acteurs jouent très bien et on retrouve chez eux toutes les dynamiques de l'enfance, les disputes entre frères, les mauvaises idées, les caprices, les maladresses.
La mère est un peu dépassée, on la voit ramasser le bazar alors qu'elle se prépare pour sa soirée, donner ses recommandations (qui ne seront évidemment pas écoutées) en se maquillant puis oublier de donner son médicament au petit dernier. Et on se met à sa place de mère imparfaite qui fait comme elle peut.
Le film a un côté foutraque et drôle qui me séduit. La situation, et le bazar, ne font que s'empirer. Une force maléfique monte les enfants l'un contre l'autre, comme amplifiant leurs petites bêtises et méchancetés. En tant que parents, on passe le film à se mordre les doigts et à vouloir leur dire "Non !! Ne fais PAS ça ! C'est une mauvaise idée, non !". Heureusement le film garde une certaine distance comique ce qui nous permet de ne pas souffrir outre mesure même quand ça devient vraiment cruel. Au final, j'apprécie beaucoup et retrouve ce que j'avais déjà aimé dans Pastorela et je place tout de suite le film dans mes favoris de la compétition.
On termine notre journée par I live here now, premier film de la réalisatrice Julie Pacino (fille de Al Pacino) présenté hors compétition. Une jeune actrice apprend qu'elle est enceinte alors qu'elle se croyait stérile et qu'elle doit passer une audition primordiale pour sa carrière. Elle décide d'avorter et se retrouve dans un très étrange hôtel où la réalité semble se dissoudre. Le début du film est très bien avec un personnage principal intéressant et déjà des situations cauchemardesques et étranges comme son entretien d'embauche ou sa rencontre avec la mère abusive de son petit copain, jouée par Sheryl Lee, la Laura Palmer de Lynch. D'ailleurs le film se place clairement dans l'héritage du cinéaste ce qui peut être dangereux. Dans sa seconde moitié, je lui trouve toujours des qualités mais j'ai plus de mal à accrocher. Il y a de belles images et du symboliques mais je trouve ça à la fois trop appuyé et trop confus. C'est peut-être aussi qu'à 23h, au cinquième film, j'ai juste un peu de mal avec les expériences trop abstraites.
Il est près de minuit quand nous rentrons à la location dans la petite ville couverte de neige. C'est l'heure de dormir si l'on veut pouvoir affronter les 5 nouveaux films qui nous attendent le lendemain.
Entre Agen et Toulouse et la chaleur
Dimanche matin, nous quittons notre location pour entamer la dernière partie de notre voyage. Nous arrivons miraculeusement à ranger et rendre la maison à peu près dans les temps et malgré les efforts soutenus des enfants, rien n'est cassé et le canapé est en un seul morceau. Nous disons au revoir à ma sœur et au neveu. Quant au filleul, il nous quitte pour la soirée et va avec sa mère et sa sœur. Nous repartons donc à trois. C'est notre plus grosse journée de route car nous devons rejoindre Agen et avons décidé de passer par l'intérieur des terres. Nous traversons le magnifique paysage des Causses, sauvage et désertique. Nous nous arrêtons déjeuner à Saint-Affrique, écrasée sous le soleil. Il y a une sorte de compétition de Crossfit et un unique restaurant ouvert où nous nous nourrissons (très sainement) de charcuterie, fromage et frites. Puis nous continuons, redescendons vers Toulouse puis sur l'A62 qui rejoint Agen. Voyant qu'un accident bloque la circulation, nous faisons une rapide pause. Quand nous repartons, l'embouteillage est toujours là mais nous découvrons surtout que l'autoroute a été fermée dans l'autre sens. Nous passons à côté de l'accident, voyant l'hélicoptère des secours, puis devant les voitures à l'arrêt dans la canicule depuis plusieurs heures. Les gens sont sortis des voitures, ont installé tables et chaises, se protégeant autant que possible du soleil brûlant.
Pour nous, c'est un simple ralentissement et nous arrivons bientôt à notre camping. Nous avons un joli emplacement, très grand et ombragé, près d'un petit canal où il y a des canards. Nous étions au frais dans la voiture avec la clim mais là, nous retrouvons la chaleur. Il est déjà plus de 19h mais après le montage des tentes nous sommes en sueur. La piscine est encore ouverte et nous décidons d'en profiter rapidement. Il y a deux beaux bassins, et même des toboggans aquatiques. L'enfant a pied dans tout le petit bassin (il est ravi) mais n'ose pas faire les toboggans de peur d'avoir la tête sous l'eau. Nous ne restons pas longtemps car nous sommes invités à dîner ce soir. Une amie de Seb habite à Agen et c'est pour lui rendre visite que nous sommes venus passer quelques jours ici. Végétarienne, elle nous sert une délicieuse salade qui équilibre un peu notre déjeuner peu diététique.
Lundi, nous devons retourner vers Toulouse pour retrouver Reb et les enfants. Ils logent chez une amie et doivent voir aujourd'hui deux cousines des filleuls qui passent leurs vacances ici. Nous partons en fin de matinée et nous voilà de nouveau sur l'A62 (il y a environ 1h30 de route entre Agen et Toulouse). Aujourd'hui, c'est aussi le pic de canicule qui touche en ce moment la région. Nous avons été épargnés par la chaleur les premiers temps de notre voyage. La semaine dernière, les températures ont monté petit à petit et aujourd'hui, il devrait faire plus de 40. Pour cette raison, nous devons retrouver Reb sur une base de loisirs où l'on peut se baigner. Nous arrivons vers 13h. Nous n'avons pas encore mangé et cherchons des trucs à emporter. Mais il n'y a rien là où nous sommes que de l'herbe desséchée et des activités fermées. Après un certain temps à marcher sous l'écrasante chaleur, nous retournons à la voiture et suivons les indications pour un hypothétique restaurant de burgers. Il s'avère fermé mais juste à côté, il y a une boulangerie salvatrice, climatisée avec des tables et plusieurs sandwichs appétissants. C'était inespéré et très agréable. Nous restons un moment et achetons avant de partir une délicieuse tarte "châtaignes noisettes" pour le goûter.
Nous retournons à la base de loisirs et y trouvons Reb et les maintenant 4 enfants (les deux filleuls et leurs deux cousines). Il faut encore marcher jusqu'à la plage puis patienter car cette dernière est "pleine" (il y a un contrôle à l'entrée de la plage avec une jauge). Heureusement, bientôt nous pouvons enfin nous installer. L'eau du lac est tiède, presque chaude mais elle nous rafraîchit quand même. Les enfants passent toute l'après-midi dans l'eau. Nous, nous sortons nous installer à l'ombre des arbres. Il y a un léger vent qui apporte de l'air mais dont le souffle est chaud. Cependant, nous sommes bien malgré l'écrasante chaleur. Les arbres, l'ombre, le lac, la végétation : c'est un bon endroit pour passer les heures les plus chaudes de la journée.
Nous repartons en fin d'après-midi et décidons d'aller à Toulouse Plage, dans le centre-ville au bord de la Garonne, pour le début de soirée. Le soleil est bas mais la ville irradie de chaleur par ses murs et ses rues. Il n'y a presque personne et la plupart des installations sont fermées à cause de la canicule. Il ne reste qu'une petite station de jets d'eau surveillés pour les enfants. Ils y vont tous et heureusement peuvent y être seuls à partir de 6 ans (sinon, il faut être accompagné d'un parent obligatoirement en maillot de bain ce qui me semble une règle tout à fait absurde pour de simples jets d'eau). Les enfants avaient effectivement gardé leurs maillots depuis la base de loisirs mais pas nous. Pendant ce temps Reb et moi trouvons le seul endroit qui sert de la nourriture (il y a des samosas, des frites, des falafels et un plat au poulet). Nous commandons pour tout le monde puis Seb nous rejoint avec la troupe. Reb doit partir rapidement car les cousines doivent rentrer chez elles. Nous repartons peu de temps après, ayant récupéré au passage le filleul qui revient à Agen avec nous. Nous reprenons l'A62 dans le crépuscule et arrivons dans la nuit au camping. Ce soir là, bien que je me couche à presque minuit, j'ai pour la première fois vraiment trop chaud sous la tente. Heureusement, il suffit d'être patient. Dès qu'un brin de fraîcheur apparaît, la tente se rafraîchit elle aussi et on est bien.
Le lendemain, nous avons prévu tranquillité et repos. Dès le matin, nous allons à la piscine ce qui ravit les enfants. Nous avons du mal à les faire sortir vers midi pour aller déjeuner. Nous devons retrouver notre amie à Agen pour le repas ce qui nous permettra de voir un tout petit peu la ville. Il y a quelques jolies maisons anciennes mais les rues sont désertes et certaines façades paraissent même abandonnées. Le restaurant est délicieux et contraste avec les menus frites / pizza / burgers ou bien saucisses / fromage / cassoulet qui ont fait l'essentiel de nos repas. Nous avions évoqué l'idée d'aller visiter quelque chose cet après-midi mais il fait trop et je propose de rentrer directement au camping avec les enfants tandis que Seb et son amie se promènent un peu en ville. Pendant qu'on terminait le resto, les enfants se sont précipités dans une fontaine et mis directement sous les jets d'eau. Je les ramène tout mouillés à la voiture et ils ont à peine le temps de sécher avant de se plonger dans la piscine.
Hier au lac, l'enfant est allé s'aventurer seul avec son flotteur là où il n'avait pas pied après un premier essai où son père l'avait un peu poussé. Il est compliqué de savoir comment agir : si on ne force rien, il n'essaie rien, mais si on force trop, il se braque. En tout cas, aujourd'hui, il fait des progrès. Ce matin, il a suivi le filleul dans le petit toboggan. Il le descend tout doucement puis se glisse hors du toboggan jusqu'à la piscine en se tenant pour éviter de faire "plouf". Mais cet après-midi, il est plus audacieux et se laisse vraiment tomber dans l'eau et va jusqu'à mettre rapidement la tête sous l'eau. Avec mes encouragements, il prend de l'assurance et disparaît réellement sous l'eau quelques secondes. C'est un progrès tellement énorme vu ses refus répétés et définitifs que j'ai du mal à y croire. Il saute même dans la piscine !
Il n'est pas le seul à sauter. Le grand bain propose un plongeoir avec une profondeur de 3m80. C'est très rare dans une piscine de camping et on en profite. L'enfant n'en est pas à sauter du plongeoir, ni même à sauter dans le grand bain, mais il nous y accompagne sans râler et nage au dessus des profondeurs. La piscine est bien faite, il y a un petit rebord où il peut se reposer. Le filleul et moi sautons du plongeoir, le filleul adore et le fait volontier de nombreuses fois. Quand Seb nous rejoint, il y arrive lui aussi malgré ses appréhensions. Et moi, je fais mieux que ça. Comme il y a de la profondeur je peux vraiment plonger. Je m'entraîne d'abord du bord de la piscine pour retrouver le mouvement puis plusieurs fois depuis le plongeoir surélevé. Je n'ai pas la parfaite aisance de certains mais mon mouvement reste élégant et je suis fière car cela faisait plusieurs années que je n'avais pas plongé. C'est une des rares choses que je sais faire moi qui ne suis ni souple, ni sportive.
L'après-midi se passe ainsi, la piscine nous rafraîchissant de la canicule. C'est une façon assez agréable de passer ces grandes chaleurs. À l'heure de la fermeture, nous nous installons au snack du camping avec notre amie qui est revenue en même temps que Seb. Ils servent des pizzas et quelques plats et salades. Nous voyons à peine les enfants qui jouent un peu plus loin. Ils ont même l'idée saugrenue d'emporter leurs glaces sur le trampoline ce qui n'est une bonne idée ni pour les glaces, ni pour le trampoline, ni pour Seb qui doit aller nettoyer. Nous rentrons à la tente à la nuit tombée. Pour éviter la chaleur, je reste jusque tard assise dans la nuit. Quand je rentre me coucher, un début de fraîcheur s'est déjà installé.
Le mercredi est notre dernière journée et nous avons prévu d'aller au parc Walygator. C'est un ancien parc Walibi qui a changé de nom et c'est d'ailleurs deux parcs car il y a aussi le parc aquatique Aqualand. J'ai passé beaucoup de temps sur le site à essayer de comprendre l'organisation de ces deux parcs. Sur internet, je n'ai pu trouver que des billets couplés mais au camping, ils offrent des prix pour un seul parc ou 2 parcs sur 2 jours. Finalement, j'ai pris des billets pour tout le monde sur le site qui permettent bien d'aller aux 2 parcs le même jour. Et c'est seulement en arrivant sur place que je comprends que l'on peut effectivement passer d'un parc à l'autre sans ressortir.
Nous sommes 7 : l'amie de Seb est avec nous ainsi que Reb et la filleule qui nous ont rejoint depuis Toulouse. D'ailleurs, elles arrivent avant nous et sont déjà dans les attractions alors que nous sommes encore en train d'organiser nos affaires. Nous commençons par la partie "Walygator". Il y a quelques attractions sympa comme un grand splash que l'on fait cependant à 6 car l'enfant refuse d'y monter. Il faut composer avec les désirs et possibilités différentes des enfants en fonction de leurs âges. Par ailleurs il faut chaud et nous ne voulons pas faire de longues files. Notre tour du parc est au final assez rapide et après le pique-nique, nous décidons de rejoindre la partie parc aquatique.
Les débuts sont un peu chaotiques. Là encore, nous sommes nombreux, nous nous séparons pour pouvoir poser les affaires et explorer le parc mais avons du mal à nous retrouver. Et puis les deux garçons n'ont pas tout à fait envie des mêmes choses, sont tout plein de leur excitation, me tirent dans différentes directions et prennent rapidement des airs boudeurs. Au bout d'un moment, l'excitation retombe un peu, les priorités ont été établies, nous retrouvons l'ensemble du groupe et comprenons mieux le parc. Je comprends aussi ce qui ne va pas depuis le début et explique pourquoi nous n'avons pas pu nous poser calmement : il n'y a pas vraiment de bassin. Il y a seulement une petite piscine à vague pas très agréable et sous-dimensionnée dans laquelle on ne peut pas se poser car il y a beaucoup trop de monde. En dehors de ça : que des toboggans !
Bon c'est assez étonnant et un peu décevant pour un parc aquatique, surtout quand il fait chaud comme aujourd'hui, mais une fois qu'on a compris ce problème et accepté la situation, on peut profiter du reste. Nos affaires sont installées sur l'herbe et nous allons voir les différents toboggans en petits groupes. L'enfant a joué un moment dans la piscine à vague et dans les petits toboggans pour enfant. J'arrive maintenant à le convaincre de m'accompagner sur les grands toboggans. Il y en a deux qu'il a le droit de faire avec moi. On est sur des grosses bouées et ça ne descend pas trop vite. Il était un peu impressionné au départ mais finalement ça lui plaît bien et on le fait plusieurs fois. Le filleul a retrouvé sa sœur qui était d'abord partie explorer sans lui. Ils font eux aussi le même toboggan que nous puis d'autres car il est assez grand pour faire tous ceux du parc. Plus tard, j'en fais un avec lui où l'on est sur de très grosses bouées pour 4 personnes et on glisse dans une sorte d'entonnoir géant. On reste au final jusqu'à la fermeture terminant par un dernier passage à la piscine à vague qui est beaucoup plus agréable maintenant qu'il y a moins de monde.
On rentre enfin tous au camping. J'aide Reb à installer sa tente sur notre emplacement puis on se retrouve comme la veille au snack pour le dîner. On a ce soir là les premières gouttes de pluie de notre séjour qui nous dérangent à peine. C'est la fin des vacances. Le lendemain, on doit non seulement ranger toutes nos affaires mais réorganiser nos sacs et valises pour pouvoir prendre le train. Reb peut prendre certaines choses car elle repart en voiture mais nous sommes tout de même très chargés. Malgré tout le rangement, nous arrivons à profiter une dernière fois de la piscine (et les enfants qui n'ont rien rangé du tout en profite encore plus que nous). Puis c'est le départ : Reb et la filleule vers le nord, nous et les 2 garçons vers le sud. Car nous devons une dernière fois prendre l'A62 vers Toulouse où nous rendons la voiture et prenons le TGV pour Paris (qui repasse encore à Agen, on aura passé beaucoup de temps à faire des allers retours entre ces deux villes). Le jeudi soir, nous sommes chez nous, pas mécontents cependant de dormir dans du dur et plus sous la tente.
Lacs, rivières et enfants
Le jeudi matin, nous devons quitter notre beau camping au bord de l'Hérault mais les vacances ne sont pas terminées pour autant. Aujourd'hui, nous n'avons que très peu de route. Nous rejoignons simplement une location à quelques kilomètres au sud où nous devons passer quelques jours avec ma sœur et son fils de 3 ans. Nous rangeons tranquillement nos tentes et disons au revoir à nos amis qui restent encore quelques jours par ici.
Je propose d'aller pique-niquer à la cascade de la Vis (affluent de l'Hérault) qui n'est pas très loin et me fait très envie. Nous sommes toujours avec Reb et les enfants et partons donc à deux voitures dès que nous avons fait quelques courses. Le site est facile à trouver et nous découvrons que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la même idée. Le parking municipal est plein. Nous nous garons un peu plus loin sur la route mais ces emplacements sont en réalité interdits et nous prendrons des amendes. Enfin bon, nous descendons dans la chaleur avec nos pique-niques, maillots, serviettes etc et nous arrêtons à l'ombre sous un petit pont au bord d'un ruisseau. Là nous essayons d'empêcher les enfants de se tremper dans la rivière avant d'avoir mis leurs maillots ou d'éborgner quelqu'un en faisant des ricochets. Nous soignons le pied de l'enfant qui s'est blessé car il n'avait pas mis ses chaussures. Nous crions des "viens manger ton sandwich ! Pourquoi tu ne veux pas celui là ? Tu veux quoi alors ?", pris dans ce soucis constant de nourrir les enfants qui risquent de dire "j'ai faim" dès qu'on aura rangé les affaires. Puis Seb remonte poser la glacière à la voiture pendant que nous avançons vers la cascade.
Quel magnifique spectacle ! Dès que nous avons passé le petit pont, nous découvrons la Vis dans laquelle se jette le ruisseau et le superbe site de la cascade. Il y a beaucoup de monde mais on trouve une place sur un bout de rocher. La cascade est un peu plus haut, tombant de plusieurs mètres dans de beaux et profonds bassins puis formant ruisseaux et piscines sur de jolies pierres dorées. Les deux garçons sont ravis et se jettent presque dans l'eau qui est froide mais agréable. Je les suis et remonte avec eux vers la cascade.
Nous voilà bientôt à quelques mètres des chutes sur un gros rocher. Au dessus de nous, des jeunes hommes (en majorité) fanfaronnent de tout leur viril courage devant l'assemblée en sautant d'un promontoire à environ 3m de hauteur jute à côté de la cascade. J'observe attentivement les lieux. Le promontoire est dégagé, le bassin profond, les rochers éloignés, le courant très raisonnable, il n'y a pas de danger. Le filleul saute aussi dans le bassin depuis un petit coin du rocher au bord de l'eau. Je fais de même mais bientôt, je dépose mes ballerines en plastique dans un coin pour ne pas les perdre et grimpe sur le promontoire. La montée est un peu plus difficile que ce que je pensais car les pierres sont glissantes. Une fois en haut, le moyen le plus sûr de redescendre est de sauter dans la rivière. Seb est arrivé entre temps, je lui fais signe ainsi qu'aux deux garçons restés en bas. Ils me regardent avec des yeux ronds puis crient et tapent des mains d'excitation et de surprise. Je m'avance jusqu'au bord et vois le bassin en dessous qui semble maintenant bien éloigné. Pour réussir à sauter, il faut comme éteindre un interrupteur dans son cerveau, aller volontairement contre son instinct primaire de préservation. Le corps voudrait résister à ce geste étrange et il faut pourtant sauter sans retenue pour maintenir un mouvement net et précis et ne pas risquer de se faire mal. Je ferme les yeux et je force mon corps à se lancer. Me voilà au fond du bassin dans l'eau froide, remontant à la surface d'un coup de pied.
Mon cœur bat vite mais je suis heureuse. Les deux garçons sont joies. Je ne suis pas mécontente de les avoir impressionnés. Je reste encore un peu, nageant à contre courant dans le second bassin où je peux remonter jusqu'au pied de la cascade. Nager dans un torrent comme celui-ci est un vrai bonheur pour moi que je vis rarement. Je pourrais rester longtemps mais l'après-midi tourne et je rejoins bientôt Reb et la filleule restée plus loin. Ma sœur nous a envoyé un message. Elle est déjà arrivée au village et la location sera bientôt disponible, c'est l'heure de repartir pour la rejoindre.
Nous arrivons en fin d'après-midi. La maison est grande et fraîche et il y a une large terrasse. Ma sœur a eu le temps de faire des courses et nous avons donc tout ce qu'il faut pour les trois jours que nous passons ici. Nous prenons un apéritif sur la grande terrasse en nous faisant piquer par des moustiques et Reb prépare des pâtes carbonara. Nous sommes maintenant quatre adultes pour quatre enfants allant de 3 à 12 ans, chacun avec les désirs, colères et frustrations correspondant à son âge. Qu'ils se disputent ou qu'ils jouent il y a cependant une constante : le bruit. Le calme sera pour une autre fois.
Il fait trop chaud et il y a trop d'enfants pour se lancer dans de grandes entreprises. Le lendemain quand nous discutons de notre programme, trois projets émergent : le Lac du Salagou, le Pont du Diable et une ferme pédagogique. Les deux premiers sont des lieux de baignade, le lac étant un peu plus loin. C'est moi qui ai trouvé le prospectus de la ferme ce qui a tout de suite intéressé le neveu "Maman, va voi' les nanimaux, 'ega'de là, les nanimaux ! Veux aller voi' les nanimaux !". On déjeune au gîte d'une grande omelette et on pensait ensuite aller à la ferme puis au lac. Mais la ferme est fermée aux heures les plus chaudes et ne rouvre qu'à 17h. Alors on décide d'aller au lac, ce qui permettra peut-être au neveu de faire une sieste dans la voiture.
Il faut rouler environ 40 minutes depuis notre location puis nous arrivons devant ce grand beau lac entouré de collines desséchées. Le sol est rouge ocre ce qui lui donne un aspect un peu brun mais l'eau est claire. Le soleil tape et nous trouvons un petit coin d'ombre sur la plage brûlante. L'eau est d'un calme plat et très peu profonde. Cela convient bien au neveu qui montre les mêmes dispositions peureuses que l'enfant pour les activités aquatiques. On passe un moment agréable, dans l'eau ou paresseusement à l'ombre. L'heure approche de la rouverture de la ferme. Je vois que Reb est fatiguée, je lui propose de rentrer à la location avec Seb et la filleule pendant que ma sœur et moi emmenons les petits à la ferme. Reste la question du filleul. Sa préférence va au retour avec sa sœur mais cela met l'enfant au désespoir. Finalement, l'enfant lui demande de nous accompagner et il accepte avec l'aide d'un peu de corruption de notre part.
La crise ayant été évitée, nous partons satisfaites ma sœur et moi avec les trois enfants. Le filleul a gagné le droit de s'asseoir devant dans la voiture et nous cherchons une pâtisserie dans Clermont-l'Hérault car un goûter a été promis. Le goûter est pris avec gâteaux et glaces, nous achetons avec du sucre la bonne humeur des enfants. Puis nous roulons jusqu'à la fameuse ferme. C'est un petit parc avec des chèvres et moutons en liberté et d'autres dans des enclos, avec aussi des poules, lapins, ânes, chevaux, vaches, cochons et même lamas. Nous achetons des petits baquets de foin pour nourrir les animaux. Les enfants sont ravis. Les deux plus grands qui boudaient tout à l'heure le projet sont aussi excités que le petit. Les chèvres poursuivent l'enfant à qui il reste du foin car il a été plus économe dans sa distribution, plus par apprehension que par calcul. Enfin quand toute la nourriture a été distribuée et que nous avons vu tous les enclos, les enfants jouent dans la grande aire de jeux. L'heure de rentrer approche et nous avons de grandes difficultés à les récupérer. Le neveu surtout n'a pas du tout envie de partir et la technique du "bon ba nous on s'en va, au revoir !" ne fonctionne pas du tout (alors que sur l'enfant, ça marche toujours à 6 ans). Il se fait tirer des jeux en pleurs et il crie "veux 'ester aux jeux ! Veux 'ester tout seul !". Dans la voiture, il pleure toujours jusqu'à ce qu'on arrive à le distraire avec une grande conversation sur tous les animaux que nous avons vus.
Le soir, on voudrait se faire un resto mais toutes les tables du seul resto du village sont réservées. Il y a un camion pizza à côté, mais là aussi il aurait fallu s'y prendre plus tôt : il n'y aura pas de pizzas avant 21h30. Dépités, nous rentrons donc manger nos provisions sur notre grande terrasse.
Le lendemain, il fait encore plus chaud, la chaleur se sent maintenant aussi la nuit. Nos plans sont encore moins ambitieux que la veille. Nous voulions aller déjeuner dans le petit village pittoresque de Saint-Guilhem-le-desert mais voyant que le parking est plein, nous nous rabattons sur Saint-Jean-de-Fos. En terrasse, sous de grands parasols, nous avons tout de même la sensation de cuire.
Après ça, nous rejoignons le site du pont du Diable. À cet endroit, l'Hérault passe sous un joli pont en pierre et forme comme un étang avec une petite plage. Le lieu est aménagé pour éviter les dégradations qui viennent avec la popularité touristique. Le parking a été on installé un peu plus loin et il faut marcher sous le soleil brûlant jusqu'à la rivière. La plage elle-même est en plein soleil mais si on s'éloigne un peu en suivant la rivière, on peut trouver des coins tranquilles à l'ombre. Et là c'est assez paradisiaque. Nous sommes éloignés du grand bassin sous le pont mais juste à côté de l'eau à un endroit très agréable pour la baignade.
L'Hérault est décidément une belle rivière. Les enfants peuvent se baigner et jouer dans l'eau et les cailloux. En s'éloignant un peu, la rivière devient plus profonde et on peut nager. Je me laisse dériver dans le courant, enfin rafraîchie de la chaude journée. Plus tard, j'arrive même à distraire mon neveu quelques minutes pour que ma sœur puisse nager un peu. Elle lui dit "Tu restes un peu avec Tatie Viviane ?". Regard inquiet du petit garçon "Non, maman !" j'enchaîne alors "Mais est-ce que tu as vu le bac à poissons ?
- les pachons ? Où c'est les pachons ?
- Oui oui, viens je vais te montrer les poissons
- pa' là les pachons ? Ah va voi' les pachons !"
Et, oh miracle, il attrape ma main et me suit. Il y a effectivement plusieurs personnes qui pêchent et mettent leurs poissons dans une sorte de cage directement posée dans l'eau de la rivière. Observer les pêcheurs et les poissons est une véritable attraction qui prend toute l'attention des enfants. Ainsi la moitié de notre groupe est déjà repartie et nous restons, comme la veille, ma sœur et moi avec les trois plus jeunes enfants. Mais le filleul n'a même pas réalisé et ne s'inquiète d'où sont passés les autres que lorsqu'on l'appelle pour rentrer à notre tour. Aujourd'hui, nous avons mieux anticipé que la veille et avons commandé les pizzas dès ce matin pour le début de soirée. Nous les prenons sur la grande terrasse comme tous nos repas. C'est déjà la fin de ce petit séjour familial.