Budapest 2 : Bains Palatinus

Budapest est connue pour ses établissements de bains, les deux plus célèbres qui allient tradition hongroise et magnifique architecture sont les bains Gellert et Szechenyi. Mais cependant, la plupart de ces lieux sont interdits aux enfants. Dans les bains Széchenyi, ils peuvent y aller après 7 ans mais la plupart des bassins sont interdits au moins de 14 ans. Heureusement, il existe les bains Palatinus faits pour les familles et offrant un vrai complexe aquatique avec, aussi, les bains thermaux traditionnels.

Pour ce dernier jour, c'est là que nous allons. Seb décide d'y aller en courant depuis notre appartement. Je finis donc de préparer les affaires, m'assurant d'avoir tout ce qu'il faut pour la journée et part avec mon gros sac à dos et les 2 garçons. Nous allons à pied jusqu'à la gare Nyugati d'où part le bus 26 qui rejoint l'île Marguerite où se trouvent les bains. Nous ne sommes pas les seuls. Toute une troupe de gens pleine d'enfants de tous âges, de parents qui crient, de sacs et d'affaires en tout genre remplit le bus dès le départ. On se sert un peu, les garçons s'assoient sur une marche. Le bus rejoint le Danube, traverse le pont puis remonte l'île qui ressemble à un grand parc jusqu'à l'entrée des bains. Là, tout le monde descend (nous aussi) et le bus continue sa route vers le nord quasiment vide.

Le temps de comprendre le système des tickets puis de se changer, de trouver un casier et d'organiser nos affaires et nous voilà dans les bains. Quel paradis ! Nous sommes dans un grand parc avec de l'herbe, des arbres, des bancs, des chaises longues et surtout une succession de magnifiques piscines pleines de fontaines et jets d'eau. Nous commençons par la piscine à vague (les vagues ne fonctionnent que par petites périodes et viennent justement d'être annoncées). L'enfant, qui est un peureux de la piscine, hésite un peu à entrer mais finit par beaucoup apprécier. Nous allons ensuite dans ce qui restera notre bassin préféré : celui de la fontaine à la chaude tiédeur (l'enfant a pied tout le temps, c'est ce qui lui plaît). Puis nous dépassons la pataugeoire avec son bateau pirate et le grand bassin des gens sérieux qui nagent avec un bonnet pour aller dans le long bassin "aventure" plein de bulles, de courants et de jets d'eau. L'enfant ne me laisse pas vraiment aller dans le courant car, même porté et avec son gilet flottant, il panique complètement. Mais on peut rester longtemps sous les jets d'eau qui forment des arcs au dessus de nos têtes.

Il se fait faim. Nous nous installons sous les grands parasols pour manger des hots dogs et des langos (les pizzas hongroises). Bien qu'il y ait des touristes (on entend un peu de français et beaucoup d'anglais et d'allemand), les bains Palatinus semblent un lieu populaire hongrois pour les familles. C'est agréable d'en profiter tout en sachant qu'il fait pleinement partie de la culture de la ville et de ses habitants. Les enfants jouent sur l'aire de jeux tandis que Seb et moi dégustons en dessert des "gâteaux cheminée". Puis je m'éclipse pour aller explorer les piscines intérieures.

Il y a un grand bain chaud plein de lumières rouges et vertes. En théorie, il est interdit aux enfants mais en pratique, il y en a quand même. Surtout, il y a plusieurs saunas et hammams. Je teste le sauna classique puis je prends une douche froide et rentre dans le bain à 16 degrés. Je me frotte ensuite de glaçons (oui oui, il y a un distributeur de glaçons) et rentre dans le délicieux bain à 40 degrés. Après une autre douche froide, je vais ensuite au hammam et juge ensuite que j'ai assez exploré.

Je rejoins la famille et nous retournons à la piscine à vague. Puis Seb va aux toboggans aquatiques avec le filleul. Ils arrivent à se glisser une première fois et à faire un toboggan. Mais le filleul est à quelques centimètres de la taille réglementaire et ils se font recaler au 2ème essai. Tandis que Seb garde les enfants, je teste à mon tour les toboggans. Je fais d'abord le bleu, le "facile" qu'ont fait Seb et le filleul. Ça ne va pas très vite mais ça reste amusant. Puis je tente le orange. C'est un long tuyau. Au début, je suis carrément bloquée et dois me pousser comme une grosse baleine. Puis d'un seul coup, je prends de la vitesse et dévale le bidule comme une torpille. J'arrive en bas sans rien comprendre et suis propulsée dans le bassin tel un boulet de canon. Je sors de là un peu chamboulée et me dis que c'est sans doute mieux que le filleul n'ait pas fait celui là. Puis je fais le gros tuyau violet où l'on est sur une bouée (de nouveau un niveau "facile") avant de tenter pour la bravade le jaune qui ressemble plus ou moins à un saut à la verticale. Il m'impressionne au final moins que le orange : au moins on sait à quoi s'attendre et une fois qu'on a convaincu son cerveau de se lancer contre tout instinct de survie, tout va très vite et on est en bas en train de réajuster son maillot de bain.

Je rejoins les enfants à la fontaine et Seb va, à son tour tester les toboggans. Puis je convaincs tout le monde d'aller dans les bains thermaux extérieurs tout au bout de la piscine. Là, c'est le bonheur du bain chaud et la relaxation. L'enfant est un peu contrarié car il n'a pied que sur les bancs (et refuse toujours absolument de s'aventurer plus loin même avec son gilet flottant). Finalement, lui et le filleul s'installent à une table d'échecs dans l'eau. Ils n'ont pas de pièces mais inventent des règles "avec les doigts". Seb et moi nous reposons un peu plus loin.

L'après-midi est maintenant bien avancée et j'essaie de faire accepter l'idée de quitter la piscine. Les enfants ne sont pas très pour, ils veulent absolument rester dans l'eau car sinon ils ont froid (évidemment, on ne va pas très loin avec ce raisonnement). Finalement, je vais à la piscine à vague une dernière fois avec l'enfant. Le filleul teste le grand bassin avec Seb puis ils vont tous les deux visiter la piscine intérieure pendant que l'enfant fait une dernière trempette dans la fontaine. La piscine à vague a maintenant été privatisée pour... Des cours de surf. Les occasions de surf en Hongrie doivent être un peu rares en effet.

Enfin, nous prenons le chemin des vestiaires. Il est 19h, nous sommes ici depuis 11h du matin. Une fois sortis, nous nous promenons un peu sur l'île Marguerite. Il y a un mini zoo. Il est fermé à cette heure-ci mais on peut voir les animaux (lapins, oiseaux, biches...) depuis l'extérieur. Puis nous descendons vers le sud le long du Danube. Nous croisons quelques bars et restaurants en plein air. Le filleul se fait d'un seul coup happé par un écran géant diffusant les Jeux Olympiques. C'est une sorte de guinguettes avec boissons et nourriture à emporter. On prend alors notre repas du soir en écoutant les commentaires en hongrois sur la défaite des handballeuses contre la France puis en regardant l'athlétisme. Le soleil se couche alors que nous marchons jusqu'aux "fontaines musicales". De grands haut parleurs diffusent de la musique, très variée, les chansons pop rock succèdent à du Mozart, et les fontaines lancent leurs jets d'eau en rythme avec de très beaux éclairages rouges, bleus, verts etc. C'est bien fichu et très joli. Les enfants profitent du spectacle en mangeant une glace.

Cette fois, on va vraiment rentrer mais Seb décide de faire comme à l'aller et d'aller d'abord courir un peu sur l'île. Peu après, nous bougeons nous aussi. Comme nous sommes à l'entrée du parc, plutôt que de prendre je bus 26 sur l'île, je vois qu'il est plus rapide de traverser le pont à pied pour prendre un autre bus qui nous déposera juste devant chez nous. L'enfant n'apprécie pas vraiment l'idée car ce n'est pas la même chose qu'à l'aller et qu'en plus, il faut marcher maintenant. Il me fait promettre que "ce n'est pas loin" et que l'arrêt de bus est bien "juste" après le pont. Mais même dans son humeur maussade, il reconnaît que la vue du Danube de nuit avec le parlement et le palais éclairés est vraiment splendide. De l'autre côté du pont, on retrouve Seb qui court. Le filleul décide de rentrer à pied avec lui tandis que je prends le bus avec l'enfant épuisé. Il n'est pas le seul, ce soir le sommeil est rapide.

Jeudi matin, c'est de nouveau le branle-bas de combat. Il faut ranger toutes les affaires, refaire les valises, récupérer toutes les chaussettes, les brosses à dent, le thé, les paquets de céréales et doudou Licorne. Nous quittons Budapest ce matin pour la Slovaquie.

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Budapest 1 : Buda et Pest

Le trajet vers Budapest se passe sans encombre : 3h de train, ce n'est rien à côté des 18h passées dans le Paris-Vienne. Nous arrivons en début d'après-midi, sans avoir encore mangé mais il n'y a rien à la gare donc nous nous engouffrons directement dans l'impressionnant métro de la ville avec ses escalators géants. Nous trouvons facilement notre location juste en face de la station Arany. C'est un agréable 2 pièces donnant sur une cour très calme. On a plus de place qu'à l'auberge autrichienne que j'appréciais cependant beaucoup : les enfants avaient appris à faire les codes des portes et se déplaçaient de façon autonome de la chambre à la salle de bain et même jusqu'à la salle commune au rez-de-chaussée.

Nous ne restons pas longtemps car nous avons faim. L'enfant me signale qu'il y a "tout ce qu'il faut pour faire à manger : un four, un frigo !". Il a simplement oublié l'élément le plus important et dont nous manquons : la nourriture. Nous mangeons dans le restaurant au pied de l'immeuble, sorte de fast food hongrois, qui sert un plat à mi chemin entre la pizza et la flamekuche. La pâte ronde est celle d'un beignet et par dessus il y a de la crème et du fromage avec quelques autres ingrédients. C'est plutôt bon et nourrissant.

Une fois restaurés, nous commençons notre exploration de la ville. Je retrouve avec plaisir les larges rues de Pest avec leurs immenses bâtisses aux façades sculptées pleines d'imposantes colonnades. Même si j'y suis retourné depuis, Budapest sera pour moi toujours liée à notre épique voyage de 2005, il y a presque 20 ans, premier récit rocambolesque posté sur ce blog. En 20 ans, je ne saurais pas dire exactement ce qui a changé mais la ville m'apparaît différente : plus moderne sûrement, plus touristique, plus internationale. Mais elle a toujours son caractère légèrement chaotique par rapport à Vienne la bien rangée et surtout sa fougue majestueuse.

Nous nous arrêtons un moment dans un parc où les enfants jouent puis marchons jusqu'au Danube et au pont Széchenyi. Avec le voyage depuis Vienne, l'enfant commence à montrer des signes de fatigue. Il est plus buté que d'habitude et réclame à grand cri une balade en bateau aujourd'hui même, ce qui n'est pas au programme vu que l'après-midi est déjà bien avancée. Je trouve cependant une diversion. "Regardez !" Dis-je, "Nous allons prendre le funiculaire !". Devant nous, se dessine en effet la petite ligne qui monte à travers Buda vers le Palais Royal. La curiosité de l'enfant est éveillée et le filleul est lui aussi enthousiaste.

Le funiculaire date de 1870, un des premiers d'Europe. Il a été détruit pendant la deuxième guerre mondiale et remis en service à l'identique seulement en 1987. Il a toujours tout son charme pittoresque et nous fait grimper la colline de Buda dans de jolies petites cabines en bois d'où se dévoile peu à peu la vue sur la ville.

Arrivés en haut, nous admirons le magnifique panorama. Le Danube coule à nos pied. Sur l'autre rive, l'imposant Parlement devenu le symbole de la ville se dresse dans toute sa splendeur. Nous nous promenons lentement autour du palais. Toutes les une ou deux minutes, dès que son attention n'est plus attirée par autre chose (statue, fontaines, etc), l'enfant réclame de reprendre le petit train. Il n'en peut plus de marcher, d'ailleurs il a mal aux pieds et faut-il vraiment encore marcher jusqu'à là bas ? Pourquoi ? Est-ce qu'on n'avait pas dit qu'on allait reprendre le petit train ? Et quand est-ce qu'on retourne au train ? Parce que vraiment, il en marre de marcher et quels cruels parents nous sommes de le faire ainsi marcher pour toujours.

Seb aurait voulu explorer plus longtemps Buda et marcher jusqu'au bastion des pêcheurs. Mais il faut s'adapter à la réalité matérielle d'un enfant de 5 ans et après avoir été jusqu'au bout du palais pour admirer la citadelle, nous revenons et retournons au petit train tant attendu. Surtout que pour la descente, nous nous plaçons en tête de la cabine et pouvons ainsi pleinement admirer le spectacle. Une fois en bas, l'enfant décrète qu'il ne marchera plus. Je décide de rentrer avec lui en bus tandis que Seb et le filleul préfèrent marcher. Ils passent faire des courses au passage. Ce soir, ce sera soirée tranquille à l'appartement avec un repas de haute gastronomie spaghettis sauce tomate.

Le lendemain matin, je passe une matinée à paresser avec l'enfant tandis que Seb sort courir. Le filleul a souhaité l'accompagner, donc en vrai, ils ne courent pas beaucoup mais se promènent longtemps en ville. À leur retour, on profite de la buanderie pour mettre des lessives et on sort manger des sortes de pains garnis hongrois dans le parc. Puis vers 14h, on se met route pour être à l'heure à la sortie en bateau que j'ai réservée.

Le départ est au niveau du pont Erzsébet. On traverse tout un coin du centre ville de Pest très animé, plein de rues piétonnes, de boutiques et de restaurants : la ville dans toute son effervescence. Tout le long Danube, des dizaines et dizaines de bateaux proposent des balades. J'ai réservé par internet hier avec comme critère : un truc qui dure à peu près 1h (car si c'est trop long, les enfants s'impatientent) et qui soit disponible dans l'après-midi. Les "croisières sur le Danube" semblent très prisées le soir avec des options du type "Prosecco à volonté" ou "spécial Bachelor Party". Celle qu'on a est plus familiale mais il y a tout de même un bar qui propose plein de cocktails avec cependant systématiquement une version sans alcool. D'ailleurs nous prenons tous des (virgin) Mojito sauf l'enfant dont le regard a été irrémédiablement attiré par les couleurs chatoyantes du "Sex on the beach".

Nous sirotons nos boissons alors que nous dépassons à droite le Parlement. Le bateau monte jusqu'à l'île Marguerite puis redescend vers le sud, nous offrant de splendides vues de Buda, du palais puis de la citadelle. Il continue vers des zones plus modernes de la ville avant de revenir au point de départ.

Il est 16h quand nous sortons du bateau. Notre plan est de prendre le tramway jusqu'au parlement puis d'aller dans un parc avec les enfants jusqu'à 18h où nous avons rendez-vous avec un ami. Cependant le temps s'est couvert et peu de temps après être sortis du tramway, il se met à pleuvoir. Nous voilà à courir sous la pluie jusqu'au métro pour finalement rentrer à l'appartement. Là on peut se sécher un peu et se reposer avant de ressortir (avec nos vestes cette fois).

J'ai découvert par hasard qu'un collègue que je n'avais pas vu depuis plusieurs années était lui aussi à Budapest en ce moment. C'est lui que nous retrouvons ce soir, sur la rue du 6 octobre, devant la statue du "policier au gros ventre" qui plaît beaucoup aux enfants. C'est une rue piétonne pleine de restaurants. On choisit un endroit typiquement hongrois où l'on mange des plats plein de sauces et de crème et des succulents desserts. Enfin, nous rentrons chez nous et finissons la soirée en jeux de société et lectures à la maison.

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Vienne

Notre voyage commence le 1er août en fin d'après-midi quand nous quittons notre appartement parisien avec deux enfants de 5 et 7 ans, trois petites valises, deux gros sacs à dos et trois petits sacs à dos, direction la Gare de l'Est. Le train de nuit n'existait pas lorsque je vivais à Vienne il y a 10 ans. Je l' ai découvert ces deux dernières années lors de quelques voyages professionnels comme une alternative bienvenue à l'avion. Et c'est là que je me suis imaginée avec ma petite famille dans ces cabines un peu désuètes et que je me suis dit "Pourquoi pas ?"

En arrivant sur le quai, nous pensons cependant que notre voyage est compromis. Un groupe discute avec la contrôleuse devant le wagon : "oui je sais que vous avez des billets mais les cabines sont cassées, je ne peux pas vous faire monter". Je montre notre billet "Je suis désolée, vous ne pouvez pas monter non plus". La seule solution semble d'aller "se renseigner" pour prendre le TGV vers Strasbourg puis de se débrouiller, sachant qu'il n'y a évidemment aucun autre train qui fera ce voyage de nuit. Je commence à m'énerver avec les autres puis, alors que Seb est déjà parti aux informations, je pense à montrer notre deuxième billet car nous avons réservé deux cabines. "Ah celui là, c'est bon dit elle". Tant pis alors, on va se serrer. Je commence à faire monter tous les bagages avec les enfants en scrutant le retour de Seb à qui j'ai envoyé un message. Le train doit partir d'ici quelques minutes. Le voilà, nous sommes là tous les quatre et nous partons bien dans le train prévu avec une pensée pour les naufragés sur le quai.

J'ai réservé deux cabines de 2 personnes. Finalement, nous arrivons dans une cabine où il y a 3 places. On entasse les bagages comme on peut et on s'installe. Je me dis "on mettra les 2 enfants sur une couchette et ça ira". Mais en explorant le wagon, je vois très clairement les cabines "cassées" dont les portes sont condamnées mais je vois aussi que notre deuxième cabine n'en fait pas partie : la contrôleuse s'est trompée.

Tout va bien alors... Sauf que le train ne part pas ! Ça fait bien 40 minutes qu'il aurait dû démarrer et nous sommes toujours en gare. Enfin une annonce : il y a un problème de caténaire, c'est à cause des orages, on va partir en retard. À chaque annonce, le retard est plus important. On parle maintenant de 22 ou 23h, soit 3 ou 4h de retard. Ce voyage commence décidément avec beaucoup de péripéties. Prenant notre mal en patience, nous mangeons tranquillement nos sandwichs.

Il est maintenant 22h et on se dit qu'on va installer les lits avant le départ du train. Une dame s'est installée dans notre seconde cabine. Je ne comprends pas très bien si c'est dû aux cabines cassées mais elle a fait ça pour arranger une famille dans sa cabine d'origine. Pas de problème, on est arrangeant. Comme il y a trois places les trois garçons peuvent dormir dans notre cabine principale et moi j'irai avec la dame.

Le contrôleur s'occupe de replier les sièges et d'installer les couchettes. Les enfants sont surexcités. Nous on s'agite pour que tout le monde se prépare pour le coucher : dents, pyjama, toilettes etc. Finalement l'enfant s'installe sur la cabine du bas, Seb sur celle du milieu et le filleul sur celle du haut. Au milieu de ce bazar, le train démarre enfin ! Cela rajoute encore à l'excitation de l'enfant mais on est tous heureux et soulagés. Je dis bonne nuit à tout le monde et rejoins ma tranquille cabine avec ma voisine, laissant Seb se débrouiller. Le lit est confortable, j'ai de l'espace sur mon perchoir et tout est calme : je peux m'endormir bercée par le vrombissement régulier du train.

Le lendemain matin, je suis réveillée un peu après 8h par une annonce : nous arrivons à Munich. Nous sommes très en retard car normalement, l'arrêt Munich est au milieu de la nuit. Un peu après, je retrouve le compagnon et l'enfant. Le filleul dort toujours sur la couchette du haut mais on peut tout de même installer de nouveau les sièges et commencer à prendre le petit déjeuner. La matinée passe doucement tandis que dehors défilent les jolis paysages autrichiens. Le filleul se réveille. On joue à des jeux, on discute, on se balade dans le wagon. Il y a une famille un peu plus loin avec deux petites filles un peu plus jeunes que les garçons et avec qui nous discutons. Plus tard ils loupent leur arrêt à Linz à cause d'une porte bloquée.

Un peu avant 13h, nous arrivons enfin. Le train aurait dû aller jusqu'à Wien Hauptbahnhof, la gare principale. Mais pour une raison qui m'échappe, il s'arrête à Wien Meildling, qui est l'arrêt d'avant : une gare plus petite un peu en dehors de la ville. J'avais reçu un mail absolument pas clair à ce sujet donc ça ne m'étonne qu'à moitié. Mais beaucoup de français n'ont pas eu l'information et se retrouvent perdus dans cette gare inconnue. Nous voilà à courir entre les quais avec tous nos bagages pour trouver le prochain train qui peut nous emmener à bon port. Malgré les informations peu adéquates de la contrôleuse, on trouve un train et quelques minutes plus tard nous voilà enfin arrivés.

L'auberge que j'ai réservée est juste à côté de la gare. Il est trop tôt pour prendre notre chambre mais on peut enfin déposer nos bagages avant de s'écraser dans un café pour déjeuner. Les enfants ont l'air en forme et contents. Moi je suis assez fatiguée. Je sirote mon thé assise sur la terrasse tandis que l'enfant va voir toutes les tables en disant "Hallo !", seul mot d'allemand qu'il vient d'apprendre. Le repas se termine par des glaces (dont une boule au Mozart Kugeln) et c'est enfin l'heure de récupérer notre chambre.

Nous avons une chambre privée pour 4 dans une auberge de jeunesse. Nos lits sont des sortes de box indépendants superposés. C'est plutôt confortable et pratique. On se repose quelques minutes avant d'aller se balader en ville.

Nous prenons le métro jusqu'à Stephansplatz et visitons la magnifique cathédrale. Nous payons même pour monter en haut d'une tour où l'on voit le joli toit coloré et surtout une très belle vue sur la ville. Puis nous marchons tranquillement à travers la vieille ville vers le palais royal. Je retrouve Vienne avec plaisir et suis heureuse de faire découvrir la ville aux enfants. En sortant du vieux centre, nous prenons à droite vers les Volksgarten pour rejoindre le Rathaus.

La grande Rathausplatz reflète bien l'esprit très festif de cette ville : il s'y passe toujours quelque chose. En été, c'est le Film Festival qui projette des concerts, opéras et ballets sur un écran géant car ici la culture est toujours présente, pas comme un loisir élitiste mais comme une partie intégrante de la ville vivante et populaire. Ce n'est pas encore l'heure du programme principal sur le grand écran mais le programme pour enfant est projeté un peu plus loin. Installés dans l'herbe, nous regardons un ballet comique mettant en scène "Max und Moritz" deux personnages clownesques de la culture allemande. Les enfants apprécient. La musique et la danse les entraînent parfois à se poursuivre et se rouler dans l'herbe pendant un temps avant de revenir regarder le ballet.

Quand le film se termine, il est l'heure de dîner. La place est pleine de monde qui, installés sur des centaines de table, sirotent des prosecco et des bières en grignotant un morceau. Il y a au moins une dizaine de restaurants temporaires qui servent des plats à emporter. Nous mangeons des saucisses en buvant des bubble thés dans le soleil du soir. Puis je propose de rejoindre notre métro à Karlplatz par le tram. Ainsi nous pouvons longer le Ring en extérieur pour mon grand plaisir et admirer le Staatsoper avant de rentrer. Il faudra encore un peu de temps pour endormir les enfants tout exités après cette belle première journée.

La matinée du deuxième jour commence très tranquillement. On prend le petit déjeuner dans le hall de l'auberge sans se presser pendant que Seb va courir au jardin du Belvédère. Il est un peu plus de 11h quand nous prenons le métro pour rejoindre la station Praterstern. Là, nous passons un long moment dans une jolie aire de jeux avec une tyrolienne qui fait le bonheur des garçons. Puis nous nous dirigeons vers le programme principal de la journée : le Prater.

Cette fête foraine permanente illustre bien l'esprit festif et légèrement insouciant de la ville. Nous nous laissons facilement aller aux joies enfantines des attractions. Nous commençons par l'historique grande roue pour de nouveau admirer la ville vue d'en haut puis parcourons le parc en faisant tout ce qui nous fait envie : grand splash, bouées géantes, autos tamponneuses, chaises volantes, train fantôme et bornes d'arcade pour les enfants. Alors que la fin d'après-midi approche, nous commençons à être fatigués du bruit et de l'agitation du parc. Je propose de reprendre le métro jusqu'à Donauinsel. Nous longeons l'île vers le sud. Les viennois sont installés entre les bosquets au bord du fleuve sur des serviettes et se baignent dans le Danube avec parfois même des petits pontons aménagés. Nous avons pris des maillots et j'ai repéré une plage un peu plus loin qui sera plus pratique pour les enfants. Elle est sur l'autre rive : un petit renfoncement où du sable a été installé ce qui permet d'entrer dans l'eau et de barboter en ayant pied. L'enfant est aux anges. Le filleul ne se baigne pas mais joue dans je sable. Moi je nage plus loin sur le fleuve avec délice. C'est ce qu'on appelle le Neudonau. Le Danube coule des deux côté de l'île. Le bras Ouest est plus large, il y a un fort courant et c'est là que circulent les bateaux. Le bras Est, où nous sommes, est un lieu connu de baignade. L'autre possibilité est de rejoindre le Altedonau, un bras mort du Danube qui forme comme un lac.

Le soleil se couche et nous marchons tranquillement vers le métro. Nous arrivons dans un coin assez animé où bars et restaurants s'étalent le long des berges. Il y a même des trampolines sur le fleuve et les enfants ont visiblement encore l'énergie de sauter. Nous dînons dans un restaurant grec avant de reprendre le chemin de l'auberge. L'enfant s'endort presque dans le métro : la journée a été longue.

C'était notre dernier jour. Le lendemain matin, nous rangeons toutes nos affaires et reprenons nos bagages : en route pour Budapest.

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