Bratislava
C'est le début de la fin du voyage. Ce matin, nous rangeons toutes nos affaires et réorganisons nos sacs. Non seulement, nous quittons notre location mais allons bientôt rendre la voiture. Nous roulons vers Bratislava. Pour la première fois, le temps est légèrement couvert et nous voyons même un peu de pluie.
On avait pensé s'arrêter visiter un des nombreux châteaux en ruine qui parsèment le paysage. Mais les route ne vont pas jusqu'aux châteaux et nous n'avons pas le temps de faire les petites balades qui grimpent les collines. Nous roulons donc directement jusqu'à Nitra où nous nous arrêtons pour déjeuner. La rue centrale est assez animée, une fête se prépare. Alors que nous attendons nos plats dans un restaurant italien, un château gonflable s'installe juste en face de nous. L'enfant suit avec passion toute la mise en place avant d'enfin pouvoir en profiter à la fin du repas.
Avant de repartir, nous visitons le château de la ville un peu en hauteur. Il y a une jolie église baroque dans laquelle se prépare un mariage. Il y a aussi une grande tour et nous montons tout en haut. Cependant il pleut et nous ne profitons pas pleinement de la vue.
Vers 17h, nous arrivons à l'aéroport de Bratislava. C'est là que nous laissons la voiture de location, reprenant nos valises et sacs à dos. Nous embarquons dans un taxi qui nous amène dans le centre où j'ai réservé une sorte de studio appart-hôtel.
Nous sommes très bien situés. Il nous suffit de traverser la route et nous voilà dans le centre piéton. Le contraste entre Bratislava et les autres villes de Slovaquie est frappant. Ici, on est dans une ville touristique. Il y a beaucoup de monde, on entend plein de langues différentes et on voit pas mal de Français mais visiblement rare sont ceux qui explorent au delà de la capitale. Le centre est très animé, il y a des bars et restaurants partout avec des terrasses pleines, un petit air cocktails branchés, sortie entre copines, mais aussi des groupes de touristes qui visitent avec des guides et des petits drapeaux. On se balade un moment mais je commence à fatiguer. Il est trop tard pour un goûter (au grand désespoir de l'enfant) mais un peu tôt pour le repas. Tant pis, on s'installe dans un café qui a une jolie cour intérieure et on prend une sorte d'apéritif dînatoire, commandant des limonades et des assiettes de fromage et charcuterie.
Le lendemain, nous avons une journée complète pour visiter la ville. Tandis que Seb part courir, je traîne les enfants dans un café du centre qui sert des brunchs. C'est un truc un peu tendance avec des bidules bio et des ingrédients bizarres genre bobo international. On est sur une petite place proche d'une entrée de la vieille ville. Il y a une petite fontaine et l'enfant passe son temps à courir partout en criant. De la rue adjacente, arrivent à intervals réguliers des flots de touristes. Ils se déplacent en meute avec toujours un guide (avec un drapeau) qui commence ici sa visite de la ville. Nous voyons ainsi défiler des retraités britanniques, des allemands, des japonais, etc. Je perds parfois l'enfant de vue qui réapparaît dès que la troupe se déplace.
J'ai terminé mon toast à l'avocat et Seb nous rejoint. Nous partons directement vers le château que nous souhaitons visiter ce matin. Depuis le centre, il faut d'abord traverser l'immense autoroute qui traverse la ville de façon assez absurde. De l'autre côté, on trouve une partie de la vieille ville très calme : une petite colline avec au sommet, le château. Il fait déjà chaud et les enfants râlent mais on gravit finalement la colline et on arrive enfin à notre but.
Le château héberge un musée de l'histoire de la Slovaquie que les enfants insistent pour aller visiter. Je ne sais pas si c'est nous qui avons mal compris l'organisation du musée ou juste qu'il est mal fichu mais je dois dire qu'on ne comprend absolument rien. Il semble qu'il y ait plusieurs expositions mais on n'est jamais trop sûr de où on est et de ce qu'on est en train de voir. Évidemment, l'agitation permanente de nos deux zozos n'aide pas. Nous devons bien sûr les surveiller et, alors que nous essayons de lire et comprendre les explications, ils nous appellent toutes les 30 secondes pour nous montrer là une assiette, ici une montre ou que sais-je.
Au départ, les explications sont plutôt centrées autour du château lui-même et surtout de sa rénovation car après son âge d'or au 18ème siècle sous le règne de Marie-Thérèse d'Autriche, il a été laissé à l'abandon et restauré seulement sous l'ère communiste. Après ça, on passe un peu du coq à l'âne avec une multitude d'époques et de thèmes qui nous embrouillent. On passe du printemps de Prague à une expo de bijoux. On voit tout un truc sur la croix slovaque puis on monte un escalier et nous voilà au néolithique avec un morceau de musée historique jusqu'au moyen âge, la Grande Moravie et les Hongrois. Mais voilà qu'on est dans une tour et qu'on descend un minuscule escalier et on se retrouve dans un musée de peinture puis au milieu des héros de la seconde guerre mondiale.
Il nous manque encore des bouts quand on a enfin retrouvé le rez-de-chaussée et qu'on décide de sortir. J'ai un peu mal à la tête et l'heure du repas approche. On passe rapidement par les jardins avant de redescendre vers le centre où l'on déjeune dans un café.
Que faire cet après-midi ? Il fait très chaud et on a déjà visité le château et parcouru le centre-ville. Je propose d'aller se baigner une dernière fois avant notre départ. J'ai trouvé l'adresse d'une piscine extérieure dans un grand parc qui a l'air pas mal. Nous voilà donc aux alentours de 16h dans un taxi à traverser la banlieue de Bratislava.
Nous avons de nouveau quitté les touristes. Nous sommes au milieu des familles slovaques dans un grand parc avec deux beaux bassins et même un toboggan aquatique. On s'installe dans un coin à l'ombre. Le filleul n'a pas très envie de se baigner et va plutôt dans les jeux où il trouve rapidement des partenaires de foot. L'enfant, lui, est ravi car il y a un immense bassin où il a pied partout. On reste longtemps. Seb et moi faisons un tour de toboggan pour la joie de l'enfant puis on s'installe sur des chaises longues alors que les enfants jouent jusqu'à la fermeture.
De retour dans le centre, on sort prendre notre dernier dîner en Slovaquie. Le ciel est lourd et chargé d'éclairs. On a peur que l'averse nous éclate dessus. Nous sommes tout de même en terrasse et prenons des plats slovaques. On termine avec des glaces à emporter alors que les premières goûtes arrivent. C'est notre dernière nuit ici, demain c'est le retour.
Région Banská 2
Ce matin, nous essayons d'être prêts plus tôt que d'habitude, ce qui suppose en particulier de réveiller le filleul avant son horloge naturelle et de prendre le petit-déjeuner en vitesse : nous voulons partir nous promener avant d'être écrasés par la chaleur.
Un peu avant 10h (ce qui n'est pas si tôt), nous entamons notre balade directement depuis la location. L'objectif est de rejoindre une petite chute d'eau dans la forêt à environ 2km. Au départ, nous traversons le hameau avec ses jardins fleuris et ses vergers plein de pommiers. Puis nous descendons à travers la forêt, croisant parfois quelques buissons de mûres. Ce qui m'inquiète un peu, c'est qu'on ne fait que descendre : ça signifie qu'on va devoir tout remonter au retour. Nous atteignons ensuite la route. Il faut la longer un peu puis retrouver la forêt de l'autre côté. Cette fois, ça monte mais surtout, c'est assez court et nous voilà bientôt à côté de la toute petite cascade.
Il fait déjà assez chaud et je ne résiste pas à l'attrait de la fraîcheur. Mes vêtements craignant peu l'eau, je me laisse tremper par la cascade toute habillée. Mes cheveux me font maintenant un casque de fraîcheur et quand nous repartons, je suis armée de mes vêtements humides pour affronter la chaleur de la remontée.
L'enfant râle un peu et dit qu'il en a marre mais tout de même nous avançons et c'est même plutôt plus facile que ce que je craignais. Juste avant la forêt, nous passons devant une petite maison où une dame est en train de faire des travaux. Nous l'avions déjà vue à l'aller. Nous la saluons de nouveau et, curieuse, elle nous invite à faire une pause chez elle. Notre slovaque est inexistant et son anglais très hesitant mais on arrive tout de même à communiquer. On comprend que c'est sa maison de vacances qu'elle est en train de retaper, elle a rangé à notre arrivée les outils posés sur sa table. Elle est très étonnée de nous voir ici "You, Paris ? Why Nová Baňa ?!". Et c'est vrai que c'est une question légitime, que faisons nous ici au milieu de la Slovaquie dans ce petit coin certes mignon mais qui n'a rien de spécial. Je lui explique un peu notre périple : Vienne, Budapest... Mais je ne peux pas vraiment lui transmettre que j'ai toujours aimé découvrir le "au milieu de nulle part" qui est ailleurs. Les enfants boivent leur "Kofola" (sorte de soda local qui a l'aspect du coca cola), grignotent quelques gaufrettes et prennent quelques mûres dans le jardin, puis nous saluons la dame et reprenons notre route.
De retour chez nous, nous déjeunons de nos restes de salade avec des œufs brouillés et du pain perdu puis nous voilà prêts pour l'après-midi. Dans des lieux comme celui-ci, où on ne parle pas la langue et où il n'est pas toujours facile d'avoir des informations, l'exploration touristique est souvent faite d'essais un peu à l'aveuglette. J'ai un prospectus avec une photo de rafting qui fait assez envie. Avec la traduction automatique de Google, j'ai obtenu le texte suivant "Après accord avec l'administrateur, il est possible d'organiser la location de radeaux, de canoës ou la cuisson du goulasch". Ça me laisse un peu dubitative mais ça parle bien de location de bateau. J'ai trouvé où était cet endroit et nous tentons donc l'aventure.
Quand, suivant la route, nous rencontrons une barrière fermée, les espoirs diminuent. Mais, optimistes, nous empruntons à pied la piste caillouteuse qui longe l'autoroute sous le soleil. Au bout du chemin, nous trouvons ce qui ressemble à un camping fermé. Il n'y a personne. Il y a bien une rivière et il y a peut-être eu des bateaux un jour mais pas aujourd'hui. Tant pis...
Je passe au plan B de l'après-midi. En épluchant les livrets touristique en slovaque et le site Web de ce qui ressemble à un complexe thermal, j'en suis arrivée à la conclusion qu'il existait une "piscine thermale" pas très loin à laquelle nous pouvions aller. Quand dans un premier temps, je me trompe d'entrée et nous conduit dans la partie "thérapeutique" du complexe, la famille se moque de moi en m'accusant de les emmener dans un EHPAD. Mais cette fois, ma prospection a bien été fructueuse, la piscine existe bien, elle est juste un peu plus loin.
J'avais une autre motivation en venant ici. J'avais vu qu'il existait des "sources chaudes dans une grotte" ce qui a titillé ma curiosité. Sur le site web, je n'ai pas vraiment compris comment on y accédait ni où c'était par rapport à la piscine. En arrivant, je découvre que c'est juste à côté. C'est le même petit bureau qui vend les entrées pour la partie piscine et pour les "Cave bath". La dame nous explique qu'il y a des entrées pour les grottes toutes les 1/2 heures mais c'est interdit aux enfants, comme je m'y attendais.
On commence par aller s'installer à la piscine. C'est un bel endroit avec de l'herbe et la vue sur la nature d'un côté et le village de l'autre. Il y a un grand bassin, une pataugeoire et un bain chaud. Le filleul n'a pas très envie de se baigner et court plutôt vers les jeux pour enfants. Seb et moi allons vers le bassin. L'enfant est pris dans un conflit interne : il a envie de se baigner, mais il n'a pas pied et son frère est parti jouer. Finalement, il décrète que l'eau est trop froide et rejoint le filleul.
Il est bientôt 16h, Seb décide d'aller tester les grottes. Moi je me rafraîchis un moment dans la piscine avant de rejoindre les enfants. Ils sont toujours en train de jouer. Je nous achète des gaufres à la buvette : il n'y a qu'une seule sorte de gaufre avec à la fois confiture, chantilly et chocolat. Quand Seb revient, je suis installée au calme tandis que les enfants sont retournés jouer. Il m'explique le fonctionnement des "grottes" et j'y vais pour l'entrée de 17h.
On entre d'abord dans les cabines pour se changer, puis il faut passer par la douche pour rejoindre les grottes. Ce n'est pas très grand, l'air est très chaud et humide. On descend dans le bassin par un petit escalier, l'eau est brûlante. Le sol et le petit banc sont bétonné mais sinon les murs du bassin sont ceux de la grotte. Une eau très chaude suinte de la roche formant des coulées ocres. On peut s'avancer dans une sorte de petit passage qui mène à une autre minuscule pièce de la grotte. Là, l'air est tellement chargé d'eau qu'on se croirait dans un hammam. Après un bon quart d'heure, quand la chaleur de l'eau et de l'air devient vraiment trop pesante, je sors. Dans la salle de douche, il y a des explications que m'avaient aussi relayées Seb. Après la baignade, il faut enlever son maillot et s'enrouler dans un drap blanc pour aller dans la "salle de relaxation". Là, on doit se mettre sur une chaise longue et la dame des bains vient enrouler sur nous une épaisse serviette en s'assurant de nous couvrir des pieds à la tête. On se retrouve alors dans une espèce de cocon chaud et on doit rester là se reposer. Les murs sont là aussi en partie formé par la grotte. Il y a des lumières tamisées, une musique lancinante et un petit aquarium. Je reste un moment à rêvasser, me sentant comme une grosse larve amorphe. Enfin, après cet étrange rituel, je quitte les grottes et retourne à la piscine retrouver Seb et les enfants.
J'ai eu un peu chaud là dedans et j'ai maintenant envie de me rafraîchir. Je me baigne de nouveau et suis finalement accompagnée par toute la famille. Il n'y a plus beaucoup de gens car le parc va bientôt fermer. Avant de partir, on se plonge aussi dans le bain chaud extérieur qui est tout de même moins chaud que dans les grottes et dans lequel les enfants peuvent aller. Puis c'est l'heure de rentrer. Ce soir, on se nourrit de pizzas installés à la terrasse d'un petit bouiboui qu'on a trouvé sur la route où il y a même des jeux pour enfants.
Et voilà arrivé notre dernier jour dans ce coin perdu de Slovaquie. Ce matin, Seb va courir et les enfants et moi passons une matinée paresseuse. Inspirée par ce que j'ai vu dans différents cafés, j'ai créé un piège à guêpes très artisanal et pas entièrement fonctionnel. Plus précisément, j'ai mis un peu de jus de fruit dans un bol que j'ai recouvert d'un sac plastique troué. Ce n'est pas parfait car les guêpes arrivent régulièrement à s'enfuir mais ça marche tout de même assez bien pour que nous arrivions à prendre le petit déjeuner dehors. L'enfant est fasciné par cette haute technologie et tente de pousser toutes les guêpes qui arrivent vers le piège.
Quand Seb revient, nous nous préparons à partir. Comme la veille, c'est de l'exploration prospection : nous tentons une visite sans être vraiment sûr de ce qui nous attend. Plusieurs villes s'appellent "Banska" par ici et d'après la dame d'hier, cela fait référence aux nombreuses mines de la région. Or j'ai vu qu'il y avait un musée de la mine à Banská Stiavnika où l'on pouvait visiter une ancienne mine. Je ne sais pas à quelle heure sont les visites ni surtout si on pourra avoir une visite en anglais.
On arrive là bas un peu avant midi et demie. Je vais me renseigner et en payant un supplément, on peut avoir une visite en anglais à 13h15. Ça nous laisse un peu de temps pour manger. Malheureusement, le concept de boulangerie manque un peu en Slovaquie. Nous parcourons en voiture tout le centre ville mais il n'y a que des cafés et restaurants, rien pour simplement acheter un sandwich. Rien sauf un petit Kebab où j'arrive à acheter 4 sandwichs corrects sans vraiment comprendre ce que je demande. De retour au musée, on grignote un peu pour ne pas avoir faim pendant la visite puis on range nos sandwichs entamés dans le sac à dos quand notre jeune guide arrive.
Nous avons en fait le droit à une visite guidée de la mine juste pour nous 4. La première chose que nous dit le guide, c'est qu'on va aller dans la "salle des lanternes" pour prendre notre équipement avec des casques et des lampes. Ça y est, les enfants sont conquis. Nous choisissons donc de beaux casques jaunes, de grands imperméables et les enfants ont chacun une lanterne autour du cou.
Ainsi habillés, nous nous dirigeons vers l'entrée de la mine. Elle existe depuis très longtemps et a servi à exploiter or, argent, zink et cuivre. Elle est fermée depuis une centaine d'années. Les minerais de surface ont commencé à être grattés dès l'antiquité avec simplement de grands trous. Puis le guide nous explique à travers des gravures l'évolution des techniques d'extraction au fur et à mesure des siècles où la mine est devenue de plus en plus profonde, jusqu'à avoir 14 étages souterrains. Nous ne visitons que les deux étages supérieurs, avançant prudemment le long des anciens rails et pouvant admirer les différentes machines. Nous voyons l'ancien ascenseur, le shaft, descendons un escalier en métal et avançons dans d'etroits couloirs. Le guide nous donne toutes les explications en anglais en faisant des pauses pour qu'on puisse traduire aux enfants très intéressés. Au milieu de la visite, l'enfant est pris d'une envie pressante ! Sur les conseils du guide, nous le faisons passer par dessus une barrière et lui demandons d'avancer un peu plus loin et de faire pipi dans une flaque d'eau. Il n'est pas très rassuré et a peur de rester coincé mais tout se finit bien.
Après la visite, nous terminons nos sandwichs à l'aire de jeux où les enfants se prennent pour des chercheurs d'or. Plus tard, nous nous promenons à nouveau dans Banská Stiavnika pour prendre un goûter. On avait pensé retourner se baigner dans les petits lacs mais il est un peu tard et on abandonne l'idée. On rentre simplement chez nous où on dîne sur notre terrasse. Demain, nous quittons ce petit coin perdu, le voyage touche à sa fin.
Région Banská 1
Nous quittons notre hôtel des Tatras le mardi matin mais continuons longtemps de rouler à travers de magnifiques montagnes. Puis nous voilà arrivés à Banská Bystrica juste au sud du massif. Nous avons perdu de l'altitude et je suis écrasée par la chaleur dès que je sors de la voiture.
Alors que nous marchons tranquillement vers le centre, nous traversons un grand parc et nous trouvons face à un immense bâtiment en béton avec une architecture massive de type soviétique assez intriguante. Il est formé de deux parties distinctes, comme une coque de navire coupée en deux et se dresse en haut d'un imposant escalier. On s'approche. C'est un musée. Entre les deux parties : une grande sculpture en bronze qui semble exprimer la douleur, une petite flamme et des plaques commémorative du "Soulèvement National Slovaque". Je n'ai aucune idée de ce dont il s'agit.
Nous n'avions pas l'intention de visiter le musée mais voilà que l'on découvre derrière le bâtiment un véritable avion de la seconde guerre mondiale. Évidemment, les enfants sont fascinés. Cependant, pour visiter l'intérieur de l'avion, il faut les billets du musée. Alors bon, on a le temps, il fait trop chaud et le musée est frais et je viens de lire plusieurs commentaires très positifs sur internet. Nous voilà donc à visiter le musée du "Soulèvement National Slovaque".
Déjà, je comprends que ce soulèvement a eu lieu en 1944 et qu'il a donc rapport avec la seconde guerre mondiale. Par ailleurs, la ville centrale du soulèvement est celle où nous sommes, Banska Bystrica, ce qui explique la présence du musée et peut-être plus généralement de tous les militaires qu'on a croisé car on va bientôt fêter les 80 ans de ce fameux SNP. Le musée est plus généralement sur la seconde guerre mondiale et expose tout un tas de reliques d'époque : uniformes, armes, matériel en tout genre ce qui enchante absolument les deux enfants. Il y a aussi une émouvante vidéo où des gentils paysans slovaques se font malmenés par des militaires (slovaques eux aussi) et vont ensuite se battre avec les rebelles.
Pendant que les garçons s'extasient sur les bottes, les jumelles et les pistolets, j'essaie de comprendre un peu en lisant les différentes explications. Comme je n'ai absolument aucune idée de ce qui s'est passé en Slovaquie pendant la guerre, je pars de très loin et je mets un peu de temps à tout remettre dans l'ordre. Déjà, je finis par comprendre que la Slovaquie était dirigée par un fasciste et était alliée de l'Allemagne nazie. Cependant, il y avait bien sûr des dissidents anti fascistes en Slovaquie. Or en 1944, la Wehrmacht a décidé d'entrer sur le territoire slovaque. Ça a poussé les insurgés à se rebeller en août 1944 et c'est ça qu'on appelle le "Soulèvement national slovaque" ou SNP, réprimé dans le sang par les nazis et le régime fasciste. On comprend que c'est un événement majeur dans l'histoire du pays. C'est ce qui permet à la Slovaquie de se placer du bon côté de l'histoire et pas juste comme un pays allié nazi, qui a en particulier déporté de très nombreux juifs et tziganes vers les camps de la mort (ce que le musée rappelle).
Quand nous sortons du musée, il commence à se faire faim. Il y a un petit restaurant jute à côté avec des jeux pour enfants devant. On s'y installe. Nous avons quitté la zone touristique des stations de ski et ici c'est moins cher, plus original et meilleur. L'enfant a commandé les gnocchis du menu enfant sauf qu'en fait c'est un plat sucré ! Il mange les fruits mais n'apprécie pas tellement le reste qui fait finalement le dessert du filleul. De toutes façons, on avait aussi commandé des frites ce qui est la base de l'alimentation de l'enfant tout cet été. Nous, nous avons des soupes et de très bon plats locaux.
Vient enfin je moment d'aller voir l'avion qui a motivé notre visite pour le grand bonheur des enfants. Dans la partie extérieure du musée, il y a aussi toute une collection de vrais tanks très impressionnants. Puis enfin, nous laissons derrière nous tout cet univers guerrier pour rejoindre le vieux centre avec ses façades colorées et ses clochers boules. Sur la place centrale, nous trouvons un petit train et comme j'ai déjà refusé deux fois des petits trains aux enfants (au Prater puis dans l'hôtel des Tatras), je propose d'y aller. C'est une bonne occasion : ils sont évidement ravis et au final, c'est une bonne façon de faire le tour de la ville. La balade dure 30 minutes avec plein d'explications en slovaque que Seb essaie de traduire avec son téléphone (avec plus ou moins de succès). Je dois dire que j'ai des doutes quand il me parle de la spécialité en robotique de la ville (à cause de la maison des travailleurs qui se dit "Robotnícky dom" en slovaque).
Avant de quitter la ville, nous faisons quelques courses et en particulier des fruits et légumes sur un petit marché. Nous avons comme ça tout ce qu'il faut pour notre repas du soir. Il faut dire qu'on va un peu au milieu de nulle part. J'ai choisi notre prochain arrêt un peu au hasard, cherchant simplement à être globalement dans cette région et à la campagne. Nous sommes à côté d'un village appelé "Nová Baňa" à environ 1h au sud de Banská Bystrica. Mais depuis le village, il faut rouler encore bien 10 minutes sur de petites routes qui serpentent dans la forêt avant d'atteindre notre hameau. D'ailleurs, on a du mal à trouver car le GPS nous indique n'importe quoi.
On finit enfin par arriver. On est accueilli par une dame et un voisin pour faire la traduction car la dame ne parle pas anglais. C'est une petite maison très simple avec un joli jardin et une terrasse ombragée. C'est visiblement une maison de vacances encore utilisée par ses propriétaires car il y a quelques provisions et globalement tout un tas de trucs utiles qui montrent que c'est habité. Les enfants sont dans la chambre et nous sur le canapé lit. Le soir, on prend nos salades très agréables par cette chaleur avec du pain et du fromage. On est installés sur la terrasse jusqu'à ce qu'il fasse nuit et qu'on rentre.
Le lendemain matin, Seb est parti courir et moi je m'installe de nouveau sur la terrasse pour le petit déjeuner. J'ai mis du temps à tout préparer mais à peine est on assis que nous voilà attaqués par les guêpes. Les enfants affolés finissent par rentrer à l'intérieur. Moi, plus tranquille, je reste à boire mon thé dans la douceur matinale accompagnée des guêpes.
Quand Seb revient, on commence à se préparer pour la journée. Notre premier arrêt est à l'office du tourisme de Nová Baňa mais je ne pense pas qu'ils aient jamais vus de touristes français et ne sont d'ailleurs pas très habitués même à parler anglais. On glane cependant quelques informations et j'attrape plusieurs prospectus.
Aujourd'hui, on se rend à Banská Stiavnika, ville un peu plus grande à environ 1/2 heure de Nová Baňa. J'ai vu qu'on pouvait y visiter des châteaux. Le centre ville est encaissé entre deux grosses collines avec un château sur chacune d'elle, le "vieux château" et le "nouveau château". On se gare sur le grand parking du "Nouveau château" puis on descend à pied vers le centre.
Après avoir déjeuné, nous grimpons sur la deuxième colline pour visiter le "vieux château". C'est une vieille église romane fortifiée au 14ème siècle. La visite est très agréable car on peut faire le tour des fortifications et grimper dans les différentes tours. Dans un sous-sol, on voit même d'anciennes cellules qui ont servi encore jusqu'au 20ème siècle avec les contentions en fer pour les prisonniers.
Après ça, on redescend vers le centre puis on remonte (tout ça dans la chaleur écrasante de l'après-midi) pour visiter le "nouveau château", sorte de grande maison de type renaissance datant du 16ème siècle. À l'intérieur, il y a un musée sur les guerres contre les turques qui ont marqué la région aux 16ème et 17ème siècles. Du haut du château, on a aussi une belle vue sur le vieux château et le centre historique.
Maintenant que nous avons fait le plein de châteaux, nous reprenons la voiture et nous dirigeons vers de petits lacs que nous avons repérés à la sortie de la ville. Ce sont des lacs artificiels créés lors de l'exploitation des mines de la région. Les voitures sont garées de façon un peu chaotique et tout un tas de gens sont installés sur les rives et se baignent. Après s'être garé là où on pouvait, on rejoint à pied une petite plage avec de l'herbe que nous avons repérée. Le filleul est ravi car on y loue des pédalos et il part faire un tour avec Seb. L'enfant se baigne prudemment tandis que je m'éloigne un peu pour nager. Plus tard, le filleul revient et s'amuse à sauter dans l'eau depuis un petit ponton. L'enfant l'encourage avec enthousiasme tout en se refusant évidemment à sauter lui-même. Alors que l'après-midi se termine, nous rentrons dans notre petite maison manger nos salades-tomates-concombre-fromage.