Tatras 2
Deuxième matin dans les Tatras. Cette fois, nous prenons le petit déjeuner dehors, sur une table de pique-nique devant notre chambre. Ce serait parfait si les guêpes ne venaient pas nous embêter. On se prépare doucement ce matin là. Seb va courir, le filleul dort tard puis joue au foot. Puis nous commençons à nous organiser pour la journée. Aujourd'hui, on va faire une randonnée !
On s'assure de prendre tout ce dont nous avons besoin puis nous passons encore faire quelques courses pour le pique-nique avant de prendre la route. Nous logeons dans le "bas Tatras" et allons aujourd'hui dans le "haut Tatras". La balade a été choisie sur les conseils de la dame de l'hôtel. On a trouvé ensuite sa description précise sur le Web et on l'a repérée sur Open Street Map, l'appli que Seb utilise souvent. Il faut trouver le bon équilibre entre difficulté, paysages, dénivelés qui puissent à la fois nous satisfaire et ne pas dépasser les capacités de l'enfant.
Nous pensions nous arrêter au milieu de nulle part, au bord d'une route et sommes donc surpris d'arriver dans un immense complexe de ski avec surtout beaucoup de monde. La station semble active même en été avec une sorte de grand marché de babioles, des mini attractions diverses et plusieurs parkings payants et cependant pleins. Un jeune homme gère les voitures. Il nous dirige vers une place où nous garer tout en nous indiquant le prix à la journée.
Comme il est déjà presque 13h,nous décidons de manger avant de commencer la balade. Nous sommes garés au bord d'une petite rivière et installons là notre pique-nique. On peut ensuite laisser notre glacière à la voiture et préparer des sacs légers où nous transportons principalement de l'eau. Et c'est parti.
On trouve facilement le début du chemin. La balade semble populaire et nous croisons beaucoup de monde et même des français. Au départ, on marche entourés de grandes fleurs mauves, surplombés par les montagnes. Puis nous entrons dans une jolie forêt de sapins. Le chemin monte très tranquillement, à l'ombre dans la fraîcheur de l'altitude, et nous avançons sans difficulté. L'enfant demande de temps en temps quand on arrive, où on en est, si on peut faire une pause, mais il accepte cependant son sort et continue d'avancer. Bientôt, les arbres deviennent plus petits pour n'être plus que des buissons. Nous avons atteint la deuxième partie du trajet dans la hauteur des alpages.
Nous longeons une sorte de col entre plusieurs pics rocheux qui nous toisent, majestueux, des deux côtés du chemin. Souvent nous nous rapprochons de la petite rivière torrent dont nous entendons le bourdonnement. Parfois la vue se dégage et nous la voyons descendre en serpent argenté vers la vallée. Encore un petit effort à grimper dans les cailloux et nous voilà au pied de la petite cascade de Skuk. C'était notre objectif : 2h de marche pour un peu moins de 4km depuis le parking. On s'arrête un moment, prenant de nombreuses photos et plongeant les mains dans l'eau glacée. Puis nous entamons la descente.
C'est tout de même plus facile dans ce sens là. Au début, les enfants courent même devant pris dans leurs jeux et histoires. Au moment d'atteindre la forêt, l'enfant montre des signes de fatigue et commence à ralentir et râler un peu. Seb part finalement devant et je reste en arrière avec les deux garçons, descendant tranquillement à travers la forêt. Pour les encourager sur cette dernière partie, on chante plusieurs chansons, on invente des paroles et on s'amuse un peu. Enfin, nous arrivons et nous installons en terrasse d'un des cafés de la station pour prendre un verre avant de repartir.
Le soir, nous achetons des pizzas au petit comptoir de l'hôtel et profitons un peu du jardin. À 21h, il fait nuit noire. Nous terminons nos pizzas dans notre chambre où nous avons trouvé la cérémonie de clôture des JO sur une chaîne slovaque. Les enfants s'amusent à reconnaître les différents pays mais bientôt l'enfant s'endort profondément. Nous aussi, nous sommes fatigués même si nous regardons la cérémonie presque jusqu'au bout.
Après l'effort, le réconfort. Pour notre dernier jour dans les Tatras, je nous ai réservé une journée dans un parc aquatique. Avant ça, je prends tranquillement mon petit déjeuner dehors avec l'enfant. Je me sens un peu fatiguée et n'ai pas très faim. J'ai même peur d'être un peu malade. Mon instinct m'indique que non, j'ai juste besoin de prendre les choses doucement. J'ai sans doute pris un peu trop de soleil la veille.
Nous nous mettons en route vers 10h30, le parc n'est pas très loin. En fait il y en a 2 à moins d'1/4 d'heure de l'hôtel. J'ai choisi d'aller à Besenova plutôt qu'à Tatralandia. Il m'a eu l'air un peu plus petit et tranquille et la dame de l'hôtel nous a dit qu'il y avait une piscine à vague, ce qui, depuis Budapest, est l'obsession de l'enfant.
Cependant, en arrivant, j'ai plutôt une légère réaction de rejet. Tout me semble très grand, très peuplé, très bruyant et avec mon état de fatigue du jour, j'ai du mal à recevoir toute cette agitation. J'ai une pensée nostalgique pour les bains Palatinus de Budapest qui sont dans mon souvenir la quiétude même par rapport à ce nouvel endroit.
On se baigne dans le premier bassin qui a tout de suite attiré le filleul. C'est un bassin chaud avec plein de bulles et de jets d'eau. Mais l'enfant n'est pas très content. Déjà, il voulait aller à la piscine à vague et, en plus il n'a pas pied et se cantonne donc à l'escalier. On essaie de le convaincre de nager avec son flotteur mais, bien qu'il flotte parfaitement, il se met à hurler comme si sa dernière heure était arrivée dès qu'on le lâche dans l'eau.
On se lance à la recherche de la piscine à vague et on a du mal à la trouver. Finalement, elle est sous une grande tente au bout d'un couloir. Il n'y a pas de vagues en ce moment. L'atmosphère dans cette partie couverte est lourde et encore plus bruyante qu'à l'extérieur. À côté de la piscine à vague, il y a la piscine pour enfants avec plein de petits toboggans et des rideaux d'eau et petits jets. Les deux sont contents d'y aller. L'enfant est heureux car il a bien sûr pied et que les toboggans sont à son échelle et pour le filleul, ça reste attirant et amusant bien qu'il soit plus grand. On reste un moment puis on se met en quête d'un repas.
Il y a un espèce de grand self qui rappelle les restaurants des stations de ski, c'est-à-dire cher et pas très bon. Je suis toujours dans mon état bizarre et je n'ai pas faim. En voyant la nourriture, j'ai encore moins faim. Je voudrais un casse croûte léger mais il n'y a que du fast food ou des grod plats locaux plein de sauce et de crème. Les enfants sont cependant très heureux de leur menu nuggets-frites et moi je grignote quelques bouts de melon dans la salade de fruit.
Pourtant, après le repas, je commence à me sentir un peu mieux. Et le parc me paraît moins effrayant. J'ai enfin compris comment il s'organisait. C'est une sorte d'enfilade de quatre espaces distincts : un extérieur, deux intérieurs reliés par un long couloir puis un autre espace extérieur plus petit. J'ai aussi compris où était affiché l'heure de la prochaine session de vagues. Et justement, il y en a une bientôt. On y va pour le plus grand bonheur de l'enfant.
Ensuite il s'agit de gérer notre après-midi pour satisfaire aux demandes des deux enfants pas toujours concordantes et à nos envies à nous sachant évidemment qu'on ne peut les laisser seuls nulle part. On commence par une attraction avec des bouées qui plaît à tout le monde. Plus tard, je reste un peu avec l'enfant à la petite piscine tandis que Seb va avec le filleul dans les bains thermaux. Puis je convaincs l'enfant de les rejoindre. Ils forment toute une partie du parc. On les reconnaît car l'eau a une couleur maronasse pas très attrayante (mais sans doute mieux que l'eau classique pleine de chlore). On s'installe dans le bar aquatique : c'est-à-dire qu'on prend des boissons DANS la piscine. Je trouve ça assez étrange mais au final c'est amusant.
On fait ensuite plusieurs toboggans. J'arrive une fois à convaincre l'enfant de venir faire la descente avec moi sur un facile mais une fois qu'il a testé l'arrivée avec la tête sous l'eau quelques secondes, il refuse absolument de recommencer. Quand les enfants ne font pas les descentes avec nous, ils nous attendent à l'arrivée ce qui semble leur plaire tout autant. On se baigne dans la rivière à courant : je suis contente de voir que l'enfant fait quelques minuscules progrès et accepte de se faire porter.
Plus tard, il y a de nouveau la piscine à vague, des bassins chauds, des glaces et de la barbapapa, quelques toboggans géants pour Seb et moi et une espèce de grosse bulle gonflable sur laquelle il faut se hisser avec une corde avant de glisser dans l'eau en rebondissant. Le filleul adore ! (Nous aussi) L'enfant n'a pas pied et est assis sur le bord, il pousse des cris de joie dès qu'il nous voit tomber dans l'eau. On termine la journée par un long moment dans les bateaux-pirates-châteaux-gonflables (pour les enfants, nous on se repose dans des chaises longues) avant une dernière séance de piscine à vague. Il est 19h passé quand nous sortons alors que le parc va bientôt fermer.
Sur le retour, nous faisons un petit détour pour admirer le soleil couchant sur le lac Mara. Cet immense lac artificiel est juste à côté de notre hôtel mais nous n'avons même pas eu le temps d'en profiter. Quand nous arrivons chez nous, il fait déjà nuit noire et l'enfant est endormi. Il ne se réveille même pas pour prendre une part de pizza. C'est notre dernière nuit dans les Tatras. Le lendemain, on range toutes nos affaires et on reprend la route.
Tatras 1
Ce vendredi matin à 10h, nous sortons avec toutes nos affaires de l'appartement de Kosice et embarquons tous les quatre dans un taxi pour l'aéroport. Non, nous n'allons pas prendre l'avion ! Mais nous changeons effectivement de moyen de locomotion et quittons les trains pour la voiture de location. L'aéroport est minuscule, nous n'avons aucun mal à trouver notre loueur. Après les formalités d'usage, nous voilà sur les routes slovaques pour la deuxième partie de notre voyage.
Nous traversons de jolis paysages vallonnés et arrivons en milieu de journée dans la petite ville de Poprad. Nous sommes déjà à 680 mètres d'altitude et l'air est agréablement frais. Le centre ville est très mignon. C'est une ville de montagne avec ses chalets et ses boutiques d'équipements de ski. Nous trouvons un restaurant touristique avec une terrasse et des jeux pour enfants à l'intérieur. J'arrive à convaincre l'enfant qu'il peut jouer sans danger dans les jeux même si nous ne sommes pas nous même juste à côté et nous achetons ainsi un peu de tranquillité.
Poprad est la porte d'entrée de la région des Tatras que je ne connaissais absolument pas mais qui a l'air très populaire dans le coin pour ses stations de ski. On croise ainsi de nombreux complexes hôteliers typiques se ce genre de tourisme et c'est d'ailleurs dans l'un d'eux que nous logeons ce soir à environ 1/2 h à l'ouest de Poprad.
Nous avons un mini studio pour 4 avec deux lits doubles superposés. Les enfants sont tout heureux de dormir en haut et tout est très bien aménagé. Par ailleurs, l'hôtel offre un très grand jardin avec plein de jeux pour enfants. Il y a même des animateurs sauf que, évidemment, les animations pour enfants sont en Slovaque. J'hésite un peu à pousser l'enfant à les rejoindre car le thème du jour a l'air d'être l'armée (?!) et les enfants défilent avec des casques et des armes factices (!!!). Le filleul, lui, a rapidement trouvé le terrain de foot et s'est déjà fait un copain. Les deux baragouinent de l'anglais mais la barrière de la langue n'est rien à côté de l'amour du ballon. Cet amour n'est pas partagé par l'enfant. J'aurais bien voulu profiter tranquille d'un hamac ou d'une balancelle avec vue sur la montagne mais, très vite lassé des jeux sans compagnon, l'enfant est en mode pot de colle relou.
Seb est parti courir et je me décide à aller faire un tour avec l'enfant-collant dans le complexe hôtelier voisin qui semble un cran au dessus du nôtre en terme de luxe (alors que le nôtre est déjà très bien !). Là bas, il y a plusieurs restaurants, une place centrale avec une fontaine et une espèce de mini parc d'attraction. Finalement, on ne fait pas d'attractions ce soir car je réalise que la finale de foot France-Espagne des jeux olympiques a déjà commencé. Je retourne chercher le filleul qui préfère cependant finir le match qu'il est lui-même en train de jouer. Nous arrivons au restaurant de l'hôtel voisin pour la deuxième mi-temps et Seb nous rejoint bientôt. Il y a quelques plats locaux et des menus enfants, et c'est assez cher. Mais ça ira pour ce soir car il y a deux écrans de télé qui diffusent deux chaînes de sport différentes. On peut donc suivre à la fois le foot et l'athlétisme. C'est plutôt amusant et, même si la France perd, on passe une bonne soirée.
Le lendemain matin, on commence par tester le petit déjeuner de l'hôtel. L'enfant est ravi. Moi j'apprécie le buffet mais je trouve tout de même que c'est un peu cher. La veille, je me suis un peu renseignée sur le coin et je nous ai préparé un petit programme. On commence par les "Demänovská jaskyňa slobody" ou "Grottes de la liberté". C'est à 5 minutes en voiture de l'hôtel. Il y avait aussi les "Grottes glacées" mais la dame de la réception de l'hôtel nous a dit qu'il n'y avait quasiment plus de glace... Depuis la route il faut monter quelques minutes pour rejoindre les grottes. Nous arrivons par hasard pile à l'heure pour le début d'une visite.
Les grottes sont magnifiques. Vieilles de plusieurs centaines de milliers d'années, on y trouve de superbes formations géologiques, stalactites, stalagmites, colonnes et toutes sortes de formes. Au fond, coule une rivière souterraine. La visite est cependant un peu longue pour les enfants surtout que tout est en slovaque et qu'on ne reçoit donc en fait aucune explication. Et puis il fait froid, quelque chose comme 7 degrés. On a mis des pulls mais le filleul est en short et grelotte même sous le gros k-way qui le protège un peu de l'humidité. L'enfant, lui aussi, se plaint du froid alors que la visite continue dans les méandres, montées et descentes, couloirs étroits creusés dans la roche ou grandes salles souterraines. Puis enfin, nous revoilà dehors dans la chaleur estivale.
Nous n'avons pas mangé et ça commence à être l'heure. Mais il faut aussi faire des courses et peut-être repasser à l'hôtel. Au final, il est déjà plus de 14h quand nous arrivons à la station de ski Janna à quelques kilomètres au sud des grottes, et toujours le ventre vide. On s'installe au restaurant buffet de la station, trop cher et pas très appétissant, qui sert des menus enfants nuggets-frites (avec des jouets) et une salade césar noyée de sauce. Autour de nous : les sommets des Tatras, les pistes sans neige, les remontées mécaniques et les constructions en cours se préparant visiblement à la saison prochaine.
Si nous sommes là, c'est que nous voulons prendre le téléphérique et c'est là que nous allons une fois notre repas terminé. En fait, il y en a deux. Un premier nous dépose à mi-chemin au milieu d'une piste de ski pleine de moutons puis un deuxième nous emmène en haut de la montagne. Il y a quelques choses de magique à voler ainsi au dessus des arbres avec la vallée qui se dévoile peu à peu. Les enfants sont ravis. Surtout qu'on peut aussi admirer la mécanique impressionnante du téléphérique avec ses câbles et ses rouages.
En haut, on n'a pas beaucoup de temps car le dernier téléphérique redescend à 17h. Mais on grimpe tout de même l'espèce de gros tas de cailloux qui nous sépare encore du sommet. De là haut, on admire avec plaisir avant de redescendre.
Notre première journée dans les Tatras se termine. De retour à l'hôtel, Seb va faire quelques courses, le filleul va jouer au foot et moi je vais au mini-parc avec l'enfant. Ce parc est un peu la quintessence de ce qui ne va pas dans ce coin malgré notre bel hôtel et les paysages splendides : il est trop cher et commercial. Défaut classique des zones touristiques même si les prix ici nous étonnent vu le niveau de vie global en Slovaquie. Les touristes viennent peut-être aussi d'Allemagne, d'Autriche ou de Suisse.
Je suis allée dans ce parc car il faisait envie à l'enfant et que j'avais trop chaud et voulais me rafraîchir à la piscine. Mais la partie piscine (à base de piscines gonflables) est vraiment décevante. L'enfant ne veut pas aller dans le grand bain où il n'a pas pied. Le petit bain est minuscule et l'attraction qui semble le plus sympa est en fait payante en supplément et, non, je ne vais pas payer 5 euros supplémentaires pour courir sur un gros tube flottant. Enfin bon, l'enfant fait quand même une descente sur le toboggan gonflable (ça c'est gratuit) et l'eau nous rafraîchit. Ensuite on va dans la partie non-piscine et même si tous les manèges sont payants, l'enfant peut faire du trampoline, du château gonflable, de la tyrolienne et du toboggan géant.
Plus tard, nous rejoignons Seb et le filleul (qui joue toujours au foot ce qui a l'avantage d'être gratuit). On grignote un pique-nique dans le jardin de l'hôtel et l'enfant ose même se mêler au groupe d'animation en slovaque pour jouer aux chaises musicales puis apprendre diverses chorées sur des chansons internationales et comptines locales. C'est une jolie soirée...
Kosice
Nous quittons Budapest pour Kosice en milieu de journée. C'est un train à l'ancienne, pas très rapide mais très fréquent et peu cher. On achète les billets le jour même. Nous avons tout un compartiment pour nous et prenons nos aises, pique-niquant de nos pains garnis hongrois. Par la fenêtre, défile la campagne hongroise. Nous traversons des zones agricoles, champs de blés et de tournesols et passons dans de minuscules gares de villes que nous ne connaîtrons jamais où les gens nous regardent avec étonnement. On s'éloigne des sentiers touristiques... Les garçons sont de bonne humeur, on alterne les moments de "téléphone" (dessins animés / jeux vidéos et calme pour nous) et les jeux et discussions familiales.
À Kosice, le train nous dépose sur un quai d'à peine 1m de large. La gare est en travaux et on doit passer sur des rails et dans des coins très bizarres jusqu'à ce qu'on prenne un escalier et qu'on se retrouve dans une gare moderne tout à fait classique. On traîne nos bagages à travers un grand parc pour rejoindre le centre ville où se trouve notre location.
C'est un joli appartement tout en longueur. Les enfants dorment dans une chambre au bout et nous à l'autre extrémité dans le salon. Il y a un bac à jouet plutôt bien rempli qui les attire immédiatement et ils sont très déçus quand nous leur annonçons que nous allons en fait sortir se balader et non pas rester ici pour les prochaines 24h.
Nous sommes dans le centre historique, en 2 minutes, nous arrivons sur la place centrale qui s'étire en une longue et large rue piétonne très agréable. Seb doit trouver un magasin d'électronique mais moi je décide de m'installer avec les garçons dans le premier café que je trouve et qui expose de magnifiques gâteaux avec en plus d'alléchantes boissons fraîches à la carte. Après le voyage, c'est exactement ce dont j'ai envie. Les gâteaux sont vite engloutis et je sirote ma limonade maison tandis que les garçons jouent sur la place piétonne au niveau d'un tout petit canal qui rejoint une fontaine.
Seb est revenu, nous quittons le café et commençons notre exploration. Le centre ville avec ses maisons colorées et ses rues pavées est très mignon. Nous visitons une première église de style renaissance dont l'intérieur est entièrement peint puis rejoignons la Cathédrale Saint-Elisabeth de style gothique avec un toit coloré comme Saint-Stéphane à Vienne. Alors que nous quittons la cathédrale, nous découvrons à l'extérieur qu'il est possible de monter en haut d'une des tours. Une dame est assise à un bureau dehors et vend des billets. Il est plus de 18h et c'est encore ouvert.
Les garçons sont curieux et veulent y aller. La tour elle-même éveille la curiosité car l'escalier semble minuscule. Car ici, point de petit ascenseur rond comme à Saint-Stéphane, il faut monter à pied les 160 marches qui s'enroulent en colimaçon dans l'étroite tour où il n'y a même pas la place de se croiser. Nous montons courageusement. Les garçons sont surexcités, je répète une bonne dizaine de fois "Doucement !!" et "Calmez vous !". Enfin nous arrivons en haut et nos efforts sont récompensés par la splendide vue sur la ville qui s'étale autour de nous avec ses toits de tuiles rouges et ses clochers. Il y a par ailleurs en haut une cloche que les enfants ont le droit de sonner, quel bonheur (pour eux, moins pour nos oreilles).
On entame bientôt la descente, Seb en tête, suivi du filleul puis de l'enfant et moi qui ferme la marche "Et laisse de la place devant, ne lui marche pas sur la tête !". Mais l'enfant, impressionné, est très prudent sur la descente qui lui fait beaucoup plus peur que la montée. Il répète sans arrêt "c'est flippant" et s'exclame même "Mais euh ils savent pas qu'on a besoin d'une rampe !". Enfin bon, nous arrivons en bas avec tous les enfants en entier et personne qui n'a roulé en bas de l'escalier.
Plus loin, nous croisons des fontaines musicales comme à Budapest et arrivons au musée archéologique qui se trouve non seulement être ouvert jusqu'à 22h mais être gratuit aujourd'hui ! C'est un musée souterrain, on visite les fondations des différentes fortifications de la ville. Le filleul est enchanté car il adore les musées et qu'en plus, il y a des maquettes. Les deux garçons trouvent toute l'installation très inspirante avec ses vieilles pierres et ses tunnels et on doit les empêcher de courir partout. On arrive de temps en temps à lire quelques panneaux d'explications et on apprend ainsi que des rois d'Anjou sont venus jusqu'ici.
Après le musée, il commence à se faire tard et faim. Il y a pléthore de restaurants dans la rue centrale piétonne mais ils sont aussi tous très pleins. On finit par trouver une place en terrasse dans un truc qui sert des pizzas pour le bonheur des enfants.
Nous passons deux nuits à Kosice. Et après ? Après commence la deuxième partie du voyage, celle où on ne sait pas encore ce qu'on va faire. Le lendemain matin, alors que Seb est allé courir, je vais donc à l'office du tourisme pour me renseigner. J'y trouve une employée anglophone très sympa qui m'explique non seulement tout ce qu'on peut faire à Kosice (car ça non plus, je n'en sais rien) et qui me commente tous les coins intéressants du pays sur une carte de Slovaquie.
J'emmène ensuite les garçons aux jeux du joli parc entre le centre ville et la gare. Le filleul se fait tout de suite des copains pour jouer au foot. L'enfant est plus grognon et collant. Seb me rejoint avec quelques trucs à manger. Nous repassons ensuite rapidement à la location avant d'aller se promener.
Je propose de visiter la "Galerie de la Slovaquie de l'Est". Là aussi, le musée est exceptionnellement gratuit. C'est un petit musée d'art assez modeste. Il y a quatre expositions indépendantes. La première est "interactive". Il y a des œuvres reproduites en relief pour que les personnes aveugles puissent profiter des peintures. Il y a aussi plein d'activités pour enfants en rapport avec les œuvres (sculptures de sable, dessins, tissus à découper...). Les garçons sont ravis et on reste assez longtemps. Les trois autres expositions sont plus classiques. On découvre des peintres slovaques du XXème siècle, des photos de la Slovaquie des années 70, et une étrange installation contemporaine où des œuvres hétéroclites sont exposées dans un long couloir sur le thème du "bleu". En dehors de la première expo, nous sommes les seuls visiteurs. Mais on ne peut pas dire qu'on visite dans le calme étant donné que nous baladons avec nous la source même de l'agitation avec nos deux garçons.
Nous marchons ensuite vers le sud et sortons du centre-ville. Je veux rejoindre le "Kultur Park" dont m'a parlé la dame de l'office du tourisme. Nous voyons à quoi ressemble Kosice en dehors du centre historique avec ses centres commerciaux et ses tours HLM. Puis nous arrivons dans le parc qui en fait n'est pas très grand. Il y a un café où nous prenons un goûter. Le filleul a de nouveau disparu jouer au foot tandis que l'enfant s'intéresse à un concert qui se prépare. Nous restons d'ailleurs jusqu'au début de soirée pour écouter le concert, dînant de sortes de frites à la viande genre poutine. Puis L'enfant étant épuisé, je commande un taxi pour rentrer. Seb et le filleul me rejoignent peu après à la maison.
C'était notre dernière nuit ici, le lendemain commence notre exploration du pays...